A notre demande, le bus nous ramassa a notre hotel. Les sacs a dos solidement ancrés sur le toit, nous avons pris place parmi la dizaine de locaux qui s'y trouvaient déja. Le chemin de retour vers Lao Cai (ou nous étions arrivés en train 3 jours plus tot) fut bien plus rapide qu'a l'aller. En effet, nous devoins redescendre dans la vallée, ce qui est toujours plus facile que de monter! Mais dans l'état lamentable dans lequel se trouvait la route, il était encore plus appréciable que le trajet soit rapide. Le controleur de billets nous demanda quelle était notre destination finale. Sapa. En cours de route, le bus faisait office de transport en tous genres. On s'arrete ramasser une enveloppe que lon s'arretera déposer plus tard. On s'arrete en avant de la menuiserie pour charger sur le toit du bois de coupe. On s'arrete pour prendre de gros bidons de 20 litres, remplis d'alcool de riz, que des destinataires attendent avec impatience leur précieux liquide. Tout cela en plus de s'arreter pour embarquer et débarquer du monde!
En arrivant a Lao Cai, le controleur s'adressa a nous afin de nous signifier que nous arrivions a notre point de transfert pour Sapa. Hein? Mais on avait rien demandé nous... En fait, pendant notre descente, il avait téléphoné afin de savoir qui partait de ou pour nous monter a Sapa. Quelle organisation. Bien évidemment, ce rabattage a du lui valoir un petit quelque chose. De toute façon, nous avons payé le prix ''normal'' pour cette seconde portion du trajet, et c'était bien la l'essentiel. Nous redoutions cependant le trajet Lao Cai-Sapa, car notre guide (papier) nous annonçait 2 heures de route pour couvrir les 30 kilometres. Ça promettait d'etre chaud! Mais a notre grande surprise, la montée se fit sur une route parfaite et en moins d'une heure. Quel régal! Et tout le long de la montée, nous avons pu observer des branches d'arbres rangées le long de la route en lacets, avec des personnes qui semblaient rester a cote pour les vendre. En fait, il sagissait de branches de pechers, de taillle plus ou moins imposante (jusqu'à plusieurs metres pour les plus grandes), que les vietnamiens utilisent en guise d'arbre de Noël pour le nouvel an lunaire, le Tet, qui aura lieu a la fin du mois. Ils les installent chez eux et les décorent de la meme façon que nous décorons notre sapin dans notre salon.
En arrivant a Sapa, note premiere impression fut de nous retrouver dans une station de ski alpine comme Chamonix, mais sans neige. La rue principale était bordée de bars, de restaurants et de boutiques proposant principalement des (copies d') équipements de montagne ou de vetements techniques. L'architecture héritée de la présence française complétait le sentiment. Bien évidemment, le minibus nous déposa en avant d'une guesthouse qu'il semblait bien connaître (commission oblige!). Celle-ci ne faisant pas notre affaire, nous sommes partis ailleurs a la conquete de 2 chambres. Nos criteres étaient les suivants: préférablement avec vue sur la vallée, mais impérativement avec chauffage! A midi, nous avions finalement trouvé notre bonheur. En avant des chambres, une terrasse avec une petite table et des chaises faisait face a la merveilleuse vallée de Sapa qu'un soleil radieux éclairait. C'est donc en T-shirt que nous avons pris l'apéritif, nous extasiant tous les 4 de cette vue magnifique qui s'offrait a nous.
Puis nous avons été manger, toujours sur une terrasse, afin de profiter d'un soleil dont la présence en cetet période de l'année est plutot aléatoire. Puis les filles sont allées faire un tour dans les agences afin de planifier une marche pour le lendemain. Finalement, n'étant pas des athletes accomplis (et ne voulant prendre aucun risque), nous avons opté pour une journée avec guide francophone.
Le lendemain matin, a 9h00, nous retrouvions notre guide. Elle s'appelait Thun. Nous sommes donc partis a pied (évidemment, c'était un trekking!) pour découvrir les vallées environnantes. Notre premiere surprise fut plutot macabre. Sur le chemin de terre qui quittait la route, nous avons aperçu... un seringue. Puis 2. Puis 3...Finalement, desdizaines de seringues jonchaient le sol. Avec les aiguilles, bien évidemment. Certaines avaient servi il y a seulement quelques heures (apres plusieurs années passées a les collecter dans les établissements de santé, on finit par s'y connaître un peu!). Partout, sur une centaine de metres, des seringues, des aiguilles et leurs emballages. En fait, nous traversions un endroit ou les toxicomanes de Sapa (et peut-etre quelques étrangers en manque de sensations fortes!) venaient se piquer. A vrai dire, cela casse net le charme buccolique d'une randonnée dans les rizieres... Il semblerait que la toxicomanie soit ici un véritable fléau. Il serait causé en partie par l'augmentation importante des revenus de certaines personnes travaillant dans le tourisme. C'est une explication comme une autre. Elle vaut ce qu'elle vaut. Mais personnellement, si la drogue existe partout, je ne pense quand meme pas que de pauvres paysans du Vietnam se soient mis a se piquer ainsi parce que ça les tentait. Et qu'ils aient soudainement eu les moyens nécessaires a se procurer de telles substances. Et il pourrait etre intéressant de s'intéresser d'un peu plus pres a ce phénomene afin de mieux comprendre qui sont les consommateurs, qui sont les revendeurs, et surtout qu'est-ce qui fait qu'on en arrive a une situation aussi pathétique.
Finalement, nous avons traversé notre champ d'aiguilles pour continuer sur le chemin de notre trekking. Le paysaage s'ouvrit alors sur une merveilleuse vallée toute remplie de rizieres en étage. Le panorama était absolument magnifique. Sur le bord du chemin, sur des terrains escarpés, notre guide nous montra un arbre faisant de petits fruits rougeatres. Il s'agissait de cardamone. C'était la la premiere fois que nous pouvions voir a quoi ressemble cette épice si particuliere au gout. Elle fait la ''richesse'' (la richesse étant bien évidemment quelque chose de tres relatif!) des familles qui peuvent alors s'acheter une, voire deux motos a 1000$ chaque. Puis nous avons continué notre marche. Nous sommes arrivés a un village de Hmongs noirs. Non pas que ce nom provienne de la couleur de leur peau mais plutot la couleur dominante de leur tenue vestimentaire. La simplicité (lire ''la pauvreté'') qui régnait la était déconcertante. Les enfants jouaient dehors, dans la terre, avec 3 fois rien sur le dos. Il jouaient avec des toupies en bois qu'ils lançaient sur le sol et qu'ils faisaient tourner en les fouettant avec une corde afin renverser la toupie de leurs camarades qui en faisaient autant. Plus bas se trouvai un batiment fait de vieilles planches de bois. Il s'agissait de l'école maternelle. En nous entendant, une jeune fille en sortit. Notre guide nous expliqua qu'il s'agissait de la maitresse. Nous lui avons alors demandé s'il nous serait possible d'entrer dans l'école, car nous avons emporté avec nous une grande quantité d'autocollants que nous distribuons aux enfants au gré de nos rencontres (mais jamais a des enfants qui quettent ou qui réclament). Sur l'approbation de l'institutrice, nous avons pénétré dans cette maison qui était séparée en 3 classes par des baches bleues en plastique, telles que celles que nous utilisons pour couvrir notre bois ou notre tondeuse. Dans chacune des ''salles de classe'' ainsi délimitées se trouvaient des enfants. De petits bureaux étaient alignés de chaque bord 2 par 2 sur 3 rangées, laissant un passage au milieu. Au total, 3 classes de 12 éleves. Nous sommes arivés en pleine séance d'écriture, et c'est avec beaucoup d'étonnement que nous avons vu la qualité de leur travail. Apres nous etre assurés qu'aucune regle culturelle ne serait enfreinte, nous avons alors remis tour a tour, a chacun des enfants, un autocollant. Un chien. Un chat. Un poisson ou une coccinelle. A vrai dire, ils semblerent tres surpris de nous voir la, et encore plus de se voir remettre quelquechose qui ne serait que pour eux seuls. Toutefois, tous nous envoyerent un merci empreint de simplicité et de sincérité. Ce fut pour nous 4 un modeste mais beau moment d'humanité et une belle leçon d'humilité. Puis nous sommes repartis, comme nous sommes arrivés. En essayant de ne pas trop pertuber leur travail.
En contrebas du village coule une petite riviere. Afin de concasser le riz, un ingénieux systeme de pilon mu par la force de l'eau permet de produire de la farine grace a la force de la nature. A petite échelle, certes. Mais tout de meme tres ingénieux. Les photos pareleront d'elles-meme.
Plus loin, nous avons traversé un autre village de Hmongs noirs. La encore nous avons pu observer la désuétude dans laquelle vivent ces personnes. Je pense meme qu'il doit n'y avoir que peu de différence avec la façon dont vivaient leurs ancetres. Les maisons sont sur pilotis. Partout se promenent les poules, les canards et les cochons. Les chiens courrent apres les chevres alors que les buffles brouttent paisiblement. Les parents travaillent aux champs et les enfants jouent dehors sur la terre ou dans la boue, a moitié vetus bien que nous ayons besoin de nos gants et de notre bonnet pour nous garder au chaud. Surprenante disparité entre la richesse générée par le tourisme a quelques kilometres de la (et qui engraisse une minorité de vietnamiens) et la pauvreté de ces familles de paysans qui sculptent la montagne pour y faire pousser quelques kilos de riz qui leur permettront de tenir jusqu'à l'an prochain.
Apres etre descendu au fond de la vallée, nous avons pris une petite route qui nous a menés jusqu'à un petit col qui délimitait l'entrée au village de Tafin, notre destination finale et qui était habité par des Hmongs rouges. Et afin d'apporter aux villages un revenu additionnel tout en ayant un suivi quantitatif (mais pas qualitatif!) du nombre de visiteurs qui les fréquentent, le gouvrnement vietnamien impose une taxe a chaque visiteur. Au col, notre guide a donc acquitté notre du (qui avait été payé d'avance aupres de l'agence), et nous avons pu descendre dans la vallée suivante en direction du village qui se trouvait a quelques kilometres de la. C'est alors qu'au détour d'un virage est apparue une moto sur laquelle prenaient place 2 femmes du village. Une fois descendues de leur monture mécanique, leur chauffeur reprit seul la route du villag. On nous avait averti: les femmes de ce village sont des vendeuses aguerries qui peuvent meme parfois devenir un peu insistantes (voire beaucoup!). Les jeunes femmes nous ont donc accompagnés durant les 3 kilometres menant a leur village. Elles parlaient un tres bon anglais (fonctionnel). L'habituelle série de questions ne tarda pas (De quel pays etes-vous? Quel est votre nom? Quel est votre age? Etes-vous mariés? Avez-vous des enfants? etc.). En arrivant au village, la concurrence fut plus rude. Nos accompagnatrices nous laisserent alors aller manger sans oublier de nous rappeler a maintes reprises ''after you buy from me''. Thun nous prépara un de ces plats que seuls les vietnamiens savent préparer: appétissant, gouteux, et terriblement bon! Puis, pour celles et ceux qui le désiraient, ce fut le temps de faire des achats. Tout le temps de notre repas, la nuée de vendeuses avait fait le pied-de-grue en arriere de nous, malgré le froid, histoire que nous ne les oublions pas. Aimé se révéla etre un excellent marchandeur bien que les vendeuses furent particulierement coriaces. Ce doit etre ''l'effet moustaches''! Par une temps froid et humide, nous avons fait le tour du village pour finalement prendre le minibus qui nous raccompagna jusqu'à Sapa. Le soir, repas puis dodo apres cette belle journée de plein air.
Le 15 au matin, nous nous sommes levés tranquillement pour aller déjeuner. Pas n'importe ou, mais chez ''baguette et chocolat''. Oui, je sais. Tres français comme nom. Mais tout comme ''friends'' a Phnom Penh (pour celles et ceux qui ont lu le post), il s'agit d'un organisme qui vient en aide aux enfants des rues afin de leur donner un métier. Ainsi, dans cette patisserie – restaurant, on leur apprend les métiers relatifs a la retauration (fabrication, service, etc.). Par la suite, nombre d'entres eux peuvent se trouver un emploi dans le secteur du tourisme qui est, bien évidemment, florissant dans la région. Une autre façon de joindre l'utile a l'agréable.
Puis nous avons pris le chemin du jardin aux orchidées, sur les hauteurs de Sapa. Comme son nom l'indique, on y retrouve une collection tres impressionante d'orchidées, tant par la quantité de plants que par le nombre de variétés. Bien malheureusement, étant de passage quelques semaines avant leur floraison, c'est en bourgeons que nous avons pu les observer. Puis nous avons continué le chemin qui d'en allait plus hat. Celui-ci menait a un belvédere surpombant la vallée. Quelle vue somptueuse de Sapa et de ses environs. Et quel exercice que de gravir les centaines de marches pour y parvenir! Puis la journée avançant, nous sommes redescendus pour finaliser quelques achats puis manger. Notre destination pour nous rassasier fut le marché. Aux milieu des étals, un rayon de soleil éclaira la table ou nous allions manger. Le choix fut judicieux car notre assiette de pates au poulet fut absolument divine. Puis nous sommes retournés tranquillement a l'hotel ou le minibus pour Lao Cai passait nous récupérer a 17h00. En effet, le soir meme, nous reprenions le train de nuit pour Hanoi. Et ça, évidemment, ce sera une autre histoire!
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