vendredi 23 janvier 2009

09-01-10 Bac Ha


Le train s'ébranla. Pendant environ 20 minutes, nous avons traversé Hanoi. Le train filait tres lentement. Lorsque les rails coupaient les rues et les boulevards, des employés de la compagnie de chemins de fers tiraient manuellement de grandes barrieres afin de couper la circulation. Par moment, le train longeait des boulevards, d'autres fois il traversait littéralement les habitations. Les murs étaient si proches que nous aurions pu les toucher en sortant les mains par les fenetres. Les portes ouvertes des foyers laissaient entrevoir furetivement l'intérieur des maisons. Le salon-cuisine-salle-a-manger-chambre ou des personnes s'entassaient, en famille certainement. Une intrusion instantannée dans un quotidien si loin du notre. Dans des moeurs si différentes. Dans une culture si différente. Puis nous avons traversé cet immense pont métallique qui enjambe a riviere rouge avant de nous enfoncer dans la nuit. Il était temps de dormir, car la nuit serait courte.

Le lendemain matin, le train s'immobilisaen gare alors que nous dormions profondément. Le saut du lit fut donc rapide! Les sacs sur le dos et une derniere vérification du compartiment plus tard, nous pouvions mettre les pieds en dehors du wagon. La fraicheur nous accueillit. En sortant de la gare, il était temps de nous trouver un moyen de locomotion pour rejoindre Bac Ha. En effet, nous étions dimanche, jour du marché hebdomadaire de ce petit village nord-vietnamien, réputé pour etre tres fréquenté par les ''Hmongs fleurs'', une des nombreuses minorités peuplant cette région du Vietnam. Ce srait donc notre premiere destination ''nature''. Les rabatteurs en tous genres ont bien essayé de nous vendre la course au double du prix. Mais trop attentifs pour tomber dans le panneau, nous avons tenu bon et avons finalement trouvé un minibus qui nous y accompagnerait. Les 65 kiometres de route furent bouclés en 3 heures (cequi vous donne une idée de l'état de la route!) et vers 10h15, nous arrivions dans ce petit village fort isolé. Plusieurs minibus tout neufs stationnés sur la place principale laissaient présager que nombre de touristes venaient de Sapa (a plus de 4 heures de route) pour le marché dominical. Nous avons pris une chambre dans un des petits hotels alignés le long de la route principale et avons été a notre tour nous imprégner de l'ambiance unique de ces marchés de villages de bout du monde. Partout, des centaines de femmes portant les habits traditionnels multicolores des Hmongs fleurs parsemaient le décor de leurs teintes chatoyantes. Quel spectacle fascinant. Une fourmiliere grouillante de vie. On se bouscule. On se pousse. On s'écarte. Nombre de locaux transportent des bidons en plastique. En fait, l'alcool de riz produit dans la région est peu cher, et a l'approche de la fete du Tet (nouvel an lunaire), tout le monde fait des provisions. Une partie du marché est dédiée aux vetements ou on peut se procurer les tenues des Hmongs. Moi, ce sont des gants que je me suis procuré. Aimé et Françoise des bonnets (nous sommes actuellement en hiver et les températures descendent proche du point de congélation). Plus loin, ce sont les étals de fruits et légumes, puis de viande. La foire alimentaire rassemble de nombreuses gargottes (pas toujours tres ragoutantes!) ou les gens se restaurent a faible cout. Encore plus loin, dans une sorte de petite plaine, on vend les animaux. Vivants, évidemment. Des chevaux. Des buffles. Mais aussi des volailles. Des cochons. Des chiens. Il y en a pour tous les gouts! Finalement, en début d'apres-midi, nous avons été manger dans un petit restaurant du village. Françoise et Sylvie ont alors pris leur courage a 2 mains et sont allées se promener a pied au dessus de Bac Ha. Sur le chemin, elles ont croisé des enfants qui tiraient de grosses branches d'arbre. Elles les ont aidé et en guise de remerciements, ils les ont invité a les accompagner dans leurs maisons. Un grand moment de voyage. Le soir, nous nous sommes retrouvés tous les 4 pour prendre l'apéritif avant de retourner manger dans le restaurant ou nous avions si bien été servis a midi. Le retour aux chambres fut physiquement (et psychologiquement) relativement douloureux. En effet, pour des raisons de couts, les hotels ne sont ici pas chauffés (a moins de trouver du grand standing!). Par conséquent, il faisait un froid de canard (nos amis québécois auraient utilisé la terminologie ''frette en tab---ack'') avec une humidité a couper a couteau. A la prise de température, le thermometre indiqua un gros 12 degrés... Autant dire que dans ces temps-la, on apprécie encore plus d'etre 2 dans le lit!

Finalement, la nuit fut agréable (on dort tellement bien emitoufflés dans une grosse douillette quand il fait froid!). La douche chaude fut la bienvenue, tout comme le petit déjeuner. Toutefois, bien que nous avions initialement planifié de ne passer qu'une seule nuit a Bac Ha pour pouvoir assister au marché du dimanche, nous avons changé nos plans afin de passer une 2e nuit dans ce petit village plutot accueillant. Par le beau temps qu'il faisait, nous avons alors loué des motos pour aller explorer les environs. Ce fut un autre moment qui restera gravé dans nos mémoires de voyageurs. Nous avons gravi de petites routes le long des montagnes. En passant le col s'étallaient devant nous des vallées striées par les rizieres en étages. A perte de vue, des ''escaliers'' servant a la culture de cette céréale si chere et si nécessaire aux vietnamiens. Un décor digne d'une carte postale. La fontiere chinoise était en avant de nous. Sur le versant d'en face. Quelle drole d'impression que de se dire que nous pourrions nous tromper de route et nous retrouver bien malgré nous dans le pays du petit livre rouge... Tout a coup, nous sommes arrivés au bout de la route. Un petit village nous accueillit. Comme dans chaque village vietnamien, il y avait l'école, la grande batisse jaune, puis un dispensaire. Étonnement, sur les murs de ce dernier se trouvaient de nombreuses affiches de santé publique relativement a la grippe aviaire, le fameux virus H5N1. Des photos et du texte sensibilisaient la population au virus et ensegnaient les pratiques de base visant a réduire les risques de contamination et de transmission. Quand je pense aux fortunes que nous avons dépensé dans nos sociétés pour mettre en place des plans nationaux de pandémie et tenter de prévoir l'imprévisible, je me dis que ce dont nous avons le plus peur (les pays asiatiques) sont finalement pas si en retard que ça. Ils ont pris la mesure des risques encourrus et semblent s'etre attaqués a la base du probleme, a savoir l'éducation de la population realtivement a certaines précautions de base. Chapeau bas!

Puis nous avons repris notre route. Nous avons tourné sur un petit chemin de montagne pavé de grosses pierres afin de rejoindre un autre village, encore plus éloigné. Nous sommes montés ainsi pendant pres d'une heure. Ainsi, nous avons gravi plus de 800 metres de dénivelé pour nous rendre a pres de 1400 metres d'altitude. Nous dominions les vallées de rizieres. Ce qui nous impressiona, c'est de voir a quel point les gens ont façonné les montagnes pour les couvrir de rizieres. En effet, nous avions a l'esprit que les rizieres en étage se trouvaient généralement au fond des vallées. Mais a notre grande surprise, les montagnes étaient parfois tailladées jusqu'à leur sommet. Il est alors difficile d'imaginer la difficulté avec laquelle les personnes vont cultiver leur champ, si loin, si haut, sans aucun chemin d'acces. Quel bel exemple de courage!

Le temps se faisant menaçant, et sachant a quel point la météo en montagne peut changer en un claquement de doigt , nous nous sommes arretés a un col pour nous concerter. C'est a ce moment que Aimé s'est aperçu qu'il avait perdu les gants en cuir que le loueur de moto lui avait preté. L'idée de se faire annoncer un prix de remplacement m'inquiéta. Autre surprise: la moto d'Aimé et Françoise faisait l'objet d'une cravaison... Par chance, une des motos avait une pompe a main en dessous de sa selle. A la lumiere de ces éléments, il ne nous restait qu'a prendre le chemin du retour. Nous avons regonflé le pneu tant bien que mal, puis nous avons ''attaqué'' la descente rocailleuse que nous avions eu tant de mal a gravir. Une vingtane de minutes plus tard, apres avoir eu de la difficulté a garder nos yeux sur le guidon tellement les paysages étaient féériques, nous sommes arrivés sains et saufs au village. Nous en avons profité pour faire regonfler le pneu chez un ''garagiste'' puis avons été manger. Sylvie préférant rester au village,
aimé, Françoise et moi sommes repartis nous promener sur la route menant vers le nord, en direction de la Chine toute proche. Au retour, il était temps de rendre les motos.

La moto de Sylvie était restée garée devant l'hotel. Mais une piece (un protege cale-pied en caoutchouc) avait étonnemment disparu. Le propriétaire de la moto nous attendait gentiment a coté de son engin afind e nous le signaler... Puis, en rendant les 2 autres motos, nous avons annoncer la perte des gants. Pour les gants, ayant vec moi une paire en polaire achetée la veille au marché pour 1$, je les ai proposé en échange, ce qui sembla ravir le loueur. Ouf! Pour le cale-pied, ce fut plus compliqué. Un sourire en coin, le propriétaire me demanda 2$. Il y avait quelquechose de louche dans cette histoire. Il était trop étonnant qu'il ait retouvé sa moto garé devant l'hotel (alors que étions supposés revenir plus tard), vérifié le cale-pied, que la piece soit évidemment manquante, qu'il attende la notre retour patiemment, et qu'il flotte entre les 3 propriétaires une conivence a peine dissimulée. Je suis prêt a parier que tout était sagement organisé afin que nous leurs donnions quelques dollars de plus. Ultimement, ces 2$ ne sont que peu de choses ramenés dans notre société. Cependant, lorsqu'on sait que la location pour la journée coute 5$ et que le salaire moyen est d'environ 1$50 par jour, payer 2$ pour une piece qui vaut quelques cents ne fait aucun sens. Finalement, nous avons réglé le différent en échange de 30 cents et du briquet d'Aimé! Quant au pneu, il tenait bon, meme apres avoir roulé 1 heure. Le tout réglé, nous sommes rentrés sagement a l'hotel pour prendre l'apéritif. Apres une telle journée (!), Françoise et moi sommes allés nous faire masser, puis les filles n'ayant pas particulierement faim, c'est entre hommes que nous sommes allés manger. Nous sommes retounés dans un petit restaurant fort sympathique dans lequel il faisiat tellement froid qu'on nous amena un brasero a nos pieds afin de ne pas finir congelés! Apres ce repas toujours aussi bon, nous avons regagné nos chambres froides pour reprendre des forces car le lendemain mation, nous quittions pour Sapa, a quelques heures de route de la.

A suivre...

1 commentaire:

  1. buenos dias pareja!!

    veo que seguis en vuestro viaje por asia. No sabeis lo que os envidiamos desde españa. Muchas veces nos hemos acordado de vosotros y hemos imaginado vivir nosotros lo que vosotros estais disfrutando.
    En marzo nos vamos a ir de viaje a cuba a disfrutar un poco del calor y dejar atras el invierno con nieve que estamos pasando. Ya os contaremos que tal todo
    Para fin de año pasamos unos dias en Polonia y la verdad es que ver el campo de concentracion fue una experiencia unica. Como nevaba era todavia mas tetrico y te hacia pensar que la humanidad no es buena en general.
    Bueno, seguid disfrutando de vuestro eterno viaje
    Besos,

    Carlos y Amelie

    RépondreSupprimer