Pour nous suivre sur Twitter et sur Facebook

samedi 27 mars 2010

2010-03-19 de Puerto Barrios a Montréal

La lancha ne mit finalement que 20 minutes a longer la cote jusqu'à Puerto Barrios. On doit l'essor de ce port de commerce a une multinationale qui, dans les années 60, produisait ici 80% de la production mondiale de bananes. Elle y avait donc développé les infrastructures nécessaires à un tel volume d'exportation. Depuis, le port s'est grandement développé du fait de sa situation géographique privilégiée pour échanger avec le vieux continent et l'Afrique. Mais la ville demeure glauque et sans âme. On ne reste pas à Puerto Barrios. On y transite. Les rues sont peu engageantes et poussiéreuses.

Nous avons posé nos sacs dans une chambre ''calme'' et avons été acheter nos billets de bus a la gare routière, face au marché. Nous avons eu les sièges 1 et 2 : super, nous serons aux premières loges pour pouvoir au moins profiter du paysage ! Dans les rues autour du marché tout proche, l'apparente désorganisation générale était impressionnante. Il régnait un air de ''joyeux bordel'' (sans aucune connotation de quelconque prostitution). Puisqu'ils n'y avait rien à faire pour les touristes que nous sommes, nous sommes retournés à la chambre. Sylvie a terminé son livre acheté en Thaïlande (un vrai livre de voyage!) pendant que je faisais une sieste. ''Une chambre calme'' nous disait le tenancier. Il devait être dur d'oreille le monsieur. Car en face de notre chambre se trouvait un garage qui retapait des autos accidentées et la rue d'après, c'était le port de commerce avec son ballet incessant de camions transportant des conteneurs. Il y avait aussi le gars qui réparait l’alarme de son auto et qui sonnait sans cesse. Sans compter les coqs qui rivalisaient de prouesses vocales. Voilà pour les oreilles. Pour le reste du corps, il y avait les fourmis et autres puces de lit qui se chargèrent de me faire les jambes... Une véritable animalerie!

En soirée, alors que le soleil basculait sur l’horizon qui se trouvait caché en arrière d’une montagne de conteneurs de bananes, nous sommes retournés près du marché pour manger. Les commerçants pliaient boutique. Du moins ce qui leur servait de boutique, à savoir une planche, des tréteaux et quelques bâches de plastique. Nous nous sommes assis à une terrasse pour savourer une limonade. À regarder la vie qui s’étalait sur le trottoir. À contempler ces travailleurs et ces travailleuses qui rentraient chez eux après une longue journée de labeur. Mais aussi à émettre un premier bilan sur ces 2 semaines qui s’achevaient. Tranquillement. Inexorablement. Vers 21h00, nous avons regagné notre chambre en longeant la cour de conteneurs. Les camions n’avaient pas encore cessé leur ballet. Leurs phares traçaient des éclairs dans la lourde poussière. Un vraie zone industrielle cette ville !

Le lendemain matin, nous avons rejoint la station de bus pour 7h00. Un superbe autobus à 2 étages se présenta. Au moins, notre retour commencerait dans le confort. En attendant le départ, nous avons pris un café en filmant la vie qui reprenait son cours. Après une courte nuit de répit.

Le trajet fut effectivement des plus confortables. Les 5 heures sont passées plutôt rapidement. La route était variée. Nous avons quitté la région dense et humide de la côte Est pour monter lentement sur l’altiplano, à plus de 1000 mètres d’altitude. Lentement, la végétation s’est éclaircie et l’herbe s’est mise à jaunir pour finalement disparaître et laisser place à une terre aride. Parfois la route montait en lacet pour passer un col puis redescendait dans la vallée suivante. J’ai toujours beaucoup aimé regarder les routes de tous les pays. Celle-ci, dans sa transition de l’humide vers l’aride, n’est pas sans rappeler la route de Cape Town (Afrique du sud) vers Windhoek (Namibie). Nous étions partis du bord de l’Atlantique où régnait une végétation relativement luxuriante, puis nous avions longé la fertile vallée de Ceres (d’où proviennent les jus de fruits du même nom) entourée de sommets enneigés. À notre arrivée au petit matin, nous étions à la limite du désert du Kalahari, l’un des plus secs au Monde. Une sorte de ‘’road trip’’ climatique en quelques sortes !

A Ciudad Guatemala, nous avons tout de suite sauté dans un taxi pour rejoindre l’aéroport. Notre vol décollait dans 3 heures mais nous voulions éviter à tout prix les denses bouchons de circulation de fin d’après-midi. Après avoir avalé un sandwich de chez ‘’Subway’’, nous décollions pour Mexico où nous devions passer la nuit.

Après 1h30 de vol, nous étions en vue de la ‘’ville cuvette’’ (à cause de sa situation géographique entourée de volcans). La vue était absolument fabuleuse. Le ciel était particulièrement dégagé. Les volcans enneigés se dressaient en avant de nous. Le soleil descendait sur l’horizon non sans enflammer le ciel. La nature nous offrait ce spectacle comme pour nous faire oublier que nous étions sur notre chemin du retour. En tout cas, ce fut fort apprécié.

Le passage de l’immigration et des douanes complété, nous avons été prendre un taxi pour rejoindre notre hôtel. Puisque nous avions une nuit à passer à Mexico, il avait fallu faire un choix entre un hôtel d’aéroport, pratique mais fort chers et sans âme, et un hôtel en centre ville, qui nous demanderait de nous lever plus tôt mais qui nous permettrait peut-être de voir un petit bout de cette ville mystérieuse. M’étant chargé de la réservation, j’avais mit beaucoup de temps à me décider. Après avoir fouiné sur Internet, j’avais finalement trouvé un compromis tout à fait honorable. J’avais dit à Sylvie avoir trouvé une petite ‘’posada’’ (maison de chambres) apparemment confortable. Je lui disais espérer que nous ayons de l’eau chaude pour bien terminer ce voyage. Elle n’avait aucune idée d’où nous allions. Au chauffeur de taxi, j’indiquais l’adresse : ‘’70, avenida Juarez, Reforma’’. Après 30 minutes pour rejoindre le centre ville, nous sommes arrivés à la porte de notre ‘’posada’’. En guise de ‘’posada’’, nous allions passer la nuit au Hilton Reforma de Mexico. Sylvie, qui rêvait de se laver les cheveux et de prendre une bonne douche, me confirma que nous devrions en effet avoir de l’eau chaude !

Le bagagiste prit nos sacs à dos sur son beau chariot doré. Dans le hall, une nuée d’agents de sécurité munis d’oreillettes étaient réunis et semblaient ‘’sur le pied de guerre’’, comme si quelque chose se préparait. Au comptoir, on nous salua avec courtoisie mais avec un œil un peu… curieux. En effet, ce n’est pas tous les jours qu’ils doivent avoir des ‘’backpackers’’ qui débarquent. Qui plus est, nous nous étions levés tôt, avions fait plus de 5 heures de bus, 1 heure de taxi et près de 2 heures de vol. Je ne m’étais pas rasé depuis 2 semaines et nous étions habillés plus en explorateurs qu’en citadins ! Mais le service fut excellent. On nous monta nos bagages dans notre chambre située au 20e étage. Il y avait là plus d’espace que les 2 chambres de la maison réunies et la vue sur la ville était spectaculaire.

Après nous être changés, nous sommes ressortis pour aller profiter des environs. En avant de l’hôtel, des dizaines de personnes arrivaient, toutes vêtues de leurs plus beaux habits. Les hommes en costume, les femmes en tenue de soirée. La moyenne d’âge étant assez jeune, nous avons pensé à un bal de graduation (fête de fin d’études) d’une grande école.

Aussitôt avions nous mis les pieds dehors que nous étions surpris par les environs. Un grand parc faisait face à l’hôtel. Des dizaines de vendeurs en tous genres y vendaient toutes sortes de choses aux milliers de personnes qui s’y trouvaient. Au loin, une fanfare jouait de la musique. Nous avons pris vers la droite et longé l’avenue qui se rétrécit pour devenir une petite rue fort sympathique. Partout, du monde, du monde et encore du monde (nous étions samedi soir). Les façades des maisons centenaires étaient recouvertes de céramiques multicolores, style très espagnol, très mauresque. Nous étions en plein centre du vieux Mexico. Des églises somptueuses. Des vieilles pierres. Des groupes de musique. Des terrasses bondées. Une ambiance vibrante. Cela nous a conquis pour revenir passer quelques jours pour visiter cette ville fort attachante en aussi peu de temps.

Après nous être arrêtés pour manger, nous avons pris le chemin du retour. La densité de personnes ‘’endimanchées’’ augmentait au fur et à mesure que nous approchions de l’hôtel. Certaines filles étaient ainsi vêtues qu’il ne serait pas étonnant qu’elles aient attrapé une pneumonie ce soir là !

Et lorsque nous avons enfin eu notre hôtel en vue, il était clair que quelque chose s’y passait. Des centaines de personnes étaient amassées en avant des portes. Toutes mieux habillées les unes que les autres. Nombre d’entre elles brandissaient dans les airs une enveloppe mauve qui semblait être une invitation. En avant des portes vitrées, des ‘’armoires à glace’’ retenaient la foule. On comprenait maintenant pourquoi les agents de sécurité étaient en pleine planification lorsque nous sommes arrivés ! Chose certaine, la soirée qui se tenait à l’hôtel devait être LA soirée en ville ce soir là. Ne pouvant accéder aux portes, j’ai alors levé la carte de ma chambre d’hôtel dans les airs et me suis écrié que nous avions une chambre ici. Le monstre d’agent de sécurité qui était à plusieurs mètres devant avoir une ouïe de félin, il nous a jeté un regard, a vu la carte d’hôtel dans les airs et a aussitôt étendu ses grands bras dans la foule pour écarter les gens en avant de lui. Les regards se sont tournés et tel des automobilistes qui se gareraient pour laisser passer une ambulance, la foule s’est fendue pour que nous puissions nous frayer un passage. Quel service à la clientèle, n’est-ce pas ? Je dois avouer que je n’ai pu m’empêcher d’imaginer que c’est ce que doivent vivre bien des célébrités au quotidien : la foule dense, impénétrable, et un garde du corps qui les voit et ouvre une brèche pour qu’elles puissent ‘’bypasser’’ tout le monde. Nous, on voulait juste aller se coucher !

Après avoir retrouvé les joies d’une douche chaude (2 semaines à l’eau froide, c’était suffisant), nous avons pu passer une nuit dans le luxe d’un lit de Hilton, sans réveil au son du coq, sans puces de lit, sans avoir ni trop chaud ni trop froid. À 4 heures, le réveil sonnait. Nous avons pris un café dans notre chambre avant de nous mettre en route. Le taxi de l’hôtel ne mit que 15 minutes pour nous conduire jusqu’à l’aéroport. La suite fut aussi facile qu’à l’habitude. À 7h05, la passerelle se détachait du fuselage de notre A319. Nos prochains pas se feraient en terres canadiennes, après 5 heures de vol.

Voilà qui conclut notre petite expédition guatémaltèque. 2 semaines de plaisir des yeux, de plaisir du cœur. De plaisirs de la vie à la découverte d’une culture riche et accueillante. Nous avons découvert au Guatemala un peuple chaleureux et curieux qui n’hésite pas à vous poser des questions et à vous souhaiter la bienvenue dans leur pays dès que vous pouvez parler quelques mots d’espagnol. Il est très réconfortant pour nous de voir dans le regard des personnes que nous rencontrons du plaisir à nous accueillir sans nous prendre pour des ‘’walking ATM’’ (guichets ambulants). Nous avons aimé ce voyage comme nous aimons tous nos voyages. Nous avons grandi. Une fois de plus. Et espérons ne pas avoir laissé une empreinte négative trop profonde dans ce pays encore relativement préservé du tourisme de masse. Il n’en tient qu’à chacun de nous de faire en sorte que l’original demeure au bénéfice d’un tourisme plus vrai, plus humain, plus responsable.

Au plaisir de lire vos commentaires et de vous retrouver bientôt pour une autre aventure.

Marius et Sylvie…

Pour continuer à vous évader avec nous :
Les photos: http://picasaweb.google.com/MariusetSylvie
Les vidéos: http://www.youtube.com/mariusetsylvie
Pour nous écrire directement: mariusetsylvie@gmail.com

2010-03-17 Livingston

Les 3 heures du trajet passèrent rapidement. Nous sommes descendus du bus a Rio Dulce, ville du nom du fleuve qui la traverse. Mais ce n'était la qu'une étape sur la route de destination finale: Livingtson, sur le bord de la Mer des Caraïbes.

Nous avons rejoint le bord du fleuve pour y prendre la lancha publique (départs moins fréquents mais largement moins chères que les lanchas privées!) et a 13h30, nous nous élancions. On nous avait dit que cette descente d'une heure et demie vers Livingston valait la peine. La première chose qui nous frappa fut la grande concentration de maisons huppées en avant desquelles se trouvaient amarrés des yachts de grand luxe. Tous battant pavillon américain. En fait, cette partie du fleuve est un lieu de résidence privilégié de nos voisins du sud. Nombre d'entre eux y a un pied a terre en avant duquel ils peuvent amarrer leur bateau. Ainsi, en quelques heures de vol, ils peuvent rejoindre une des destinations de rêve avoisinantes: Belize, Honduras, barrière de corail, plages de sable blanc... autant de noms qui font rêver et qui ne sont qu'a quelques heures de mer de la. Le prix des maisons et des terrains ne devant être ici qu'une fraction de ce qu'ils couteraient dans des endroits plus prestigieux (ex: Caraïbe), cela doit permettre a leurs propriétaires d'investir dans un bateau qui leur donnera l'opportunité de découvrir la région depuis la mer...

Plus loin, le fleuve s'élargissait pour devenir un immense lac. Apres avoir déposé quelques personnes en route et avoir longé des iles envahies par des oiseaux (surtout des et des pélicans), le fleuve s'est a nouveau rétréci pour se transformer en gorges aux parois vertigineuses. Autour de nous s'étalait la foret vierge. Dans le ciel et sur l'eau, des centaines de pélicans s'affairaient a pécher. La scène était vraiment magique. Un instant, on se serait cru en train de descendre la rivière Nam Ou au Laos!

Puis le fleuve s'est élargi pour s'ouvrir sur la mer. Nous avons longé la cote quelques minutes et Livingston est apparu. En avant du port, des nuées de mouettes avait pris d'assaut les petits bateaux de pêche au mouillage. Des pélicans candides trônaient fièrement sur les pieux d'un ponton aujourd'hui disparu. Sur le quai, les traits des habitants nous annonçaient que nous venions de changer de culture. Ici, les origines viennent de la Caraïbe. Ces déportés de Saint-Vincent se nomment les Garifunas. La peau est noire et le reggae résonne fort. L'âme de Bob le bienveillant n'est jamais bien loin. Le rythme est différent lui aussi. Aucune route ne mène a Livingston. On y vient par l'eau. C'est tout. Dans les rues, quelques autos, mais surtout des motos. La vie semble aller au ralenti. Un petit goût de bout du monde.

Apres avoir été manger un morceau (pour ne pas être de mauvaise humeur!), nous sommes allés nous prendre une chambre. Il s'agissait la de nos 2 derniers jours de voyage. Apres cela, ce serait le trajet de retour. La vue sur la mer, si possible, était alors un souhait profond. Peu d'établissements ont cette chance. Nous avons donc été poser la question a la seule guesthouse qui donne directement sur l'eau. Il leur restait de a place. La chambre valait normalement 300 quetzales. On nous la proposait a 200. Nous l'avons eue a 150. Douche froide, bien sur, mais vue sur la Mer.

En fin d'après-midi, période relax a contempler la nuit tomber, synonyme de départ pour la flottille de pêche. Une myriade de petites embarcations prenaient le large, en file indienne. Avec une bière et quelques chips, le kit était parfait pour écrire un peu.

Le soir, nous avons été manger chez ''Mama Bugga'', un restaurant qui donne sur le port et dont la particularité est d'aider les jeunes du coin en leur apprenant un travail dans la restauration, comme le restaurant ''Friends'' de Phnom Penh. Au menu ce soir la, ceviché mixte, poisson grillé pour moi et ''concha'' pour Sylvie. ''Concha''? C'est quoi ça? C'est la question qu'on s'est posés en lisant le menu. ''Une sorte de fruit de mer'' nous a répondu notre jeune serveur. Alors on a commandé. Or il s'avère que la ''concha'' est un gros coquillage qu'on nous vend dans toues les destinations touristiques de bord de mer. Le beau et gros coquillage rose en forme d'escargot avec un bord dentelé. Cependant, ce que nous ne savions pas, c'est que sa chair est relativement... caoutchouteuse. Pour ne pas dire très caoutchouteuse. Mais c'était la une expérience culinaire. Et linguistique. Car maintenant, nous serons ce qu'est une ''concha''!

Le lendemain, réveillés tôt. La mer était d'huile et un gros vol de pélican tournoyait en avant de notre chambre. Nous avons déjeuné a la guesthouse. La vue de leur salle a manger est absolument magnifique. Plus tard, nous nous sommes mis en route pour découvrir un peu plus Livingston. Nous avons erré sur une petite rue du coté du port. Une forte odeur flottait dans l'air. A notre droite apparu une grande aire en béton complètement recouverte de poissons qui séchaient au soleil. Des hommes s'affairaient a en remplir de grands sacs en toile. Plus loin, sur la gauche, la même scène. Partout, des poissons ouverts et étalés pour sécher. Des ailes de raie. Des bonites. Des maquereaux. Et biens d'autres espèces que la forme ''aplatie'' nous empêchait de reconnaitre! Les pontons étaient devenus des séchoirs a l'air libre. Partout, des hommes triaient et retournaient les poissons en fonction de leur degré de séchage. Impressionnant tableau. Et impressionnante odeur! Les poissons étaient pêchés durant l'hiver et étaient mis en futs dans de la saumure (eau et sel). Au printemps, on les ressortait pour les sécher et les envoyer chez un grossiste a Ciudad Guatemala qui se chargerait de les revendre partout dans le monde. Une vraie fierté le poisson ici. Un pêcher aux yeux bouffis (il était rentré tard et avait peu dormi, certes, mais avait du prendre quelque chose pour l'aider a s'endormir!) m'invita a m'assoir a ses cotés pour jaser de tout et de rien. J'en profitais pour lui demander de le prendre en photo. Il me demanda cependant de lui en donner une copie. On allait voir ce que nous pourrions faire...

Les estomacs criant famine, nous nous sommes arrêtés dans un ‘’comedor’’ pour ‘’l'almuerzo’’. A la fin du repas, je suis parti avec la carte mémoire de l'appareil afin d'imprimer quelques photos et les remettre aux protagonistes. Je suis donc retourné voir le pêcheur aux yeux bouffis qui s'était rendormi dans son hamac. Si profondément que même un autre pêcheur ne réussit a le sortir de sa torpeur. Quel sommeil profond, n'est-ce pas? J'ai cependant remis les photos aux autres pêcheurs qui étaient présents. Ceux qui retournaient les poissons, et qui les retournaient encore. En quelques secondes, ils avaient tous accouru, regardant les photos avec beaucoup d'étonnement et de fierté. Leurs yeux envoyaient des émotions qui ne pourraient se traduire d'aucune façon, comme ceux brillants du vieux monsieur au t-shirt rouge et a la casquette blanche qui me serra fort la main en me remerciant pour ce geste. Je me suis posé la question a savoir combien d'entre eux ont une photo d'eux-mêmes chez eux. Peut être-un. Peut-être aucun. Chose certaine, ce soir la, 6 d'entre eux allaient avoir une photo d'eux a montrer a leur famille et a leurs amis. C'était la le principal.

Nous avons traversé le village et sommes allés nous promener plus à l’ouest, le long de ''la plage''. Il faut savoir que malgré tout le romantisme et tout l'imaginaire que peut solliciter la mer des Caraïbes, toutes les cotes que la bordent ne sont pas des paradis terrestres au sable blanc bordé de cocotiers. A Livingston, les cocotiers sont la. Mais pour ce qui est du sable banc, on repassera (il y en a une mais a 30 minutes de lancha de la!). Ici, ce serait plus ''cocotiers, papier toilette et bouteilles en plastique''. En effet, le Guatemala s'avère très peu développé en terme de collecte des déchets. Voire pas développé du tout. Et Livingston, étant au bout du monde, n'échappe évidemment pas a la règle. Par conséquent, les déchets finissent le plus souvent... la ou ils ont été produits. Ils sont jetés dans la rue, en avant de la maison. En arrière de la maison, dans la rivière. Au bord de la route. Autant dire que tout cela se retrouve rapidement dans la mer. Ce qui n'offre donc guère de possibilités pour des baignades exotiques. Seule la maladie que vous pourriez attraper demeurera exotique!

Nous avons donc longé cette plage un peu triste pour nous enfoncer dans le quartier noir de Livingston. Plusieurs bars s'y succèdent. Des bars plutôt glauques ou on vient surtout pour se saouler. Tiens, 2 occidentaux nous dépassent accompagnés par un ''rasta''. Une visite guidée? Ici? Étrange...

Nous continuons a marcher et tout a coup, un bruit étrange attire notre attention. Sur notre gauche, une rue plutôt abrupte. Plus haut, des enfants ''manigancent'' quelque chose. Soudain, l'un d’entre eux semble s'élancer dans la pente et le bruit se fait entendre a nouveau. Quelle ne fut pas notre surprise de nous apercevoir que c'était des enfants qui glissaient dans la rue perchés sur des caisses en plastique pour les bouteilles de Coca-cola et de Pepsi. Ils s'asseyaient dessus et se laissaient glisser sur le béton chaud de la rue. Nous avons passé un moment a les observer et a immortaliser ce moment génial sur nos cartes mémoire.

Nous avons continué notre chemin sur la plage. Tiens, les 2 occidentaux de tantôt étaient accotés sur une barque et nous dévisageaient bizarrement. Quelques secondes plus tard, ils se retournaient. Le ''rasta'' les appelait. Ils se sont rapprochés. Il leur montra quelque chose qu'ils sentirent et échangèrent un regard complaisant. Ils devaient être venus si loin dans ce trou perdu pour acheter des épices... des herbes de Provence peut-être... Triste réalité que ce tourisme de la dope. Rien de bon pour les touristes, mais surtout rien de bon pour ces locaux qui se cantonnent dans ce microcosme malsain. Ce n'est pas avec ce genre de comportements qu'on va rendre le tourisme utile. Voilà pourquoi il nous est difficile de montrer une quelconque pitié ou peine pour celles et ceux qui croupissent dans des geôles étrangères pour possession ou consommation de stupéfiants et qui crient au scandale quand leur gouvernement ne les aide pas a sortir de la. Sauf cas particuliers, il fallait y penser avant. Avant de s'en aller sur cette plage pour acheter quelques grammes de résine.

Puis nous sommes rentrés en traversant a nouveau le quartier noir. Une femme refusa de me vendre une orange. Un homme accepta avec un grand sourire et un petit mot courtois. Une belle leçon quant au fait qu'il ne faut jamais s'inspirer d'une expérience individuelle pour généraliser les comportements d'une culture ou d'une société.

Avant de rentrer à notre chambre, nous nous sommes arrêtés dans un petit bar de rue pour y acheter une bière, histoire de prendre l'apéro face a la mer en ce dernier soir a Livingston. Sylvie a commencé a discuter avec les 3 enfants qui faisaient leurs devoirs. A leur montrer des images avec la caméra. A les filmer et a leur montrer le résultat. J'ai finalement bu ma bière sur place. Nous avons pris des photos des 3 enfants avec les parents. Puis nous sommes allés faire développer les photos afin de leur remettre. Tout comme pour les pêcheurs, il était fort intéressant de voir les réactions de toutes et tous en se voyant ainsi immortalisés sur papier.

Puis nous avons été nous régaler de spécialités de la place: pour Sylvie, un ''tapado'', sorte de soupe de poisson locale aux saveurs de noix de coco. Absolument divin. Pour ma part, ce fut une poêlée de gambas a l'ail et a la coriandre. Pas mal non plus!

Le lendemain matin, nous avions le temps de relaxer un peu. Notre lancha ne partait qu’à 11h00. Je suis allé chercher des cafés et quelques pâtisseries que nous avons mangés face a la mer. Une dernière fois. Avant la prochaine. Mais d'ici la, il nous faudrait travailler...

A 10h30, nous avons mis nos sacs sur le dos et avons rejoint le petit port. Les billets en poche, nous avons eu encore quelques minutes pour savourer ce petit coin de paradis perdu. A 11h00, nous étions dans la lancha et nous nous élancions pour retourner lentement mais surement vers Montréal. Notre premier arrêt serait Puerto Barrios, a 30 minutes de lancha, ou nous avions un bus a prendre tôt le lendemain matin.

vendredi 19 mars 2010

10-03-16 Tikal

Le minibus prit un peu plus d'une heure a couvir les 60 kilometres qui nous séparaient du site. Finalement, il nous déposa sur un grand stationnement en terre, poussiéreux a souhait. Tikal est le noyau de la biosphere Maya (c'est ainsi qu'ils se définissent). Le site offre donc aux visiteurs des dizaines de ruines datant de l'époque Maya. Un peu comme Tchitchen Itza au Mexique. A la différence que le taux de fréquentation est encore incomparable avec le site mexicain, et que la végétation a ici été conservée dans l'état ou le lieu était lors de sa découverte en 1848. On évolue donc en pleine foret tropicale sans jamais savoir ce sur quoi on va tomber. Le site est simple mais les restaurations sont de tres belle facture.

Apres avoir pris nos billets, nous sommes partis avec dans les mains le plan que Annie et Jean nous avaient gentiment laissé (sinon, c'est 5$ pour le plan!). La premier temple était modeste. Mais déja, on pouvait imaginer le travail qui avait été fait pour libérer cette pyramide de la dense foret environnante. Entre 2 sites, nous nous rertouvions vite en pleine foret. Une faune et une flore impressionnantes étaient a découvrir. L'observation des singes hurleurs. Le pique-bois en train de faire résonner les coups de son bec sur les troncs d'arbre. Les vols de toucans se posant tout poche pour faire admirer leur bec multicolore. Les biches et leur grace. Bref, un spectacle permanent!

Le 2e temple, au pied duquel se tenaient des fouilles, offrait un acces jusqu'a son sommet. Mais pas par les marches originales, encore encombrées par la nature. Mais par un immense escalier en bois aménagé a meme son flanc. Ainsi, nous pouvions monter de façon sécuritaire, mais surtout, sans endommager le temple lui-meme. Cela est une excellente idée car dans bien des sites tres fréquentés, on peut monter sur les temples par les acces originaux. Cependant, a la longue, les pieds des millions de touristes finissent par endommager irrémédiablement les surfaces, au point de devoir les changer, ce qui occasionne des couts extremement élevés si on veut reproduire a l'identique, mais également qui dénature l'origine meme du site puisque certaines pieces ne sont plus celles taillées par les créateurs.

Une fois arrivés en haut de la soixantaine de metres, nous obtenions un panorama splendide a 180 degrés sur l'ensemble du site de Tikal. Au loin se découpaient au dessus de la foret les sommets d'autres temples. Quel moment magique, une fois de plus.

Nous avons ainsi passé plusieures heures a découvrir le site de Tikal, en allant de temple en temple. Un de ceux-ci offrit quelques sensations fortes. En effet, pour accéder a sobn sommet, il fallait gravir un immense escalier en bois aussi raide qu'une échelle. 2 minuscules rampes permettaient de se tenir. Apres avoir gravi toutes les plateformes, on arrivait enfin au sommet du temple. La vue y était tout aussi époustouflante qu'effrayante pour quelqu'un qui souffre de vertige... comme moi! L'escalier original s'avérait d'une raideur redoutable et les parois alentours étaient vertigineuses. Mais de la haut, la vue était splendide sur le plus grand des monuments, la fameuse ''place centrale''. Ce fut dailleurs le dernier monument que nous avons visité durant cette journée. Elle était entourrée de 2 temples imposants et dont l'un est le symbole du Guatemala. La qualité de l'endroit était époustoufflante. La précision de la restauration qui aura pris 30 ans était remarquable. On aurait pu imaginer nous retrouver au milieu d'une partie de balle a l'époque Maya. Cela nous permettait d'apprécier davantage notre changement d'itinéraire. Si les choses ne s'étaient pas alignées ainsi, nous ne serions pas venus jusqu'ici. Ça n'aurait pas été la fin du monde. Mais nous aurions manqué un bel endroit a visiter et de haute importance historique dans la culture Maya.

Vers 15h00, alors que le soleil avait allourdi l'atmosphere, nous avons pris un minibus pour rentrer vers Flores. La fin de journée fut rela. Lecture pour Sylvie et sauvegarde des données (photos et vidéos) pour moi.

Le soir, nous nous sommes ''payés la traite''. Backpackers, oui. Mais fins gourmets aussi, assurément. Alors nous avons été manger sur la romantique petite terrasse du restaurant ''la luna'' pour y déguster des plats locaux. Une sorte de ragout de poulpe pour Sylvie et un poisson du lac grillé pour moi. Tout simplement délcieux. Alors que Sylvie finissait sa glace a la vanille accompagnée de bananes plantin caramélisées et de miel, un énorme orage éclata. Énorme. Une sorte d'orage tropical. Une chance, nous étions abrités par un petut préau. Au moment de partir, la patronne nous offrit un petit rhum pour nous tenir réchauffés lors de notre retour... sous la pluie. Finalement, en longeant les murs et en passant sous les balcons, nous sommes rentrés ''presque secs''. Et avec notre chambre ouverte aux quatre vents, inutile de vous dire combien ce fut un expérience géniale de dormir sous la pluie dans notre hambre de tarzan!

Le lendemain matin, nous prenions le bus pour Rio Dulce, a 3 heures de la. Nous avons quitté notre guesthouse et pris un tuk-tuk pour rejoindre la gare de bus. A 10h00, notre bus quittait Flores.

2010-03-15 Flores

Aussitôt avions nous mis le nez dehors que des chauffeurs s'égosiaient ''Tikal, Tikal''. C'est le nom du site archéologique Maya qui se trouve a 1 heure de route d'ici et qui attire les touristes dans cette région éloignée de tout. Nous n'avions rie de prévu pour l'instant. Et a 6 heures du matin, apres une nuit sur la route, nous n'étions pas prets a nous lancer dans une hypothétique négociation avec un chauffeur de minibus. Nous avons gentiment retourné les propositions de nos hotes et quelques instants apres, ils avaient tous déguerpis au volant de leur véhicule. La poussiere était retombée et nous étions désormais seuls, au calme!

Nous avons pris nos sacs et avons entrepris le ''tour de l'ile'' de Flores. Les petites rues aux maison colorées étaient calmes. Tres calmes. Personne pour nous crier des ''cheap guesthouse'', des ''trip to Tikal'' ou bien encore ''american breakfast''... Mais parlant de petit déjeuner, il commençait a faire faim. Nous nous sommes assis face au lac et avons avalé le contenu des petits sacs de papier que l'hotesse nous avait remis. Pendant ce temps, un peu plus loin, un restaurant ouvrait. Nous nous sommes alors installés a sa terrasse et y avons pris notre petit déjeuner.

A 10h00, je ressentais le manque de sommeil et devenais... irritable! C'est la une des grandes découvertes de notre tour du monde. Sylvie et moi sommes identiques sur ce point: le manque de sommeil et la faim sont 2 facteurs qui nous mettent inéluctablement de mauvais poil. Et la nuit dans le bus ne m'avait pas permis de combler mon besoin primaire de sommeil. Nous nous sommes donc mis en quete d'une chambre ou nous installer. Nous avons trouvé place dans l'auberge de jeunesse du village. Un endroit tout a fait agréable, avec sa cour intérieure pleine de verdure et Luis le perroquet. Nous avons pris une chambre qui semblait perchée dans un arbre. Il fallait monter un escalier plutot raide pour y accéder. Apres avoir réussi a ouvrir la grosse port en bois, nous découvrions cette ''cabane de ''tarzan''. Toute en bois, elle ne comportait pas de fenetres et était ouverte sur l'extérieur. On avait une vue directe sur les arbres et sur Luis. Au sol, les massives planches étaient espacées d'un bon centimetre, ce qui nous permettait de voir les personnes qui étaient assises sur les bancs dehors... et vice-versa. Bref, on avait un peu l'impression d'etre installés dans le plafond de la place. Finalement, nous étions dans le plafond de la place. Qu'a cela ne tienne. J'ai mis mes bouhons d'oreilles pour ne pas trop etre dans les conversations des autres et j'ai enfin pu terminer la nuit commencée dans l'autobus.

En milieu d'apres-midi, nous avons été nous promener dans le village frere, Santa Elena, que seul le pont de cordon ombilical sépare. Dans cet endroit sans ame véritable, nous avons déambulé le long de la rue principale, bordée d'un réparateur de tuk-tuk, d'un vendeur d'informatique et d'autres commeces divers. Sur la droite, des dizaine de petits étals de fortune se suivaient. A cet instant, nous avons réalisé combien cet endoit pouvait ressembler a d'autres villages, pauvres et perdus, ailleurs dans le monde. Nous nous sommes alors demandés si la pauvreté et le manque de tout pouvait conduire l'humain a développer des comportements et a évoluer de la meme façon, peut importe sont environnement (avec cependant un climat comparable). En effet, dans la majorité des villages ''pauvres'' et éloignés en Afrique, en Asie, en Amérique centrale ou en Amérique du sud, on retrouve le concept de la rue principale longée de commerces, du marché qui grouille le matin ou chacun se trouv un petit boulot qui a disparu depuis longtemps dans nos sociétés occidentales (cireur de chassures, vendeur de fruit découpé ou de journal a la criée, porteur, etc.). On remarque aussi la formidable capacité des gens a ne rien jeter et a tout réutiliser... parfois dans des applications bien loin de celle d'origine, comme par exemple les chambres a air qui deviennent des lastiques pour attacher la marchandises sur le toit du camion ou les pneus qui feront d'excellentes semaines pour des souliers un peu usés. La réparation est également un sport national. Ce qui est brisé chez nous et qu'on va jeter n'est ici qu'un objet en panne qu'on va réparer. Il existe des réparateurs de télévisions. Chez nous, il existe Futureshop pour en acheter une autre. Voilà donc notre réflexion a ce moment la: la pauvreté mene-t-elle aux memes comportements? La question doit déjà avoir été traitée. Il suffit de trouver les réponses pour pouvoir nous éclairer sur ce point.

De retour a Flores, nous partis a la reherche du restaurant qui serait notre proie ce soir. Et en chemin, qui n'avons-nous pas croisé? Annie et Jean! Ils revenaient de Tikal et cherchaient a retirer de l'argent pour payer leur billet de bus de lendemain matin vers Bélize. Apres de sinceres accolades, nous les avons accompagnés jusqu'à ce que eurs affaires soient complétées. Par a suite, le soleil déclinant sur l'horizon, nous sommes allés nous installer confortablement sur une terrasse donnant sur le lac. Et puisque c'était ''l'happy hour'', nous avons profité des ''cuba libre'' a 10 Quetzales (environ 1,50$) pour nous rassasier le gosier. Le soleil est descendu et nous offrit un spectacle moyen (Jean, je t'enverrai la photo!). Cela ne nous découragea pas pour continuer la soirée au ''cuba libre'' qui, au fur et a mesure que la soirée avançait, se ''libérait'' de plus en plus du ''cuba'', le coca-cola remplaçant largement le rhum. Finalement, nous avons mangé au meme endroit et avons été finir notre soirée dans un autre bar tout proche.

Le lendemain matin, puisque nous avions prévu d'aller visiter le site de Tikal, nous avons du nous lever tot. A 7h00, nous étions au point de départ des minibus. Entre le temps d'acheter nos billets et de partir, nous avons eu le temps d'embrasser une derniere fois Annie et Jean qui attendaient quant a eux leur bus pour le Bélize. Nos chemins se séparaient une fois de plus... pour se recroiser ailleurs, c'est certain. Finalement, notre transport arriva et il était déjà temps de partir visiter Tikal, a 1 heure de route de la.