vendredi 19 septembre 2008

08-09-18 Notre vraie arrivee en Afrique

Si nous avons atterri en Afrique le 20 aout, ce n'est qu'hier que nous avons vraiment commencé à prendre la pleine mesure de ce qu'est l'Afrique. Certes, nous avons vu jusqu'à pésent mille et une choses toutes plus belles les unes que les autres. Des animaux. Des paysages. Mais nous avons cependant toujours pu observer des similarités avec nos réalités occidentales. Hier, tout a changé...

En sortant su camp à kasane, nous nous sommes alignés sur la route aux cotés de nos amis espagnols afin de héler un minibus. Carlos et Amélie s'en vont en Zambie. Nous allons au Zimbabwe. Nos chemins se sépareront donc dans quelques minutes. Alors que nous attendons le passage d'un minibus, un transporteur privé arrive et rentre au camp. Son chauffeur nous demande ou nous allons. En lui disant que nous allons à la frontière, il nous fait signe de rester ou nous sommes et qu'il va nous y amener. Nous avons déjà peur du montant qu'il va nous demander (le camp nous demandait 40$ US par personne!). Il revient quelques minutes plus tard. Nous lui demandons combien vont nous couter ses services. « Rien, voyons donc » nous répond-il. Wow. Épatant! Nous embarquons nos sacs et nous voilà partis. Le chauffeur est sud-africain et est accompagnateur d'un tour privé qui va de Livingstone à Jo'Burg. Il dépose Carlos et Amélie en avant du poste frontière pour la Zambie. Nous les quittons alors après 6 jours passés ensemble. Mais nous les reverrons un autre jour. Dans un autre pays. Sur un aute continent. C'est certain!

Sylvie et moi remontons dans le minibus et direction la frontière zimbabweenne. Ken (le chauffeur) nous y dépose. Puis nous traversons la frontière à pieds. Une grande première. Mais quel sentiment bizarre que de passer dans un « no man's land » à pieds avec son sac à dos. Indescriptible. Peut etre l'impression d'etre nulle part. Et tout seuls.

Arrivés au poste du Zimbabwe, nous avons la mauvaise surprise de lire que le visa n'est pas de 30$ (comme ont payé les français du bateau) mais de 65$ pour les canadiens. Explications du douanier: il est très difficile pour un zimbabwéen d'obtenir un visa pour la Canada. Alors en représailles, on vous fait payer plus cher. C'est de bonne guère! Je lui demande quand meme combien coutera le taxi de la frontiere a Victoria Falls. Pour lui, c'est 10$. Pour nous, il ne sait pas!

Nous sortons et passons la barrière qui nous délimite l'entrée du Zimbabwe. Et là, nous entrons en Afrique. 2 personnes viennent nous voir pour nous offrir un taxi.
 « Combien pour les 2?
 35$ US
 35$ US? Je paye seulement 10$
 Non non non, c'est 35$. Et l'essence est très chère (2$ le litre... quand il y en a! et c'est vrai!) »
Nous avons alors posé nos sacs à dos sur le bord de la route en attendant qu'un véhicule qui rentre au Zimbabwe (ils sont pas nombreux) nous prenne en stop. Devant notre résignation, et après quelques minutes à nous avoir laissé griller au soleil, un des 2 chauffeurs a fini par accepter de nous prendre pour 10$ chacun. L'art de négocier!

Il nous guide alors vers une peugeot d'un autre age. Une 504 break je crois. Le coffre reste ouvert avec un morceau de bois. Lespoignées des portes sont remplacées par des fils de fer. Les sièges recouverts de vynile local. Les pare-brise est complètement explosé. J'arrete là car sinon vous ne croirez pas la suite!
Le chauffeur remplit le coffre avec les effets d'autres personnes. 2 femmes montent en avant (sur le siège passsager), un homme à nos cotés en arriere. Lechauffeur ferme le coffre en prenant soin récupérer son morceau de bois (il faudra bien tenir le coffre à nouveau ouvert plus tard). Après s'etre battu avec le démarreur et avoir joué un peu dans le moteur, le chauffeur démarre péniblement l'engin. Nous nous élançons à une vitesse estimée de 50km/h (car aucun compteur ne marche, bien évidemment!). Dans les descentes, nous nous mettons au point mort, histoire d'économiser ce qui peut l'etre...

1 heure plus tard, nous nous engageons sur un chemin de terre, au milieu de nulle part. Un racourci, c'est évident. Nous traversons des tas de déchets puis ressortons dans un quartier ressemblant à bien des townships vus jusqu'à maintenant. Sylvie ne me semble pas très rassurée. Je me sens plus confiant. De toute façon, c'est ainsi que ça doit fonctionner ici. Laissons faire et nous verrons bien!

La voiture s'immobilise devant une petite maison. Le passager arrière descend avec ses affaires et nous repartons. Nous nous arretons devant une maison et le chauffeur y dépose le fer à béton qui oscillait sur le toit. Nous déposons ensuite successivement les 2 femmes d'en avant. Puis le chauffeur nous demande ou nous désirons aller. Il y a 2 sites qui semblent intéressants pour camper. Il nous propose d'aller vois chacun des 2 pour demander les prix. On fait notre choix et il s'en va après avoir été payé. Tout simplement. Comme dans n'importe quel pays. Que d'apréhensions pour si peu de choses. Étonnant comme on peut parfois s'inquiéter devant l'inconnu.

Après avoir monté notre tente et posé quelques questions à la tenancière, nous filons aux chutes Victoria avant que le soleil ne se couche. Et là, nous nous retrouvons dans la rue, assaillis de vendeur de souvenirs qui nous proposent leur artefacts. Ils nous proposent alors de leur donner un T-shirt, du savon, du dentifrice ou des chaussures en échange. Des enfants nous abordent en nous demandant de l'argent, nous lançant qu'ils n'ont pas mangé aujourd'hui. Partout, on ressent la pauvreté. Devant les banques, les gens font la queue, parfois des heures, dans l'espoir de pouvoir retirer un peu d'argent. Le cours du jour est de 400$ Zim pour 1$ US. Partout, des gens arrivent de la frontière Zambienne avec des sacs de riz sur la tete et des paquets au bout des bras. Dedans, de l'huile, des vetements, du sel, du sucre. Dans les épiceries, les rayons sont vides. On y retrouve que quelques conserves de haricots rouges. Les hotels de luxe, autrefois fréquentés par l'aristocratie du pays et par de fortunés touristes, sont absolument déserts. Les gens errent dans les rues. En quete de nourriture. D'argent. De travail.

Nous arrivons au chutes (parc national) et on nous demande 20$US chacun pour y pénétrer. Pouvons-nous refuser? Non, évidemment. Certes, le paysage est magnifique, les chutes sont grandioses. Mais les sentiments sont partagés entre l'émerveillement du spectacle et l'écoeurement de la vision de la pauvreté. Vive l'Afrique.

De retour au camp, nous rencontrons nos voisins. Un couple d'allemands globetrooters (Burkhard et Sabine) qui voyagent depuis plus de 4 ans dans leur camion qu'ils ont fait eux-meme. Une histoire extraordinaire. Ils ont évidemment un site web: www.pistenkuh.de. Ils connaisssent très bien l'Afrique. Ils sont fascinantts. Nous refaisons alors le monde autour d'un savant mélange « colabier » constitué de 50% de coke et de 50% de bière. Fascinant!

Aujourd'hui, grasse matinée (ce qui signifie levés avec le soleil!). Petit café. Nos voisins nous ont rejoints. Une douche et nous planifions notre départ pour Harare qui est à plus de 800km d'ici. Ce sera le train. Nous sommes allés réserver nos billets en 1ere classe, question de sécurité. Cela nous permettra d'avoir une couchette privée que nous pourrons fermer le temps que nous dormions (train de nuit).

Il est maintenant 14h45. Je vous écris depuis le comptoir du bar (seul endroit ou brancher l'ordinateur!). Sylvie, Burkhard et Sabine viennent de me rejoindre pour prendre un verre de coke (que l'on retrouve meme dans les pays ou on a du malà trouver de quoi manger!) car il fait environ 35 degrés. Je vais aller mettre les posts en ligne et il sera temps de faire mon sac puis plier la tente. Ce sera alors le train de nuit. Arrivée demain matin à Bulawayo, entre 8 et 9h (si tout va bien nous a-t-on dit à la gare!), puis taxi jusqu'à la station de bus pour rejoindre Harare, 450 km plus loin. Nous devrions passer une dizaine de jour dans la communauté de Kufunda, quelques kilomètres au sud de la capitale. Il se peut alors qu'il s'écoule quelques semaines avant que nous ne puissions publier notre prochain post. Pour d'autres aventures!

À la prochaine...

1 commentaire:

  1. J'ai bien aimé cet épisode, surtout la 504 break comme dans 113 le bled.


    Anis

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