
La premiere portion de notre marathon nous conduirait jusqu'à Pakse, 3e plus grande ville du pays située a 3 heures plus au nord. Afin de quitter l'ile sur laquelle nous nous trouvions, le premier moyen de transport du en etre un qui flottait. Un bateau a moteur nous adonc ramené sur les rives du Mékong. La, nous sommes montés dans un minibus ui nous a conduit jusqu'à Pakse. Une fois sur place, nous avons du acheter nos billets pour Vientiane, la capitale du pays, a 9h30 de route plus au nord. Puisque nous allions voyager de nuit et enchainer plusieurs jours de déplacement, nous avons fait le choix de prendre un bus VIP, c'est a dire climatisé et au confort moins spartiate que dans les bus locaux. Qui plus est, sur cette liaison, ces bus sont équipés de véritables lits, la position allongée étant plus favorable pour dormir que la position assise! Nous avions déjá expérimentés ce type de véhiclue au Vietnam, entre Hoi An et Hué, mais sur un court trajet, de jour, et avec des lits qui n'étaient pas vraiment horizontaux. Mais bref, on prendra ce qu'on nous donne! En arrivant au comptoir a 14h30, nous avons eu de la chance car sur les 3 bus VIP de nuit qui reliaient Pakse a Vientiane, 1 était plein et il ne restait que 3 places dans les 2 autres. Les places restantes étaient dans le fond du bus ou, au lieu d'avoir 5 sieges, on trouvait 5 lirs. Nous dormirions donc a 5 dans le meme lit! En attendant notre bus de nuit qui ne partait qu'a 21h00, nous sommes allés nous promener dans la ville. Et c'est en mangeant un gros pot de glace a la vanille, tranquillement installés sur la rive du Mékong, que nous avons regardé le soleil se cacher en arriere d'un gros nuage noir avant de disparaître derriere les montagnes. Puis nous avons rejoint a pied la gare de bus pour notre expérience en ''autobus-couchettes''!
L'entrée dans le bus ne laissait personne indifférent. De chaque coté de l'allée centrale, 2 étages de couchettes doubles, véritables lits avec matelas, couvertures et oreillers. Nos lits portaient les numéros 43 et 45... les derniers en haut au fond a gauche. Nous avons escaladé pour atteindre nos places. 2 voisins sont arrivés... puis un 3e. Évidemment, le bus était plein. Ainsi collés, nous n'aurions donc certainement pas froid. Le bus s'est élancé. On nous a distribué des bouteilles d'eau, des biscuits et un lait aux fraises. 1 heure apres notre départ, le chauffeur a éteint les lumieres et tout le monde s'est endormi sagement. Sylvie étant contre la fenetre, c'est moi qui ai du composer avec mon voisin un peu trop expansif. En effet, celui-ci, qui selon son haleine avait du attendre le bus adossé a un comptoir en buvant quelques bieres, avait une forte tendance a vouoir dormir en étoile malgré les maigres 40 centimetres (16 pouces) de large que devait faire chaque lit. Autant vous dire que c'est avec son coude tantot dans les homoplates, tantot dans les hanches, que s'est déroulé ma ''nuit''. Du pur bonheur! A minuit, nous nous sommes arretés pour la pause toilettes et ravitaillement, puis avons repris la route 30 minutes plus tard. A 6h15, les lumieres se sont allumées a nouveau et la musique a commencé a battre son plin. Nous étions sur le point d'arriver. Et 15 minutes plus tard, notre autobus s'engouffrait sur un stationnement bondé de ses pairs, chacun étant entourré par une nuée de chauffeurs de tuck-tuck et autres rabatteurs. Il n'y avait plus de doutes possibles: nous étions bien a Vientiane!
2 options s'offraient alors a nous: on nous avait parlé d'un bus direct pour Xayabury, mais personne dans la gare routiere ne semblait etre au courant (on nous suggérait d'aller au terminal du nord pour plus d'informations, ce qui voulait dire tuck-tuck jusque la puis retour en ville avec les sacs a dos. L'autre option consistait a passer un nuit sur place pour prendre un bus le lendemain matin pour Luang Prabang d'ou nous prendrions un autre bus le surlendemain (je vous l'avais dit que ce serait un marathon!). Nous avons finalement opté pour la solution de facilité en rejoignant le centre de Vientiane pour y trouver une guesthouse ou passer la nuit. Une fois en ville, puisqu'il était encore tot,nous nous sommes rendus sur les berges du fleuve afin de déjeuner. Un thé et un sandwich vietnamien firent amplement l'affaire. Nous avons ensuite trouvé une chambre acceptable qui soit abordable avant d'aller en ville nous promener. Apres avoir traversé le grand marché central, nous nous sommes rendus a la station de bus du centre pour des informations: pas plus de nouvelles, et encore une fois, on nous aiguilla vers la station du nord. Finalement, nous avons acheté un billet de bus pour Luang Prabang pour le lendemain matin, en prenant bien soin de nous assurer que nous n'aurions pas le malheur de nous retrouver sur les derniers sieges au fin fond du véhicule.
Tel que prévu, a 7h30, on venait nous chercher en avant de notre guesthouse pour nous conduire a la gare de bus. Nous avons pris place a la 2e rangée et nous nous sommes mis en route a 8h00. 4 heures plus tard, nous avions parcouru largement plus de la moitié des kilometres a parcourir. Mais apres la pause repas, les choses allaient devenir plus corsées. En effet, la route est alors devenue beaucoup plus escarpée, les virages beaucoup plus serrés, les ascensions et les descentes beaucoup plus impressionnantes. Pour ceux qui connaissent, imaginez la montée de Saint-Pons au col du Cabaretou pendant 165 kilometres... Plutot éprouvant pour les hommes... et la machine! Mais apres pres de 5 heures de virages, de montées et de descentes, nous sommes arrivés a Luang Prabang, petit joyau classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Un tuck-tuck plus tard, nous étions dans le centre ville. Une vérification rapide des courriels nous a permis de savoir dans quelle guesthouse logeaient Chris et Katie, le couple canado-australien rentrontré quelques jours auparavant a Sihanoukville. Finalement, ce n'est qu'apres avoir mangé que nous avons pu nous revoir autour d'une biere. Dans quelques jours, ils repartaient pour l'Australie. Entre temps, nous avions acheté aupres de l'hotel des billets de minibus pour rejoindre Xayabury des le lendemain matin.
Peu apres notre réveil, un tuck-tuk venait nous chercher pour nous conduire a la station des minibus. Une fois les sacs a dos solidement attachés sur le toit et recouverts d'une bache de pastique (tiens, mauvais signe!), nous nous sommes élancés. Il ne fallu que 30 minutes avant que le goudron disparaisse pour laisser place a une piste en terre a l'entretien parfois douteux tellement il y avait de cailloux et de roches au milieu. Cela n'empechait pas notre chaufeur de rouler a vive allure, tout comme les nombreux véhicules que nous croisions, ce qui soulevait par le fait meme une poussiere tout a fait insoutenable. Tout le long de la route, nous avons traversé des villages de maisons laotiennes des plus sommaires (petites maisons sur pilotis) dont la couleur n'était autre que celle de la terre qui était soulevée en permanence par les minibus, voitures et autres camions qui les traversaient a toute vitesse, rendant abominable la vie des personnes qui y vivaient.
Apres pres d'une heure et demie de piste, nous sommes arrivés face au Mékong qui barrait le passage. Dans la descente asphaltée qui y menait se trouvaient quelques dizaines de véhicules qui attendaient que le petit bac qui assurait la traversée puisse les embarquer. Sous un soleil de plomb, nous avons donc attendu pres de 2 autres heures que notre tour arrive. Puis nous avons enfin terminé les 30 derniers kilometres qui nous séparaient de Xayabury. 3 jours de voyage, plus de 1000 kilometres et pas moins de 27 heures de bus nous auront permis d'arriver dans ce petit village du nord-ouest laotien ou se tiendra au cours des prochains jours un festival dédié exclusivement aux éléphants d'Asie. Voilà donc la raison qui nous avait poussé a autant de déplacement en aussi peu de temps: durant la fin de semaine, nous aurions la chance de voir plusieurs dizaines de ces mamiferes tout aussi mythiques que mystiques, et qui sont si importants dans les croyances des habitants de cette région du Monde.
A suivre...


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