
A la vue de la difficulté a rejoindre cette ville et la relative jeunesse du festival des éléphants (c'était seulement la 3e édtion cette année), nous nous attendions a quelquechose de relativement modeste. Mais lorsque le minibus est arrivé dans la plaine des activités, nous avons tout de suite compris que l'ampleur serait tout autre de celle que nous pensions. Partout, des centaines d'étals de vendeurs d'articles en tous genres (vetements, quincaillerie, nourriture, stands de jeu, artisanat, etc.). Une scene de spectacle tronait au milieu d'un champ. Et au loin, des éléphants. Beaucoup d'éléphants!
Le tuck-tuck nous a donc déposés devant le gymnase de la ville ou se tenait l'équipe assurant la gestion des ''homestays''. En fait, quelques mois auparavant, l'organisation avait fait un appel aux habitants de Xayabury afin de savoir qui serait intéressé a accueillir des visiteurs chez eux. Nous avions donc réservé par courriel afin de dormir selon de mode d'hébergement appelé ''homestay'' (logement chez l'habitant). On nous avait logé dans la maison No27, qui se trouvait non loin de la. On nous a également remis une carte du site du festival qui nous a permis de réaliser l'ampleur de l'événement. Nous avons donc sanglé nos sacs a dos et nous sommes mis en quete de ladite maison No27. Elle se trouvait de l'autre coté du pont enjambant la riviere, tout juste a la sortie du site du festival. En arrivant, nous nous sommes retrouvés dans une sorte de petit hangar en bois dans lequel avaient été aménagées 5 chambres. Des personnes s'affairaient a nettoyer les lieux qui avaient besoin d'un sérieux coup de balai. D'autres visiteurs semblaient déjà avoir pris place dans des chambres. Cela nous inquiéta quelque peu car le lendemain, ma cousine Delphine, son mari, leurs 3 enfants et una autre couple d'amis devaient nous retrouver dans ce meme endroit, mais il ne semblait plus y avoir de places disponibles malgré le fait que nous avions réservé. Qui plus est, il me fut impossible d'expliquer la situation a nos hotes du fait qu'ils ne parlaient pas un mot d'anglais... Pas rassurant, mais comme le dit souvent un bon ami, ''dans la vie, il n'y a pas de problemes... juste des solutions'' (n'est-ce pas Alain?). Finalement, un vieux laotien voisin qui parlait français vint a notre rescousse et permit de rétablir la communication. La situation était claire et tout le monde aurait un lit demain soir. Quant a nous, on nous installa dans un une chambre ou était déjà installé quelqu'un. Nous partagerions donc nos quartiers avec Glen, un anglais venu lui aussi pour le festival. Les chambres étaient sommaires, c'est a dire un matelas par terre, une couverture et une moustiquaire. Cependant, malgré l'apparente désorganisation qui semblait régner, on avait mis a la disposition de chaque visiteur une serviette, du savon et du shampoing. Les toilettes étaient dehors, a la turque, tandis que pour la douche, ce serait a l'eau froide et au baquet. Rudimentaire mais efficace.
En fin d'apres midi, nous sommes retournés sur le site du festival pour nous donner un meilleur aperçu de ce qui s'annonçait pour les 2 prochains jours. Un programme détaillait de ce qui allait s'y passer, heure par heure. Cette plaine des activités comportait de nombreux sites qui seraient utilisés au cours du festival, tant pour le divertissement ( la scene pour les spectacles, le cinéma en plein air, les jeux pour les enfants, etc.) que pour les événements reliés directement aux éléphants (la zone de démonstration de travail, le lieu de la cérémonie de bénédiction, le départ des promenades, le bain, le buffet, etc.). Outre l'étendue physique et géographique du festival, nous avons été impressionnés par le nombre de visiteurs. En effet, a la tombée de la nuit, des milliers (et plus certainement des dizaines de milliers) de personnes ont afflué sur le site pour rendre part a la premiere des activités, soit un concert sur la scene principale. Une véritable marée humaine déferlait, engorgeant le pont qui arrivait depuis la ville et remplissant les stationnements de véhicules. Alors que la fraicheur et l'humidité avaient chassé la chaleur toride de la journée, il était temps pour nous d'aller nous coucher.
Le lendemain matin, malgré le bruit ambiant qui avait commencé a 4h30, nous nous sommes levés a 6h30 car l'ouverture officielle du festival avait lieu a 8h00 au stade de la ville. Mais alors que nous déjeunions sur le bord de la rue, la marée humaine de la veille semblait s'etre inversée des milliers de personnes convergeant a présent vers le stade de la ville. Arrivés au stade, apres avoir passé la sécurité et la fouille (étonnat si loin de tout!), nous nous sommes retrouvés devant une scene étonnante: des milliers de personnes entourant un immense terrain sur lequel prenaient place fanfarres, majorettes, porteurs de drapeaux et groupes en costumes traditionnels qui représentaient les différentes régions. En avant d'eux, sur une immense scene arborant conjointement le drapeau laotien et la banniere rouge flanquée du marteau et de la faucille, se trouvait une immense table en arriere de laquelle prenait place une brochette impressionnante d'officiels, confortablement installés dans de gros fauteuils de bureau et de gros canapés de cuir. S'y trouvaient le vice premier-ministre, nombre de ministres et encore plus de dignitaires de haut rang. Un discours tres ''formel'' eut lieu, tout le monde a applaudi lorsque demandé, et la cérémonie d'ouverture a commencé. Digne des jeux olympiques, mais en version Xayabury, Laos. 2 porteurs de drapeaux (devinez lesquels!) ont ouvert le défilé. La fanfarre les a suivis. Et d'en arriere d'un bosquet jouxtant le terrain sont apparus les éléphants, certains étant vetus de grands tissus traditionnels. Ils ont défilé ainsi devant les officiels avant de prendre la grande rue rectiligne qui menait a la plaine des activités. Tout le long de ce long boulevard, des milliers de personnes avaient pris place pour saluer le passage de ces animaux tant vénérés, les gater de fruits et de canne a sucre, et accessoirement se faire prendre en photo en avant de ces mastodontes. De notre bord, malgré la foule, Céline (la française que nous avions rencontré quelques jours auparavant a Dondet) nous avait retrouvés. Elle avait fait 3 jours et 2 nuits de bus pour assister au festival. Elle était arrivée la veille mais avait eu besoin d'un peu de repos pour reprendre le dessus...
Tous les 3, nous avons alors imité les gens en rejoignant lesite du festival. Arrivés au pont en avant de notre homestay, les éléphants bifurquaient sur le coté afin de rejoindre la riviere. C'est donc par l'eau qu'ils la traversaient, donnant aux spectateurs amassés sur le pont une scene absolument merveilleuse: ces pachydermes dirigés par leur cornac (ou ''mahout'' en lao) passant a gué offraient un spectacle somptueux. Puis nous avons été nous promener au milieu des des activités. L'espace de démonstration de travail: 4 éléphants montraient leur savoir faire pour tirer avec des chaines, faire rouler avec leurs pattes ou soulever avec leurs défenses des troncs d'arbres de plusieurs centaines de kilos. L'espace photo: des éléphants et leur cornac se pretaient généreusement aux objectifs des visiteurs en prenant sur leur dos les enfants ébahis par cet animal massif et si gracieux a la fois. La zone de promenades: bien évidemment, moyennant finances, il était possible de faire des tours a dos d'éléphant, ce que des milliers de personnes n'ont pas manqué de faire durant ces 2 jours. Le baci: il s'agit de la cérémonie de bénédiction chez les boudhistes. Les cornacs et leur éléphant se sont installés en rond autour d'une immense sculpture composée de fleurs et en avant de laquelle se trouvainet des moines drappés de lur sarong orange. Ils ont déployé un long fil de cotton qui permit de connecter les animaux, leur dresseur et les moines. S'en suivit la cérémonie du baci au cours de laquelle se succéderent chants, ofrrandes et bénédiction. Pendant 30 minutes, sous un soleil de plomb, les pachydermes sont restés ainsi, immobiles face a la scene, sans montrer trop de signes d'impatience. Ax environs de midi, le soleil ayant atteint son zénith et la chaleur devaenant particulierement difficile a supporter pour les occidentaux que noussommes, les activités furent suspendues jusqu'en milieu d'apres midi. La plaine des activités se vida alors aussi vite qu'elle ne s'était remplie, la marée humaine empruntant le chemin de retour. Nous avons alors été manger puis, la chaleur empechant toute activité extérieure, nous sommes allés nous reposer dans notre ''chambre''. Aussi exténuée que nous, Céline s'endormit sur une pile de matelas posés par terre. En milieu d'apres midi, nous avons été réveillés par des voix d'enfants auxquels Céline répondit ''tiens, je crois que la famille de Marius vient d'arriver''! Ma cousine Delphine (pour les adeptes du blog, c'est la fille de Claire avec qui nous sommes allés au Maroc et que nous avons recroisée a Hanoi), Alexandre son conjoint, leurs 3 enfants (Louise, Félix et Ninon) et un couple d'amis a eux (Stéphane et Fanny) venaient tout juste d'arriver de Luang Prabang. C'est donc en famille que nous avons passé le reste de l'apres midi a nous reposer. Qui plus est, plusieurs annes s'étant écoulées depuis la derniere fois que nous nous étions vus, et n'ayant pas encore eu la chance de connaitre mes petits cousins et cousines, il va sans dire que nous avons refait un peu le Monde et discuté des dernieres nouvelles de la famille.
En fin de journée, nous sommes tout de meme retournés du coté des activités pour profiter de l'action. Et pendant que les grands savouraient sagement une bonne ''beerlao'', les enfants ont eu bien du plaisir a jouer dans les gigantesques jeux gonflables présents pour l'occasion et a lancer quelques fléchettes a l'un des nombreux stands de ballons. La journée ayant été bien remplie pour tout le monde, nous sommes rentrés tot pour etre en forme pour le lendemain.
Le lendemain matin, la procession des éléphants partait a nouveau du stade de la ville pour défiler sur la rue principale (qui passait en avant de notre homestay). Sachant qu'ils n'emprunteraient pas le pont mais traverseraient par la riviere, nous sommes partis nous installer sur la rive opposée pour mieux les voir traverser. Avec Louise et Félix, nous avons mis les pieds dans l'eau (jusqu'à mi-cuisse) pour nous poster aux premieres loges, une sorte d'ile formée au milieu de la riviere. Les éléphants allaient passer a quelques metres de nous. Et alors que je finissais de faire traverser Louise (qui a traversé a sec dans mes bras!), les pachydermes se sont montrés sur la rive droite. Un a un, ils sont descendus et ont allegrement franchi le metre et quelques d'eau qu'il devait y avoir. Ils ont ainsi défilé a tour de rôle a une dizaine de metres de nous. Il est alors étrange de réaliser qu'on peut passer en si peu de temps d'un sentiment d'infinie confiance a un sentiment de petitesse indescriptible! Cette situation privilégiée nous alors permis de bien voir comment les éléphants étaient dirigés par leur dresseur. Celui-ci était assis sur la tete de l'éléphant, ses pieds et ses jambes placés en arriere des immenses oreilles de la bete. Dans sa main, il tenait un baton muni d'une pique métallique. C'eat donc grace a une savante combinaison de mots, de mouvements de ses pieds et de ses jambes, et de manpulation de sa pique métallique sur le crane du pachyderme (sans le blesser car la peau es particulierement épaisse!) que le cornac donnait ses ordres au pachydermes qui s'exécutait sans trop rechigner. Cela paraissait si facile... Et pourtant!
Alors que les éléphants se succédaient (plus de 60 d'un coup, ça fait pas mal!), les premiers du défilé ont commencé a prendre leur bain en arriere de nous. Débarassés de l'attirail qui leur permet de transporter des personnes, ils se dirigeaient dans le centre de la riviere avec leur cornac sur la tete. La, on pouvait observer toute la force du dressage dont avait fait preuve chaque animal. Mais en meme temps, on ne pouvait qu'admirer la grace et l'agilité que ces derniers savaient déployer en se retournant et en se secouant sans jamais écraser leur frele dresseur. Une complicité évidente entre l'homme et l'animal qui devait donner des résultats spectaculaires dans le travail quotidien. Sur commande, les éléphants se baissaient, se couchaient, mettaient la tete sous l'eau, frappaient la surface de l'eau a l'aide de leur puissante trompe ou bien encore relevaient leur patte avant a 90 degrés pour permettre a leur dresseur de remonter seur leur tete si celui-ci avait glissé a l'eau!
Apres cet épisode unique qu'eat le bain des éléphants, nous sommes tous partis vers la plaine des activités. Nous avons ainsi fait en famille le tour des évenements jusqu'en fin de matinée. La chaleur aidant, nous avons mis le cap sur une terrasse de restaurant ombragée qui surplombait la riviere. Chanceux que nous sommes, plusieurs éléphants ont profité de la pause de mi-journée pour venir se baigner a nouveau, juste en avant de nous, s'offrant un rafraichissement bien mérité.
En soirée, nous sommes retournés une fois de plus vers les activités dont la fin était proche. Un dernier spectacle allait clore une fin de semaine bien chargée, tant pour les visiteurs, les animaux, leurs dresseurs que les organisateurs.
Le lendemain matin, n'étant au Laos que pour quelques jours, Stéphane et Fanny sont partis de bonne heure pour attraper le bus de Luang Prabang. Le reste de la famille est resté une journée de plus. Apres un réveil rythmé par le chant des coqs et un petit déjeuner relax, nous sommes partis tous les 7 vers le marché pour acheter de quoi manger a midi. Puis nous avons rejoint la riviere ou nous avons trouvé un petit coin d'herbe ou nous poser. Alors que les enfants batifollaient dans l'eau, le pique-nique s'étalla jusqu'en milieu d'apres midi. Le soir, personne ne fit de folies et c'est bien tot que nous nous sommes mis au lit. Car le lendemain matin, nous repartions vers Luang Prabang.
A suivre...
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