vendredi 28 novembre 2008

2008-11-07 De Pushkar à...


Lorsque nous avons mis notre dernier post en ligne, c'était il y a tout juste 2 semaines. Nous quittions alors Pushkar et sa foire aux chameaux pour... une nouvelle destination. Cependant, puisqu'il s'agissait d'une surprise, nous avions tenu cette « prochaine destination » secrète, contrairement à ce que nous avions fait jusqu'à date. Vous comprendrez donc plus bas la raison pour laquelle nous sommes restés muets au cours des 2 dernières semaines, et espérons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur en restant fidèles à notre blog.

Le 7 novembre, nous nous sommes levés de bonne heure et avons pris le bus de 8h00 pour Ajmer. De là, nous sommes partis pour 9 heures de bus en direction de Delhi, la capitale de l'Inde. Une fois rendus au terminus du centre-ville, nous reprendrons un 3e bus pour rejoindre l'aéroport. Alors à Ajmer, nous avons sauté dans un bus local, comme d'habitude. Avec ses excès de tout, sauf de confort. La route fut sans trop d'embuches. Mais disons qu'à une vitesse moyenne de 40 km/h, la distance ne baisse pas vite entre 2 panneaux indiquant la distance qu'il vous reste à parcourir avant votre destination. Cependant, plus nous approchions de Delhi et plus l'activité augmentait, comme généralement autour d'une capitale, et cela nous donnait des choses à regarder. Au panneau indiquant 65km, un phénomène étonnant se produisit. En quelques instants, nous sommes entrés dans une sorte de brouillard dense et sombre. Alors que quelques minutes auparavant le soleil brillait haut dans un ciel d'un bleu immaculé, celui-ci s'estompa derrière cette brume soudaine qui ne nous permettait plus de voir au delà de 200 mètres. Aucune raison ne pouvait expliquer cette dernière hormis la pollution. Il s'agissait là du smog de Delhi. Plus de 65 km avant d'y arriver. Le soleil devint rouge puis disparut totalement. Triste mégalopole moderne dans laquelle 13 millions d'âmes se tassent dans une atmosphère aussi catastrophiquement polluée. Mais nous ne resterons pas là longtemps. Le préposé aux billets de l’autobus nous demande si nous allons à l'aéroport. Devant notre réponse affirmative, il nous montre à travers le brouillard des lumières alignées de l'autre coté de l'autoroute. C'est l'aéroport international. Notre destination finale pour aujourd’hui. L’entrée de l’aéroport se situe 3 km plus loin en prenant une autre autoroute qui part sur notre gauche. Le préposé nous propose alors de nous faire descendre là, sur le bord de l'autoroute, et que nous prenions un rickshaw plutôt que de nous amener en centre-ville où nous devrons prendre un autre bus pour revenir au même endroit. Cela nous ferait éviter le trafic qui est pathétiquement dense à Delhi et ainsi épargner 2 heures de supplice à nos fessiers déjà passablement éprouvés. Dans notre tète s'entrechoquèrent 2 théories: pas sécuritaire de se faire débarquer sur le bord d'une autoroute indienne en pleine nuit sans savoir où on se trouve et rejoindre la destination initialement prévue (le terminus en centre-ville) ou bien écouter les locaux qui nous ont toujours bien conseillé depuis notre arrivée. 5 secondes suffirent pour que nous prenions la 2e option! Sitôt dit, sitôt fait. Il nous fit signe de ramasser nos sacs (ce qui n'était pas une mince affaire à la vue du bordel qui régnait dans le bus!) et nous mit en ligne en avant de la porte latérale du bus. Il siffla. Le bus de mit sur le coté de l'autoroute et s'arrêta. La porte s'ouvrit. Nous avons sauté et nos sacs ont suivi. Presque instantanément, la porte s'est refermée et le bus est reparti. Aussi vite qu'il s'était arrêté. Nous étions alors là, tous les 2, au beau milieu d'un terre-plein entourés de 2 autoroutes, avec nos sacs par terre. Tout confiants, nous avons mis nos sacs sur nos épaules et avons entrepris de traverser les voies qui nous séparaient de l'autre coté. Un agent de la circulation est alors venu à notre rencontre et arrêta net la circulation pour que nous traversions. En nous voyant et flairant la bonne affaire, 2 rickshaw s'étaient déjà rangés sur le coté pour nous proposer leurs services. Cependant, nous proposant des prix ahurissants, nous avons décidé de rejoindre l'aéroport à pied, en marchant le long de l'autoroute. Quelques minutes plus tard, un bus s'immobilisa au milieu de la route et attendit que nous arrivions à sa hauteur pour nous proposer de monter à bord. Il s'agissait d'un autobus assurant le transport du personnel travaillant sur le chantier du nouvel aéroport. 3 employés y prenaient place. Après quelques minutes, le chauffeur s’arrêta de nouveau et nous déposa gracieusement à quelques dizaines de mètres de l'entrée. Nous sommes finalement arrivés à destination avec 3 heures d'avance sur l'horaire planifié. SUPER. Après avoir mangé un morceau à la cafétéria de l'aéroport, nous sommes alors entrés dans l'aérogare principal pour enregistrer nos bagages. Direction: le comptoir d'Air France. Notre vol décollait dans 3 heures. Destination finale: Marseille, France. Eh oui. Marseille. Nous vous avions mis en garde que notre itinéraire était malléable et que nous l'adapterions au gré des événements et de nos envies. Or il se trouve que quelques semaines auparavant, lors d'un appel à mes parents, ma mère m'annonçait qu'ils fêteraient la retraite de mon père le 14 novembre. 2 jours après son 60e anniversaire. Et qu'ils recevraient famille, amis et collègues de travail pour une dernière fin de semaine de grandes festivités dans cette auberge de jeunesse de Sète ou j'ai passé 23 ans de ma vie. Nous ne pouvions être absents lors de cet événement. Alors nous avons décidé la semaine dernière d'y assister. D'où notre départ cette nuit pour le sud de la France. Mais c'était une surprise. Personne n'était au courant de la décision. Personne sauf l'oncle de Sylvie qui venait nous chercher à Marseille.

Le vol décolla à 1h30 du matin. 8 heures plus tard, nous atterrissions pour une courte escale à Paris. Un changement d'avion et nous voilà parti plein sud. À 8h45, après un magnifique survol nord-sud de la France et une vue imprenable sur les sommets enneigés des Alpes, nous avons fait une grande boucle sur la rade de Marseille et avons posé les roues sur le tarmac provençal à 8h45. Ce ne fut pas long avant que nous retrouvions notre complice dans le hall des arrivées (merci Daniel). France, nous revoilà!

La première surprise fut pour la tante à Sylvie lorsque nous sommes entrés à l'improviste après Daniel. Après avoir repris ses émotions, nous avons planifié le guet-apens pour la mère à Sylvie. Finalement, la tante lui demanda de passer pour aller faire des courses ensemble. Puisqu'elles restent proche l'une de l'autre, il ne fallu que 15 minutes avant qu'elle n'arrive à la maison. Et lorsqu'elle entra, ce fut... une grande surprise, bien évidemment. Et comble du hasard, elles venait de poser 1 semaine de congés pour la semaine à venir. Nous allions donc pouvoir passer du temps en son agréable compagnie. Les jours suivants furent consacrés au repos et à la visite de la famille de Sylvie... toujours en faisant la surprise à chacun d'entre eux.

Le 13 novembre, mon père avait 60 ans. Je me devais donc d'être là en ce jour si important, surtout en sachant qu'il est accompagné d'un départ en retraite. Pour ne pas perdre les bonnes habitudes, nous nous sommes levés à 5h30 et Sylvie m'a emmené à la gare de Marseille. J'y ai pris le train de 7h10 pour Sète. À la gare, une petite mésaventure donna un goût amer à ce retour en terres sétoises. Comme bien des personnes, je voulais prendre un taxi pour rejoindre la maison de mes parents. Je me dirige vers le seul disponible. Le chauffeur, très décontracté, est avachi sur son siège. Sa porte est ouverte et il lit son journal, une cigarette au bec. Je fais le tour de la voiture et lui demande s'il peut me conduire à l'adresse voulue et si je peux monter en avant. Il me marmonne que oui et débarrasse le siège passager de ses effets personnels qui trainent. Nous nous mettons en route. Le compteur étant arrêté, je lui demande s'il pourrait le mettre en marche. Il me rétorque que c'est un forfait. Le prix? 7 euros (environ 11$), ce qui me semble beaucoup en considérant que mes parents habitent à moins de 5 minutes de la gare. Et les affaires étant les affaires, je lui réitère que j'apprécierais qu'il mette le compteur en marche. C'est alors qu'il me lança qu'il n'était « pas question de s'embêter avec ça, que ça suffisait et qu'il me raccompagnait à la gare. Je n'avais qu'à prendre le bus ». Wow. Chapeau le service. Je me doute bien que le déranger dans la lecture de la page sport du Midi-Libre ne devait pas faire son affaire. Mais en plus lui demander de mettre le compteur (et donc l'obliger de déclarer son revenu et évidemment payer ses impôts dessus!) ne devait pas faire son affaire. Désolé Monsieur, mais des t...s du c.l de votre genre, ça n'a rien à faire dans des emplois comme ça, et il est hors de question que je cautionne votre manque de savoir vivre et votre escroquerie. Surtout que vous devez faire partie de ces innocents qui passent leur journée à vomir sur celles et ceux qui abusent du système social ou qui ne payent pas leurs cotisations, et bien entendu à critiquer en permanence le manque de services publics qui se payent… grâce à des impôts que vous ne payez pas. J'ai donc pris le bus qui attendait en avant de la gare et suis descendu quelques minutes plus loin, à 300 mètres de ma destination finale. En approchant de la maison, mon cœur battait de plus en plu fort. Devant la porte, j'ai sonné en prenant bien soin de me cacher de la caméra de l'interphone. Mais personne n'a répondu. Puisqu'il faut toujours un plan B, j'ai profité de l'occasion pour aller prendre une petit café avec Jo et Marie qui habitent tout proche. Jo a été le cuisinier de l'auberge de jeunesse durant 17 ans. Pour nous, c'est notre « Papy Jo », car il fait presque partie de la famille. Pour tous les 2, ce fut également une surprise de taille, d'autant plus que quelques jours auparavant, Jo avait croisé ma mère qui lui avait fait part de notre voyage et lui expliquait qu'actuellement, nous étions en Inde, etc. Après un petit café fort apprécié, j'ai appelé mon père via Skype pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, et essayer de savoir quand il serait de retour à la maison! L'appel fut apprécié et il m'expliqua qu'il était en train de finir les courses pour le lendemain soir. Il était sur le stationnement d’un hypermarché. Puisque le magasin en question est proche de la maison, il ne leur faudrait pas plus de 10 minutes pour être de retour. Il ne me fallut guère plus de temps pour rejoindre de nouveau l'interphone. Devant le silence de son interlocuteur inconnu, ma mère prit les clés pour venir voir qui était là. « Un colis pour M. Berger » je me suis exprimé, un accent du sud dans la voix. Les clés sonnaient en arrière de la porte métallique. Elles entrèrent dans le barillet. Un tour. 2 tours. Et la porte s'ouvrit. « Bonjour petite mère » je me suis écrié. Évidemment, j'ai eu droit à des « Marius? Marius? », à des pleurs, à des « c'est pas vrai! » et à nombre d'autres expressions de surprise que seule une mère peut exprimer... Mon père était dans la maison. Un peu groguie, ma mère m'y introduisit et demanda à mon père de venir voir qui était là. Mis à part les pleurs, j'ai eu droit à sensiblement les mêmes réactions de sa part. Quant à moi, ma plus grande surprise fut de réaliser que son anniversaire n'était pas le 13... mais le 12 novembre!

Après la surprise, nous avons pris le temps de nous assoir et de jaser de tout et de rien, mais surtout du voyage. Plus tard, mon frère arriva et eut lui aussi la surprise de me voir dans le canapé. Le reste de la journée fut tranquille. Le soir, mon frère nous invita à aller manger à l'excellent restaurant du Casino de Balaruc. Un bon moment en famille.

Le lendemain, le réveil amorçait une journée de préparation et de festivités. En après-midi, Sylvie et sa mère nous rejoignirent à l'auberge. Le soir, après être allés nous changer, les invités arrivèrent en grand nombre. En tout, plus de 150 personnes sont venues célébrer les 60 ans de mon père et lui souhaiter une excellente retraite. De la famille en grand nombre (merci tous les Berger d'avoir répondu présent). Des amis de longue date. Des collègues de travail. Des anciens employés (merci Lolo pour ton aller/retour depuis Nancy). Des partenaires professionnels. Des personnes croisées au cours de tant d'années d'auberge. Et pour une dernière fois, nous avions la chance de dormir à l'auberge et d'accueillir pour la fin de semaine famille et amis venus de loin. Alors la soirée s'est poursuivie jusqu'aux petites heures du matin. À 5h30, comblés mais repus, il était temps d'aller dormir.

Le lendemain matin, nous nous sommes retrouvés une trentaine pour déjeuner dans le restaurant de l'auberge, à siroter notre café les yeux rivés sur cette vue imprenable qui s'étend de l'étang de Thau jusqu'à la Mer Méditerranée en passant par la ville de Sète et ses canaux sana fin. Cette même vue qui a suivi chacun de mes réveils pendant plus de 23 ans. Il était donc temps de s'en mettre « plein la vue » et de profiter une dernière fois de la magie du spectacle qui s'étendait sous nos yeux. À midi, plusieurs de la veille sont revenus pour nous aider à « finir les restes » et déguster quelques kilos d'huitres et de moules sur la terrasse de l'auberge. En fin de journée, après d'émouvants adieux à cette auberge de jeunesse qui a bercé la majeure partie de ma vie, c'est à la maison de mes parents que nous sommes allés prendre un repas en nombre plus restreint. Une page s'est tournée. Et une nouvelle s'offre à la lecture.

Pour ma mère, la prochaine activité était de partir mardi pour rejoindre ses frères et sœurs à Marseille. De là, ils prenaient un vol pour Agadir, au Maroc. Ils partaient y passer une semaine à la découverte de ce beau pays.

De notre bord, il nous fallait planifier nos prochains jours en France (nous y serons jusqu'au 4 décembre). Nous avons alors décidé de nous joindre au groupe qui partait au Maroc, en y emmenant mon père pour son anniversaire. Quelques clics de souris plus tard et les billets étaient réservés. Départ mardi à 14h55.

Lundi matin, Sylvie eut une petite faiblesse. Elle passa la journée au lit. Pendant ce temps, j'en ai profité pour mettre en ligne l'ensemble des photos du voyage ainsi que quelques vidéos. Le soir, puisque l'état de santé de ma douce ne s'améliorait pas, nous avons du appeler le docteur qui s'est déplacé jusqu'à la maison (merci Pierre-Yves). À vrai dire, cela m'a rappelé à quel point un médecin de famille qui se déplace peut désengorger un système de santé! Cependant, pour être plus pragmatique, nous avons eu un diagnostique peu agréable à entendre. Devant l'état de santé de Sylvie (et particulièrement devant son besoin de repos), le médecin lui a déconseillé de partir au Maroc (afin d'éviter toute éventuelle complication en terrain moins propice à une dispensation rapide de soins). Devant cette « tuile », nous avons du réaligner nos flutes. La décision prise fut que demain mardi, nous partirions tous les 4 à Marseille (mes parents et nous 2), mais que nous laisserions Sylvie auprès de sa mère. Ainsi, elles sera « au vert » et pourra reprendre des forces. Quant à moi, je partirai avec la famille pour une semaine au Maroc. C'est plate, mais c'est un choix responsable et de raison. Chapeau ma belle pour cette décision!

Le mardi matin, nous avons fermé nos sacs à dos, avons chargé la voiture et avons pris la route de Marseille. À midi, après avoir fait quelques courses, nous arrivions chez la mère à Sylvie qui nous rejoignit sur l'heure du déjeuner (diner pour les québécois). Mais pour nous 3, il était déjà temps de nous mettre en route pour l'aéroport ou nous avons retrouvé 3 oncles et 2 tantes. La famille allait alors décoller pour Agadir.

À suivre...

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