
Hier, dimanche 31 aout, nous avons quitté l'Afrique du sud pour la Namibie.
Après avoir longuement étudié la carte et les points que nous désirions y visiter, nous avons hésité quand à notre première destination. Pusique nous voulions visiter les dunes de Susuvlei et le canyon de Sesriem, nous avons opté pour un arret à Grunau, petite bourglade isolée le long de l'axe Cape-Town/Windhoek (capitale de la Namibie). Nous y avions contacté une auberge (qui semble etre la seule dans cette ville). Ils avaient de la place (évidemment, ils doivent pas avoir souvent des touristes qui s'y arretent) et etaient disponibles pour venir nous chercher a 22h30, heure prévue de l'arrivée de notre bus. Tout roulait donc... à ce moment là!
Après une petite marche jusqu'au terminal de bus, nous avons acheté nos billets. Bus avec sièges qui s'allongent ou bus « régulier »? Les 2 partent à la meme heure, 10 heures. Nous optons pour l'option la plus modeste (sièges normaux). Après tout, 12 heures de bus, ça passe finalement assez vite...
9h30. Le 1er bus (pas le notre) arrive, embarque ses passagers, et quitte à 10h00. Le notre n'est pas encore arrivé. Dans la file d'attente, nous sommes en compagnie d'une ribambelle (oui, je sais, ce mot est très franco-français, mais c'est le plus réaliste!) de locaux portant un manteau d'hiver orange. Ils semblent etre des étudiants ou des sportifs. Tous se connaissent et rigolent ensemble. Nous leur demandons pourquoi ils sont tous habillés pareil. Ce sont des travailleurs sud-africains qui travaillents dans les mines de la Namibie et qui repartent de leur semaine de congés (après 4 semaines de travail, 7j/7, 12 heures par jour). En regardant l'isigne sur leurs manteaux, il est écrit « De Beers mining ». Nous sommes donc aux cotés de ceux qui extraient les « meilleurs amis des femmes »: les diamants!
10h45: le bus arrive. Nous nous installons au dernier rang. A nos cotés, un couple de backpackers, un anglais et une allemande, avec dans les mains le meme « lonely planet » que nous.
11h15: le bus s'élance avec 1h15 de retard. Et pas moyen d'en informer l'auberge. Pas grave. Ils sauront certainement s'en informer. Le chauffeur met l'air climatisé en marche et la température du bus s'abaissee rapidement en dessous de 20 degrés. Les capuches des manteaux oranges se relèvent. Les couvertures sortent des sacs plastique. D'autres backpackers en avant ont leur bonnet de laine sur la tete. Au dessus de nos tetes, les diffuseurs ont brisés se l'air sort abondemment. On gèle. On met nos polaires, nos coquilles (manteaux coupe-vent) et on elève aussi nos capuches. Étrange scène qu'un bus de voyageurs en arique du sud. 25 degrés dehors et tous les passagers avec leur manteau d'hiver et leur capuche sur leur tete à l'intérieur.
La route défile. Nous traversons des « townships » aux cabanes en bois sur des rues en terre. Des champs. Des vallées. Des montagnes. Toutes les 2h30, pause de 15 minutes pour des raisons naturelles: aller aux toilettes, se dégourdir les jambes et se ravitailler un peu.
21h00: arrivée à la frontière. Passage au poste de douanes sud-africaines pour le départ du pays. Retour dans le bus pour rejoindre les douandes namibienne à quelques kiomètres de là. Passage aux douannes namibiennes pour obtenir notre visa.
22h30: départ du poste frontière. Tiens, 22h30... c'est l'heure à laquelle nous devions arriver à Grunau. Et il reste plus de 200km avant d'y arriver. nous esperons que nos hotes se seront informés du retard et seront là quand nous arriverons. Et si ils n'étaient pas là? S'ils ne sont pas là, hors de question de rester sur le bord de la route, en pleine nuit, en Namibie. Il nous faut un plan B. La prochaine « grande ville » (quelques milliers d'habitants!) est Mariental. Le bus devant initialement y arriver à 3h00, et avec les 2 heures de retard, il y serait 5 heures du matin, ce qui serait plus acceptable pour attendre le lever du jour. Tout le monde s'endort dans le bus.
Tiens, le bus ralentit. Il se tasse sur le coté de la route. Nous devons etre arrivés à Grunau. En effet, l'hotesse nous fait signe dans le noir qu'il nous faut descendre. Je réveille Sylvie. Nous ramassons nos petits sac à dos, nos lunchs, nos eefets personnels, nos manteaux. Nous passons entre les sièges des passagers profondément endormis. Évidemment, nous sommes les seuls à descendre ici. J'explique à l'hotesse qu'elle attends quelques minutes avant de repartir afin que nous soyons certains qu'on est venu nous chercher. En quittant le bus, je comprends mieux pourquoi les gens nous regardaient avec de grands yeux quand nous leur disions que nous descendions à Grunau. Nous sommes dans une station service. Une petite lumière provient du bureau. Autour: rien. Nada. Le néant. Et la nuit d'une noirceur qui nous donne l'impression d'etre au milieu d'un mauvais film. Le chaufeur a sorti nos sacs à dos de la remorqe et est prêt à repartir. Je cherche notre hote: personne! Dans le bureau, un vieux monsieur apparaît derrière une porte et des fenetres grillagées. Je lui demande si quelqu'un attend ici. Il ne semble pas parler anglais. Le chauffeur s'impatiente car il est déjà en retard de plus de 2 heures. Je fais le tour de la station. Personne. Un pompiste qui dormait dans sa guérite apparait. Il ne semble pas trop comprendre ce que nous voulons. Sylvie m'appelle. Le bus doit repartir. Nous demandons alors au chauffeur si nous pouvons rembarquer jusqu'à Mariental. Il réfléchit pis nous fait un signe de la tete que oui. L'hotesse nous demande de poser nos sacs à dos dans le bus. Pas le temps de les remettre dans la remorque. Nous remontons donc nous assoir à nos sièges, un peu penauds. Pas grave. Nous avons pris la bonne décision et la sécurité doit primer sur notre fierté! Tiens, quelqu'un a déjà pris nos 2 places pour s'allonger. Quelques tetes de relèvent. Notre dormeur nous laisse nos places et retourne sons siège. Ce devait etre un cauchememar et nous nous rendormons.
5h30: Le bus s'arrete à nouveau. Pas de doutes, nous devons etre à Mariental. L'hotesse me le confirme. Cette fois, pas question d'hésiter. Nous descendons notre attirail de voyageurs. Nous sommes dans une station service bien éclairée, qui semble bien fréquentée. Nous nous asseyons dans le « fast-food » et prenons un chocolat chaud. On regarde notre Lonley-Planet pour trouver des moyens de transport pour Sesriem: rien. Nous demandons au personnel de la station comment se rendre à Sesriem. Leur regard m'a alors fait comprendre que cette question ne devait pas leur etre posée souvent. En fait, je pense que mis à part les voyageur qui descendent 15 minutes d'un bus pour aller aux toilette, ils ne doivent pas avoir souvent à faire avec des étrangers! ll n'y a pas de bus ici. Aucun services de transport public. Rien d'organisé. On est au milieu de nulle part. Peut etre les transports en minibus. On nous répond que ce sont les locaux qui les utilisent. Nous on les a jamais pris. On sait pas comment ça fonctionne. On connait pas vraiment ça ». Bon, ça augure bien notre entrée en Namibie! Nous savons qu'il y a une gare de trains à Mariental. Il doit y avoir de l'activité là. Nous y trouverons certainement une solution. On nous indique le chemin. Pas trop long à pied.
7h00: du monde arrive au comptoir du « fast-food ». Tiens, plusieurs personnes. Plusieurs personnes d'un coup = autobus. Dehors, un autobus attend. C'est un autobus qui était arrivé au poste frontière alors que nous quittions. Ils vont certainement à Windhoek. Je demande si il leur reste de la place. L'hotesse ne semble pas certaine. Elle rentre compter et revient en me faisant signe: 2 places. Je les prends! Je file chercher Sylvie. Nous Ramassons notre stock et filons au bus. Pas beaucoup de blancs là. Et c'est parfait comme ça. Nous nous installons et le bus s'élance. Tiens, pas d'air climatisé. On est vraiment bien. Dans 3 heures, nous serons à Windhoek!
10h00: arrivée à Windhoek (prononcer « vindouk »), capitale de la Namibie, grand pays peuplé de seulement 2.2 millions d'habitants. Nous prenons un taxi jusqu'à une auberge qu'on nous a recommandé (Cardbord Box Backpackers). Arrivés là, nous retrouvons une allemande que nous avions rencontré à Cape-Town et qui était parti dans l'autre bus de 10h00. Étonnante face que la sienne quand elle nous a vu arriver (elle savait que nous devions descendre à Grunau). On obtient 2 lits dans une chambre de 4 et y posons nos affaires. Vers 11h30, nous tombons face à face avec le couple du bus (anglais et allemande) qui font eux aussi une face indescriptible en nous apercevant: ils nous ont vu descendre en pleine nuit au milieu du désert et ils nous retrouvent dans une auberge quelques heures plus tard. Notre explication les a rassurés: nous ne sommes pas un couple de magiciens!
ll ne nous reste plus qu'à planifier nos prochains jours à Etosha, parc national au nord de la Namibie. Une des plus grandes réserves animalières du continent africain. La suite dans un prochain post :)
@+
Je vous admir pour se sens de l'improvisation.Carole
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