lundi 23 mars 2009

09-03-03 Muang Ngoi, prise 2

 
Au réveil, le soleil n'était pas encore levé. Non pas qu'il était particulierement tot, mais tout simplement qu'il n'était pas encore parvenu assez haut dans le ciel pour dépasser les montagnes qui nous entouraient. Finalement, un gros point rougeoyant apparu. Mais tout a coup, a cause du contraste thermique entre les chauds rayons du soleil et la fraicheur humide de la foret, la vallée s'emplit de nuages, presque instantanément. Au point que le soleil disparut a nouveau, ne laissant deviner sa présence que par un triste halo lointain. Puis la chaleur prit le dessus et dissipa a nouveau les nuages, laissant reaparaitre le décor enchanteur dans lequel nous nous trouvions. 2 levers de soleil pour une meme journée!

Plus tard, nous avons retrouvé Florian et Sabine pour déjeuner. C'est alors que nous avons décidé de ce que nous allions faire de notre journée: nous avions appris que des chutes d'eau apparemment tres belles se trouvaient un peu plus bas dans la vallée. Pour s'y rendre, il fallait prendre un bateau pour rejoindre un village plus au sud, puis marcher environ 1 heure pour se rendre jusqu'aux cascades. Ne reculant devant aucun défi (celui-ci était particullierement raisonable!), les filles sont parties a la conquete d'un bateau. A midi, nous prenions place dans l'embarcation pour 30 minutes de descente. Nous avons débarqué au village ou bien évidemment, apres avoir payé un droit d'acces au site (!), un jeune homme nous a proposé ses services pour nous conduire jusqu'au site des chutes. Nous sentant confiants de trouver facilement (apres tout, si c'est si beau, bien du monde vient ici... il nous suffirait don de suivre le chemin!), nous avons décliné poliment son offre et nous sommes dans la direction qu'on nous avait indiqué. Une curiosité attira notre attention. Le long du chemin, des poteaux en bambou soutenaient une dizaine de lignes électriques différentes, faites de fil datant d'un autre temps et attaché par de simples morceaux de scotch (ruban gommé). Toutes ces lignes partaient directement en direction de la petite vallée au fond de laquelle se trouvaient les montagnes. Étonnant... ils doivent apporter l'électricité jusqu'à des cabanes qui doivent s'y trouver... Nous avons continué sur le chemin qui longeait une petite riviere. De l'eau... on a qu'a remonter le long et nous devrions arriver directement aux cascades. Élémentaire. Le chemin traversa la riviere. Nous avons continué encore. A un moment, nous avons été étonnés par le manque de traces de chaussures sur le chemin malgré la fréquentation réguliere de l'endroit par des touristes. Les touristes portent toujours des chaussures, des tongs, des gougounes de plage, mais sont rarement pieds-nus lorsqu'ils partent en balade. Qu'importe... nous avons tout de meme poursuivi notre chemin. Nous avons traversé des champs occupés par d'énormes buffles qui se roulaient dans d'immenses flaques de boue. Nous avons remonté a contre courant la riviere. Nous avons traversé des rizieres. Nous avons enjambé des barrieres. Nous sommes passés dans des forets. Mais apres 1h30 de marche, toujours pas de chutes. Cessant d'écouter notre orgueuil et nous pliant a notre raison, nous avons fait demi-tour, le couteau dans l'ame. En redescendant, nous avons croisé des laotiens qui coupaient du bois. L'expression sur leur visage en nous voyant nous fit tout de suite comprendre que nous n'étions pas au bon endroit. En effet, leur non verbal sembla dire: ''tiens, des touristes par ici, c'est tellement rare d'en voir de si proche!'' Finalement, en leur disant ''waterfall'', ils ont vite deviné ce que nous cherchions. D'un geste de la main, un vieil homme a balayé les feuilles pour dessiner parterre 2 ronds ''mountain'', un trait sinueux ''river'', et un ''X'' ''waterfall''. En effet, il y avait bien un croisement entre 2 rivieres. Nous avions choisi le mauvais coté! Nous avons donc refait a l'envers le chemin. En aperevant de loin ou l'autre riviere devait etre, nous avons coupé a travers les rizieres. En marchant sur les murets de glaise formant les paliers et en considérant que nous sommes a la saison seche, nous avons eu un aperçu de la difficulté que doit etre le travail dans les rizieres lorsque l'argile transforme chaque pas en aventure, faisant risquer la chute a chaque fois que vous mettez un pied parterre. Finalement, nous avons retrouvé la riviere tant attendue. Nous lavons alors remonté jusqu'à entrer dans un environnement bien plus humide et plus arboré. Au fur et a mesure que nous avancions, la riviere se changeait en petits bassins qui se deversaient les uns dans les autres. Puis les bassins se sont agrandis. Les chutes sont devenues toujours plus hautes. Les pieds dans l'eau, nous avons remonté tous ces étages. A un moment, un escalier en bambou avait été aménagé pour gravir une cascade d'envriron une dizaine de metres. Nous avons continué ainsi jusqu'à arriver a une cascade magnifique, d'environ 20 metres de haut. Un peu vidés par les efforts fournis pour arriver jusque la (en considérant que nous avions pris le chemin des écoliers!) et trempés de sueur, il ne nous restait plus qu'a nous jeter dans cette baignoire naturelle turquoise qui nous tendait les bras. La fraicheur de l'eau contrasta avec la chaleur qui régnait. Mais quel régal de se sentir ainsi, dans un endroit aussi idyllique que lorsque Tom Cruise se baigne sous les cascades Jamaique dans le film ''cocktail''.

Apres un bon bain, il était déjà temps de rentrer retrouver notre bateau qui nous attendait. Le retour fut bien évidemment plus rapide que l'aller. En redescendant, nous avons traversé une petite vallée de rizieres en palier qui étaient cultivées. Quel spectacle splendide que la lumiere du soleil déclinant qui illuminait les rizieres de leur vert étincellant. Certaines photos prises a cete occasion feront cetainement partie des meilleures du voyage. Puis nous avons traversé a nouveau la riviere, celle que nous aurions du traverser a l'aller. Un autre détail attira notre regard. Au milieu de la riviere, des sortes de petits barrages avaient été aménagés, obligeant l'eau a passer par une sorte d'entonnoir en béton qui créait alors une petite chute d'éau artificielle. Et dans cette chute se trouvaient des tiges métalliques pourvues d'une hélice et surmontées d'une sorte de moteur électrique dont partait un fil... supporté par des bambous! En fait, il s'agissait de mini-centrales hydro-électriques. Les habitants utilisaient la force de l'eau de la riviere pour faire tourner une hélice qui entrainait un générateur, produisant ainsi l'électricité nécessaire a leurs modestes besoins quotidiens. Les fils que nous avions vu en début d'apres-midi provenaient donc chacun de l'une de ces mini-centrales.

Finalement, nous sommes arrivés au village ou nous atetndait bel et bien notre bateau. En passant a travers les maisons, je n'ai pu m'empecher d'imaginer le jeune homme qui nous avait proposé ses services pour nous conduire jusqu'aux chutes. S'il nous a vu, il a du rire un bon coup en sachant que nous avions pris autant de temps pour faire l'aller-retour jusqu'aux cascades!

La remontée de la Nam Ou se fit sans embuches, nous offrant une fois de plus le spectacle merveilleux de la vie s'éparant d'une riviere au coucher du soleil. Le soir, nous avons mangé dans un restaurant dont l'enseigne disait sans remords: ''nous servons aussi de la nourriture laotienne'' (cette petite phrase donne a elle seule une idée des effets pervers et catastrophiques que nous, touristes, avons sur les communautés autochtones, en ne nous intéressant pas réllement a leur culture et en nous attendant a retrouver systématiquement nos standards, meme a l'autre bout du monde, perdus dans les montagnes laotiennes). Nous étions tous les 4 emballés a l'idée de manger dans un restaurant dont la carte sortirait des traditionnels ''omelette – riz frit au poulet – nouilles frites au porc''. Devant une carte aussi intéressante, nous avons finalement consentis tout naturellement de mettre en commun nos expériences culinaires. Les plus extaordinaires ont consisté en des pousses de bambou au porc et des fleures de bananiers en sauce. Un pur délice pour les papilles, tout d'abord, mais aussi pour l'esprit en se disant qu'on a vraiment mangé quelque chose d'exotique, de différent... de laotien finalement! Et alors que nous mangions, une personne qui passait dans la rue s'écria ''eh, salut vous 2!''. Il s'agissait d'une française que nous avions rencontrée 1 mois ½ plus tot a Kampot, au Cambodge. Quand on vous disait que ke monde est pas si grand que ça! Finalement, tous ensemble, nous sommes allés prendre un verre au ''bar'' du village. Un petit endroit fait de bambou et aménagé de façon fort agréable. Mais a 22h30, couvre-feu oblige (c'est la Loi au Laos!), on nous a gentiment demandé de regagner nos guesthouses pour la nuit... De toute façon, les génératrices venaient d'etre arretées, ce qui venait de plonger le village dans le noir! C'est donc a la lumiere de nos frontales que nous avons repris le chemin de terre faisant office de rue principale pour rejoindre notre lit.

Le lendemain matin, nos sacs sur le dos, nous avons rejoint le grand escalier menant a la riviere pour prendre le bateau du retour. Il nous conduirait a Non Khiew ou Florian et Sabine prendraient un autre bateau pour Luang Prabang alors que nous, nous resterions une nuit dans le village avant de rejoindre Luang Prabang le surlendemain. Un dernier petit déjeuner avec vue sur la riviere et il était déjà temps d'embarquer.

A suivre...
Posted by Picasa

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