
A 20h15, nous sautions dans un taxi pour rejoinde la gare de bus qui se trouvait un peu loin. Notre bus partait a 21h00. Prévoyants, nous sommes arrivés a 20h30. Alors que nous attendions, un nombre impressionnant d'autobus (dont plusieurs regagnaient KL) se succédait, paraissant tous plus confortables les uns que les autres. Une employée me rassura en me disant que le notre (le No 104) n'était pas encore arrivé et qu'elle nous aviserait une fois qu'il serait la. Mais a 21h00, toujours rien. 21h15. 21h30. 21h45. Toujours pas plus d'autobus No 104. A 22h00, un autobus du genre ''bus municipal'' pénétra dans la gare de bus. En avant, on avait griffoné ''104'' sur une feuille de papier. Ça ne se pouvait pas! Autant vous dire que jai senti monter en moi une énorme colere émanant de la sensation d'avoir été trompé. Il était hors de question que nous rejoignons KL dans un tel véhicule. Voyant que j'étais plutot inquiet, un superviseur de la compagnie m'expliqua que ce véhicule nous conduirait simplement a environ 50 kilometres d'ici, ou nous allions monter dans notre ''vrai'' bus qui arrivait d'une autre ville. Un peu rassuré (mais pas completement car l'histoire sentait mauvais!), nous avons embarqué dans notre ''navette''. Une heure plus tard, nous nous immobilisions sur le stationnement mal éclairé d'un arret de bus de village. Dehors, tout était sombre. Mais pire que ça, il n'y avait pas le moindre autobus a l'horizon. Apres etre restés ainsi 15 minutes, nous sommes finalement desendus pour apprendre que l'autre bus arriverait ''dans 10 minutes''. Le temps en Malaisie devant etre flexible, c'est pres d'une heure plus tard que nous avons enfin vu arriver un autobus digne de ce nom. Nous avons mis nos sacs dans la soute et avons pris place dans ce qui serait bien plus confortable pour passer une nuit sur la route.
A 6h00 du matin, le chauffeur alluma les lumieres. Dehors, le jour se levait. Le décor était noyé dans une brume matinale: nous arrivions a KL. Apres etre descendus dans la grande gare routiere ou régnait déjà une activité importante, nous avons longé de grands boulevards pour rejoindre une station de métro aérien. Quelques arrets plus tard, nous étions a la gare centrale pour mettre nos sacs en consigne. En effet, en fin de journée, il était prévu que nous retrouvions Constance (croisée quelques semaines plus tot a Banaue, aux Philippines) qui habitait a environ 40 kilometres au nord de la ville. Notre plan était donc le suivant: visiter la ville durant la journée et prendre le train en fin d'apres-midi pour Rawang ou Constance nous accueuillerait pour la nuit. Apres avoir enfermé nos sacs a dos dans les grandes consignes métalliques, nous avons donc pris le métro pour notre premiere visite de KL: les célebres tours ''Petronas'' (du nom de la compagnie petroliere nationale malaisienne). Ce sont 2 tours jumelles de plus de 450 metres de haut (88 étages) qui ont la particularité d'etre reliées l'une a l'autre a la hauteur du 42e étage. Cette passerelle (le ''skybridge'') fait office de point de vue pour les visiteurs. Cependant, le nombre de ces derniers étant limité a environ 1300 par jour, il faut arriver relativement tot le matin pour avoir a chance d'obtenir un laisser-passer pour atteindre ce ''42e ciel''. A 7h15, nous arrivions a l'entrée des mastondontes de béton et d'acier. Rapidement, nous avons rejoints l'entrée des visiteurs. La, quelques dizaines de personnes étaient déjà arrivées. Nous nous sommes assis nous aussi en lisant le journal afin de faire passer le temps. Mais rapidement, la foule se mit a grossir et il ne fut pas long que plusieurs centaines de personnes se retouvent en arriere de nous. Vers 8h30, le grand rideau métallique se leva et l'assignation des horaires pu commencer. Par chance, nous avons eu des acces pour 9h15. Apres avoir visité une salle d'exposition relatant la construction des tours (leur hauteur, leur ''design'', leur emplacement, leur paratonnerre, etc.), on appela les visiteurs pours 9h15. Nous avons embarqué dans un ascenseur et quelques secondes plus tard, les portes s'ouvraient. Nous étions déjà arrivés au 42e étage. Nous avons embarqué sur la passerelle d'ou nous avions une vue plutot impressionnante sur la ville. KL s'étend bien plus a l'horizontale qu'a la verticale. La taille moyenne de ses batiments est relativement faible, ce qui tranche avec des villes comme Hong-Kong ou Shangai. Une des raisons de ce ''manque'' de gratte-ciels est que la Malaisie est un pays jeune, toujours sur la voie de l'acces a la modernité qu'elle n'a commmencé a vouloir atteindre que récemment. Les tours ''Petronas'' sont le symbole visuel de cette volonté de développement. Elles ont été érigées dans les années 90 alors que le gouvernement malaisien exprimait clairement sa volonté de faire de la Malaisie un pays ''développé'' d'ici a 2020. Et a voir la rigueur avec laquelle il semble suivre sa feuille de route, il y a fort a parier qu'il atteindra cet objectif de fort belle maniere, un des éléments facilitants se trouvant dans le sous-le sol malaisien sous la forme d'importantes réserves pétrolieres qui permettent de remplir les caisses de l'état de précieux capitaux.
La visite fut chronométrée. Apres 10 minutes a prendre des photos, nous avons été rappelés vers l'ascenseur car un autre groupe allait prendre notre place. Nous avons repris l'ascenseur en direction inverse et a 9h45, nous étions sortis de la visite. Plutot efficace. En repassant devant le guichet d'entrée, un petit écriteau mentionnait ''plus de billets pour les visites''. On ne rigole pas avec les quotas!
Au pied des tours se trouve le plus moderne et le pus prestigieux des centres d'achat de la ville. N'ayant pas encore déjeuné, nous avons donc rejoint l'aire alimentaire pour avaler de quoi tenir debout pour le reste de la journée. A notre grande surprise, nous avons eu droit a des tarifs plutot occidentaux... un peu comme pour nous reformater a la société de consommation que nous allions retrouver dans quelques jours au Canada. Décidément, partout dans le monde, l'argent est Roi!
Ensuite, nous avons flané dans les allées pour découvrir que les magasins sont ici les meme que partout ailleurs: ''Sony Store'', ''GAP'', ''Banana Republic'', ''The Body Shop'', ''l'Occitane'', etc. Et que les prix pratiqués sont les memes ue chez nous! Bref. Vers midi, nous avons pris un plat a emporter et nous sommes allés nous installer a l'extérieur des tours, sur le parvis ou dansaient de somptueuses fontaines. Apres avoir fait le tour du parc qui les entouraient, nous avons rejoint le centre des expositions tout proche. A l'intérieur, une exposition était consacrée aux produits malaisiens. Puisqu'elle était ouverte a tous, nous avons défilé dans les allées ou nous avons découvert une partie du savoir-faire du pays: des autos, des produits alimentaires, du loisir, des vetements, des produits électroniques. Bref, la Malaisie est bel et bien sur la voie du développement.
L'apres-midi filant a grands pas, il nous fallait rejoindre la gare pour récupérer nos sacs et prendre un train pour rejoindre Constance. Cependant, toute la journée, un terrible mal de dos m'avait grandement handicapé. Une fois a la gare, les douleurs persistant, nous avons préféré ne pas trop en faire et avons donc décidé de rester en ville. Nous avons pris un taxi pour rejoindre l'hotel ou nous avions réservé pour le lendemain, en espérant qu'ils auraient une chambre des ce soir.
L'hotel était situé dans une rue plutot animée du quartier chinois: la rue ''Jalan Petaling'', qui est réputée pour etre une aire de magasinage sans pareil. En effet, la rue étant fermée le soir, le taxi a du nous déposer un peu plus loin. Nos sacs sur le dos, nous avons pénétré sur ladite rue ou nous avons vite compris l'intéret de l'endroit. Dans une cacophonie assourdissante, des centaines de petits étals proposaient des milliers de contrefaçons (montres, vetements, sacs, lunettes, etc.), faisant de l'endroit un lieu privilégié pour les touristes étrangers friands de tels articles. En ''zigzaguant'' entre les toiles de plastique des étlas et les haut-parleurs qui criaient tous plus fort les uns que les autres, nous avons finalement rejoint notre hotel. Nous avons eu une chambre, en prenant bien soin de demander qu'elle ne donne pas du coté de la rue! Une fois installés, nous avons alors immédiatement appelé Constance pour lui signifier que nous ne viendrions pas ce soir. Par chance, elle venait le lendemain soir en ville. Nous avons alors planifié de manger ensemble.
Apres avoir pris une bonne douche (nous avions passé la derniere nuit dans le bus!), nous sommes ressortis pour manger. Le décor était impressionnant: de tout le voyage, nous avions rarement vu une telle concentration d'étals de contrefaçons, aussi clairement exposées a la vue et au sus des clients mais aussi des autorités. Finalement, nous avons atterri dans un tout petit restaurant de rue tenu par 2 chinois. Une soupe, une assiette de nouilles, du thé, et une formidable gentillesse de leur part ont parfaitement complété notre journée. Il était temps d'aller dormir.
Le lendemain matin, le temps était gris. Apres avoir trainé au lit, nous avons été déjeuner. Mais mon dos demeurrant récalcitrant, j'ai finalement fait mon ''bed-in'' a moi (du nom de l'appel a la paix de John Lennon et Yoko Ono avaient lancé lorsqu'ils avaient passé 7 jours au lit au ''Queen Elizabeth'' de Montréal en 1969). De son bord, Sylvie occupa sa journée en allant visiter des boutiques vendant des articles de confection de bijoux.
Apres une bonne journée de repos, le corps était reposé et les douleurs estompées. Nous avons donc été rejoindre Constance avec qui nous avions rendez-vous pour aller manger. Elle était accompagnée d'amis qui oeuvraient tous dans des ONG. Tous les 7, nous avons donc passé un tres agréable moment autour d'une bonne assiette de nouilles chinoises et d'une biere bien fraiche. Les discussions ont porté autant sur le voyage que sur la vie en Malaisie, nous permettant ainsi d'avoir le point de vue de personnes qui le vivent un peu plus ''de l'intérieur''. Apres avoir avalé un café glacé sur la terrasse d'un ''starbuck'' ou d'énormes rats défilaient tranquillement dans la pénombre, nous nous sommes séparés car il était temps d'aller dormir.
Dimanche matin était notre dernier jour de voyage. A vrai dire, il flottait dans l'air un sentiment inconscient de fin de quelquechose. Le temps était maussade, mais chaud et particulierement lourd. En sortant de notre hotel, nous avons aperçu des cones oranges qui séparaient les voies de circulation, des policiers et plein de coureurs: c'était le marathon de KL! Le bus touristique que nous avions prévu de prendre étant coincé dans les embouteillages, nous avons donc changé nos plans en partant a pied. Par chance, la ville de KL est ''petite''. Il est donc relativement facile de déambuler a pied pour faire le tour de son centre. Le premier arret fut sur ''Merdeka square'', la grande place d'ou partait et arrivait le marathon et ou se trouve le club de cricket de la ville. Puis nous avons longé les grandes arteres ou tout était encore fermé, dimanche matin oblige. Finalement, vers midi, l'activité a commencé a battre son plein. Les rues se sont remplies et les magasins ont ouvert. Nous avons profité de l'air climatisé de ces derniers afin de nous échapper un peu de la chaleur torride qui régnait a l'extérieur. Sur le chemin du retour, nous avons fait un arret a la mosquée ''Masjid Jamek'', la plus ancienne de la ville. Une fois habillés de grandes blouses (Sylvie et moi étant en shorts et en t-shirts), nous avons pu nous promener dans ce lieu tout aussi agréable que paisible. En fin d'apres-midi, nous sommes finalement rentrés vers le quartier chinois. Le soir, nous sommes allés manger dans la rue: porc grillé pour Sylvie, poulet et canard pour moi. Puis, a 21h00, nous avions rendez-vous avec Céline et Maud (les 2 filles rencontrées aux ile Perhentiennes) qui étaient dans le meme hotel que nous et qui partaient elles aussi le lendemain (mais pour l'Indonésie!). Tous les 4, nous sommes donc allés prendre un verre (et meme un peu plus) au ''reggae bar'' tout proche de notre hotel. Assis sur la terrasse en sirotant des bieres, nous avons refait le monde, avec cette fois-ci un semblant de début de constat de ce que nous avions vécu au cours des 10 derniers mois. C'était notre derniere soirée a Kuala Lumpur, notre derniere soirée en Malaisie, notre derniere soirée en Asie... notre derniere soirée de voyage!
Ce lundi matin, le réveil fut un peu étrange en se disant que la date du jour (29 juin) était la meme que celle inscrite sur les billets d'avions qui nous rameneraient au Canada. Mais notre vol ne partant qu'a 23h45, nous avions toute la journée devant nous. Apres avoir déjeuné, nous sommes donc partis prendre le bus touristique a 2 étages qu nous n'avions pas pu prendre la veille a cause du marathon et des embouteillages qu'il occasionnait. A bord, nous nous sommes installés sur la plateforme arriere, a l'air libre, pour mieux apprécier la belle journée tout en profitant du point de vue sur les endroits que nous traversions. Apres avoir vu le cortege du Roi qui arrivait a son palace et etre passés par la gare centrale, nous sommes descendus au parc aux oiseaux. Cet endroit unique est une foret de plus de 3.5 hectares entierement recouverte d'un gigantesque filet. A l'intérieur vivent des milliers d'oiseaux exotiques, tous plus beaux et plus colorés les uns que les autres. Pendant quelques heures, nou avons donc flané dans cet environnement ennivrant ou le sentiment était un peu le meme que nous avions ressenti quelques jours auparavant alors que nous étions entourés de milliers de poissons tropicaux au beau milieu des eaux cristallines des iles Perhentiennes. Les poissons étaient devenus des oiseaux. Les coraux des arbres. En milieu de journée, nous avons assisté a un spectacle mettant en vedette des peroquets qui réalisaient toutes sortes de facéties comme compter, faire du vélo ou bien encore parler. Tout aussi drole qu'impressionnant.
Apres cette expérience formidable, nous avons repris le bus touristique pour compléter la boucle et redescendre dans le quartier chinois. Des orages eclaterent et c'est sous la pluie que nous sommes arrivés a notre hotel. Il y a donc une justice quelque part: partir sous la pluie, c'est toujours un peu moins triste que partir sous un soleil radieux!
Arrivés a l'hotel avec un peu de retard (nous devions quitter la chambre pour 16h00 mais nous y sommes arrivés a 16h15!), nous avons vite pris une douche et fermé nos sacs avant de les descendre a la réception. Nous avons alors été faire quelques achats avant d'aller manger une derniere fois dans l'ambiance bruyante et graisseuse des restaurants de rue. Pour conclure notre voyage, nous avons plongé une derniere fois nos baguettes dans un riz surmonté de porc grillé, de poulet et de canard. 19h00: l'heure du départ venait de sonner!
A suivre...