mardi 21 juillet 2009

09-06-29 La fin d'un long voyage...

Nous sommes passés prendre nos sacs a dos a l'hotel et avons marché jusqu'à la gare de bus toute proche. Mais le vendeur refusant de nous vendre un billet de bus pour l'aéroport (il prétextait qu'avec les bouchons de circulation, nous risquions d'etre en retard alors que notre vol était 4 heures plus tard!), nous avons marché jusqu'à une station de métro aérien. Apres un changement, nous avons sauté dans le train pour express pour l'aéroport.

Finalement, c'est avec pres de 3 heures d'avance que nous sommes arrivés a l'aéroport. Nous avons enregistré nos sacs. Le vol pour Séoul n'étant pas plein, le chef d'escale nous a donné une rangée de 4 sieges pour nous 2. Cela serait certainement aidant pour dormir un peu. Puis nous avons passé le temps dans cet aéroport reconnu internationalement et maintes fois primé pour la qualité de ses installations. Cependant, alors que nous pensions nous retrouver dans un de ces méga-aéroports modernes a l'achalandage indicible, nous étions certes dans un aéroport moderne, mais de taille tres respectable et surtout tres calme au niveau du nombre de départs et arrivées.

A 23h45 précises, notre avion s'ébranlait. Notre long voyage de retour venait de commencer. Le vol se passa comme un charme (malgré le fait que nous étions dans un A330 et que je ne pouvais m'empecher d'avoir une pensée pour ce qui s'était passé 4 semaines auparavant au dessus de l'Atlantique). A 7h30, apres plus de 7 heures de vol, nous atterrissions a Séoul.

Durant les 3 heures que durait l'escale, nous nous sommes promenés dans ce superbe et immense aéroport ''Incheon''. Nombre de boutiques hors-taxes proposent bien évidemment toute la panoplie des articles les plus luxueux, mais surtout des ateliers offrent gratuitement aux passager de s'initier a certains arts coréens. Pour nous, ce fut la confection de ''chaussettes coréennes'', petits bouts de carton en forme de chaussette que l'on recouvre de papier crépon collé. Une fois séchées, on passe une cordelette dans un trou que l'on perce en leur extrémité et on obtient une jolie décoration que l'on peut utiliser comme porte-clés ou comme décoration pour téléphone cellulaire. Simple, mais tellement efficace pour faire passer le temps.

Puis nous avons rejoint notre vol suivant. Notre Boeing 747 était plein a craquer. Une fois l'avion rempli de passagers et de fret, nous nous sommes dirigés en bout de piste. Le commandant de bord a mis la pleine puissance et le mastodonte s'est élancé pour décoller. Durant les 13.5 heures suivantes, nous avons filé a 950 km/h et a 10000 metres d'altitude. Nous nous sommes alors consacrés a une succession d'activités tel que manger, dormir, boire, regarder des films et jouer a des jeux. Soudain, l'avion ralentit, piqua légerement du nez et le pilote nous annonça notre arrivée prochaine. Quelques instants plus tard, nous survolions New-York. Manathan était a nos pieds. Nous avons fait une grande boucle au dessus de l'Atlantique, puis le commandant a fait un dernier droit serré a basse altitude pour aligner notre avion sur la piste de JFK. Les roues touchaient la piste. Par le fait meme, nous allions respirer l'air nord-américain tout juste 10 mois ½ apres avoir quitté ce continent, le 18 aout 2008.

Une fois débarqués, nous sommes passés a travers le processus normal d'immigration (sans encombres) puis avons changé de terminal pour prendre notre dernier avion qui nous ferait boucler la boucle. Un court trajet en métro aérien et nous y étions. Il était intéressant de retrouver l'ambiance feutrée et un peu aseptisée des aéroports américains avec leurs longs corridors recouverts de tapis, leur enchainement de ''fast-food'' et leurs terminaux tres linéaires. Apres avoir attendu que note avion arrive (!), nous avons enfin embarqué dans cette navette ''american eagle'' a destination de Montréal la magnifique. Étant en retard sur l'horaire prévu, la tour nous a fait passer devant tous les avions en file d'attente pour le décollage et nous avons mis les gaz sans demander notre reste. Plus qu'une heure et demie et notre voyage serait bel et bien terminé. Pendant que le pilote slalommait entre les gigantesques cumulonimbus parsemés sur note route, nous revions a notre voyage sans vraiment réaliser que la fin était imminente. Un peu comme il nous a fallu quelques jours a réaliser qu'il commençait 10 mois et demie auparavant.

En passant au dessus du lac Champlain et de Plattsburgh, nous avons amorcé notre descente. Le temps s'est découvert, comme pour nous souhaiter la bienvenue au pays. Le fleuve Saint-Laurent Montréal brillait de tous ses feux. Au loin, Montréal se découpait sur l'horizon. Une derniere boucle sur le Lac Saint-Louis pour perdre de l'altitude et nous nous mettions en alignement sur la piste de l'aéroport Pierre Eliott Trudeau. La piste s'est rapprochée et nous avons pris une grande respiration juste avant que les roues ne touchent le sol. Un peu comme dans un film ou le héro va se retrouver la tete sous l'eau et que l'on prend une derniere bouffée d'oxygene avec lui... car on ne sait jamais combien de temps ça va durer. Dans notre cas, le crissement des roues sur le tarmac signait la fin d'une longue aventure. L'avion a rejoint le terminal et nous avons passé l'immigration canadienne.

L'agente sembla étonnée de voir que nous étions partis depuis si longtemps. Elle devait etre nouvellement affectée a ce poste car des gens qui partent longtemps... ''y'en a plein''! Enfin, apres avoir récupéré nos sacs sur le caroussel, la derniere étape était de franchir les douanes canadiennes. Avec les remarques de l'agente de l'immigration et la collection de tampons exotiques qui décoraient notre passeport, nous étions certains de devoir passer un moment a la fouille. Mais a notre grande surprise, l'agente des douanes a pris notre formulaire de déclaration a jeté un oeil dessus et nos a lancé un ''bonne journée'' aussi stoique que celui de votre boulangere qui vous salue quand vous entrez dans son magasin pour y acheter une baguette. Les portes automatiques se sont ouvertes. En arriere s'ámassaient de nombreuses personnes qui étaient venues chercher un parent, un ami, un client, un proche. Pour nous accueillir, c'est Stéphanie qui était la. Quelle agréable sensation que de se retrouver apres si longtemps. On s'est serrés, puis nous avons rejoint Gary qui était dans l'auto. On a mis nos sacs dans le coffre et avons pris l'autoroute en direction de la rive sud. Cette fois-ci, nous venions de boucler la boucle. Pour de vrai. Alors que la route défilait et que nous retrouvions des endroits si familiers, un étrange sentiment nous habitait. Un mélange de nostalgie d'avoir terminé un voyage aussi unique et de confort a pouvoir enfin nous poser pour nous retourner et commencer a digérer ce que nous avions avalé durant autant de temps. Mais rapidement, une certitude a pris le dessus de ce ''melting-pot'' d'émotions: finalement, on est pas si tristes que ça de revenir chez nous... on est tellement bien ici.

Nous avions remis les pieds sur ce continent ou nous avons choisi de nous établir il y a quelques années. 5 ans pour Sylvie. Bientôt 11 pour moi. Il nous faudrait désormais composer avec une corde de plus a notre arc. Ou plutot une expérience de plus a notre vie. C'est pourquoi il allait nous falloir un certain temps avant de vraiment réintégrer notre mode de vie antérieur (si c'est vraiment ce que nous voulons) et a intégrer tranquillement ce condensé de vie que nous avons traversé durant les derniers mois. Mais ce sera la l'occasion d'un dernier post d'ici a quelques semaines dans lequel nous vous raconterons notre réintégration dans le mode de vie nord-américain. Avec nos joies. Nos peines. Nos réalisations. Et tres certainement quelques désillusions..

A suivre...

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