jeudi 21 mai 2009

09-05-03 Taian


Le train fut effectivement un train express. Il partit et arriva a l'heure. En sortant de la gare de Taian, nous avons rapidement compris que les choses seraient peut-etre un peu moins aisées ici qu'elles ne l'avaient été jusqu'à présent, particulirement au niveau de la communication. A Qingdao, on nous avait écrit sur un bout de papier le nom et l'adresse en chinois de l'auberge que nous avions réservée via Internet. Nous nous sommes donc présentés a l'un des taxis qui étaient stationnés sur l'immense parvis de la gare. Le chauffeur regarda notre bout de papier et prit un air circonspect. Il nous parla en chinois (ce qui veut dire que nous n'avons évidemment rien compris!) et fit un signe de réprobation de la main. Nous sommes alors allés voir d'autres chauffeurs qui réagirent tous plus ou moins de la meme façon, certains refusant poliment, d'autes refusant tout simplement de sortir de leur voiture pour voir de quoi il en retournait (pour ces derniers, cela doit etre du a la culture chinoise dans laquelle les gens n'aiment pas etre pris en défaut, et le fait de ne pas pouvoir communiquer adéquatement avec nous peut etre ressenti comme tel). Finalement, une personne nous indiqua un bureau daide aux visiteurs. Apres avoir expliqué notre situation, une demoiselle nous conseilla de sortir de la gare et de prendre un taxi dans la rue qui accepterai plus facilement. Nous lui avons demandé pourquoi les chauffeurs avaient refusé. Elle nous expliqua, presque genée, qu'ils ne devaient pas juger la course assez intéressante pour nous prendre. Tiens tiens, la situation me rappelle un certain chauffeur de taxi véreux a Sete!

Finalement, nous avons suivi ces conseils judicieux et le premier taxi que nous avons arreté a accepté de nous conduire a bon port sans problemes! Nous avons emprunté une artere commerciale de la ville. La route était dans un était lamentable, ce qui jurait avec ce que nous avions vu jusu'a date. Les véhicules se faufilaient au travers de trous béants. Le vent soulevait une poussiere dense. Sur les trottoirs se succédaient des magasins de téléphones cellulaires qui rivalisaient de bruit pour attirer la clientele. Des magasins de vetements offraient toutes sortes d'articles dans de grands bacs disposés en avant. Les piétons et les vélos électriques zigzaguaient dans ce brouhaha. La scene offrait un air de farwest moderne. Il ne manquait que les bottes de paille qui roulent au milieu de la rue pour que le tableau soit complet!

Apres environ 15 minutes a nous délecter du spectacle, nous sommes finalement arrivés a noter auberge. Nous avons pris possession de notre chambre avant de sortir manger. Apres etre retournés nous reposer, nous sommes sortis visiter les environs du quartier et préparer notre activité du lendemain: l'ascension du Mont Tai (ou Taishan en chinois). Il s'agit de l'une des 5 montagnes sacrées de Chine et la plus vénérée de toutes. Elle culmine a un raisonnable 1550 metres, mais sa particularité principale réside dans la façon d'accéder a son sommet: si vous ne voulez pas emprunter la télécabine, vous devrez monter par le chemin qui mene jusqu'au sommet et qui comprend pas moins de 6600 marches. Téméraires que nous sommes, il n'était bien évidemment pas question de choisir le moyen de facilité! Et afin de valoriser l'effort fourni pour gravir la montagne, le summum est de passer la nuit a son sommet pour aller voir le soleil se lever sur la plaine le lendemain matin. Apres avoir fait nos plans, la nuit étant tombée, nous sommes allés sur les étals manger quelques brochettes de rognons et de coeurs de poulets avant d'aller nous coucher sagement.

Le lendemain matin, nous avons profité du confort de notre chambre pour dormir aussi longtemps que possible. Puis, par le biais de notre auberge, nous avons réservé une chambre en haut de la montagne avant d'aller manger et acheter quelques bricoles enn prévision de l'ascension. Nous sommes repassés a l'auberge, avons pris quelques essentiels dans nos petits sacs a dos (nous avons laissé les gros a l'auberge) et avons pris un taxi pour rejoindre le pied de la montagne. C'est la que nous avons du nous acquitter des frais relatifs a l'ascension (he oui, il faut payer pour soufrir... un comble n'est-ce pas?).

Alors qu'il faisait un soleil radieux, nous avons immédiatement été accueillis par des volées de marches espacées par quelques metres de plat. Apres 1h45 de montée et un dernier raidillon d'escalier plutot éprouvant, nous avons atteint la moitié du chemin a effectuer. Nous avons fait une pause de quelques minutes en nous arretant a un étal qui vendait des fruits. Nous avons mangé une bonne tranche de pasteque qui fut tout aussi rafraichissante et hydratante. Puis nous avons repris notre chemin pour compléter la moitié qui restait en avant de nous. La, les choses devinrent plus sérieuses. Les espaces entre les marches se sont réduits comme des peaux de chagrin et la pente s'est faite plus abrupte. Il n'y avait plus de place au repos. Seul un effort intense et continu était de mise. En cours de montée, de jeunes chinois nous ont accompagné en terminant avec nous. Au sommet, nous avons rapidement trouvé notre hotel. La réceptionniste nous conduisit a nos chambres. A la vue du tapis qui témoignait d'un lourd passé de ''je m'en foutisme'' aussi bien de la part des précédents occupants (taches, brulures de fer a repasser, déterioration abusive, etc.) que de la part du personnel de l'hotel qui ne l'avait pas nettoyé depuis des lustres, nous avons immédiatement ouvert le lit (déformation professionnelle!) pour constater que le laisser aller était généralisé. Un petit rappel a notre accompagnatrice qui venait de quitter et 2 femmes de chambre débarquaient aussitôt dans notre chambre pour changer la literie. Au moins, nous dormirions dans des draps propres! Une fois cet incident réglé, nous avons été manger dans une petit restaurant non loin de la. En effet, plusieurs établissements offraient de l'hébergement et de la restauration aux nombreux pèlerins qui venaient quotidiennement passer la nuit ici afin de pouvoir admirer comme nous le lever du soleil. Le corps fatigué et le ventre rempli, nous sommes allé nous coucher en mettant le réveil a 4h00.

Quelques maigres heures plus tard, le réveil sonnait. Toutefois, dans les coridors, les portes des chambres s'ouvraient et se fermaient bruyamment les unes apres les autres, témoignant que nous n'étions pas les seuls a avoir prévu d'aller observer le soleil se lever. Un café et nous þions déjà prets. Bien couverts, nous sommes alors sortis de l'hotel. Dans le hall, des dizaines de personnes étaient elles aussi pretes a partir, bien emmitouflées dans de longs manteaux vert-kakis qu'elles louaient pour l'occasion. En passant le seuil de la porte, nous nous sommes retrouvés dans un flot continu de personnes qui arrivaient par les marches que nous avions montées la veille: ces personnes la avaient du entammer l'ascension a 2 ou 3 heures du matin pour etre la a temps. Pélerinage dites-vous? Un peu maso quand meme! Dans le noir, a la seule lueur de la lune, nous avons alors suivi le flot de personnes pour rejoindre le bout de la crete ou se trouvait l'aire d'observation. Nous nous sommes assis sur le haut de la falaise et rapidement, des centaines de personnes ont commencé a s'entasser en arriere de nous. Et aux environs de 6h15, apres avoir longuement embrasé le ciel, le soleil est enfin apparu. Apres avoir joué a cache-cache derriere une bande de nuage qui jouait les trouble-fetes, il s'est montré tout en rondeur pour éclairer la plaine. Apres avoir passé un bon moment a contempler le spectacle et a attendre que la foule diminue, nous sommes allés nous promener le long des dédalles de chemins que l'on retrouve sur la montagne. Tout a coup, une jeune fille s'avança vers Sylvie: il s'agissait de la jeune fille que nous avions rencontrée la veille accompagnée de ses amis. Ils n'étaient plus que 2 et semblaient ravis de nous retrouver. En leur agréable compagnie, nous nous sommes promenés et avons visité quelques temples avec quelques explications sur certains rituels. Un autre point curieux est que l'on retrouve des inscriptions gravées sur les immenses blocs de granit qui jalonnent ces montagnes. Elles réferent a une croyance ou a un concept de la religion. Devant un pan de mur de plusieurs centaines de metres carrés entierement gravé, nos 2 amis d'un jour nous on proposé de nous faire prendre en photo par l'un des nombreux photographes présents sur le site. Une fois le cliché pris, la photo est immédiatement imprimée et plastifiée sur place (en plein milieu de la montagne grace a une imprimante et une lamineuse cachés dans un meuble et branchés je ne sais ou!). Ils nous en ont alors offert un exemplaire, ce qui fut fort apprécié. Puis nous nous sommes quittés le temps d'aller nous reposer un peu avant de libérer nos chambres d'hotel.

Vers 11h00, nous nous sommes retrouvés tous les 4 et avons entrepris a descente ensemble. 1h15 plus tard, nous avions déjà effectué la moitié du chemin. Apres une courte pause, nous avons repris notre chemin et avons complété le trajet en 2h30. Il est en effet, un peu plus rapide de descendre que de monter! Ensuite, nous 2 accolytes ont tenu a nous faire visiter un autre endroitde la ville qui est en fait le point de départ d'un autre chemin permettant d'accéder a la mi-montagne. Mais on y retrouve surtout une immense place qui comporte d'impressionnantes sculptures dans le granit (Didier, tu aurais apprécié!), dont 12 colonnes monumentales ainsi qu'un tableau de plusieurs dizaines de metres de long.

Le temps filant et nos 2 étudiants devant reprendre un train pour Nanjin, nous les avons a notre tour accompagnés jusqu'à la gare ou il nous fallait réserver nos billets pour le lendemain afin de rejoindre Beijing. Par chance, leur présence a nos cotés permit de faciliter les choses (la caissiere ne parlant pas vraiment anglais). Puis nous nous sommes laissés la, nous retournant a notre aberge et eux attendant leur train qui partait un peu plus tard.

De retour a l'auberge, nous nous sommes reposés de notre aller-retour et de notre courte nuit avant d'aller manger une derniere fois en ville. Le lendemain matin, une mauvaise surprise nous attendait au réveil. Nos jambes étaient aussi dures que du béton et aussi douloureuses que si nous avions parcouru 3 marathons en ligne. Malgré cela, il nous falut tout de meme enfiler nos sacs a dos pour nous mettre en route. Apres quelques minutes de bus public, nous arrivions déjà a la gare pour prendre notre train express qui partait a 9h30. Et apres une vingtaine de minutes passées dans la salle d'attente, le personnel ouvrit les portes donnant acces au quai. 10 minutes plus tard, alors que nous étions confortablement installés, le train se mit en route.

A suivre...

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