
A la vue du nombre de personnes ayant un sac a dos sur les épaules, il était bien évident qu'il nous faudrait plusieurs embarcations pour transporter tout ce petit monde de voyageurs. Chanceux, nous sommes montés parmi les premiers dans un bateau qui offrait a ses occupants quelques petites chaises en bois, certes inconfortables pour nos postérieurs occidentaux mais toujours plus agréables que la planche en bois sur laquelle on s'entassait en arriere. Une fois les boites remplies de sardines (!), le pilote a pris place dans sa chaise, tout en avant du bateau, et a démarré le moteur. Ou plutot a fait rugir le moteur. Car rappelons-le, ces bateaux sont propulsés par des moteurs de voiture auxquels on a retiré l'échappement, bien entendu. Une raison de plus d'apprécier d'étre en avant! Dans ce brouhaha, nous avons tout de meme pu admirer une derniere fois les charmes de la riviere Nam Ou alors que nous rejoignions Nong Khiaw.
La, nous avons quitté Sabine et Florian. En effet, ils prenaient un autre bateau pou rejoindre Luang Prabang alors que nous allions passer une nuit dans ce petit village minuscule mais O combien sympathique. Nous sommes alors restés un peu sur la rive de la riviere, en attendant qu'ils s'éloignent, nos sacs a dos posés dans le sable. Une fois que leur bateau eut disparu au loin, nous avons gravi le méga-escalier qui permet de rejoindre le village. Des dizaines de marches abruptes avec plus de 20 kilos sur le dos et par une chaleur écrasante, ça a de quoi vous donner le goût d'attendre le prochain bateau pour ne pas devoir affronter cette terrible épreuve!
Quelques minutes plus tad, nous avions trouvé une chambre ou passer la nuit. Lors de ma venue il y a 3 ans, j'avais passé une nuit dans ce petit village. Un peu nostalgique, je me suis tout naturellement informé pour relouer un petit bungalow en bambou, fae a la riviere, a la meme place ou j'avais déjà dormi. Le prix était alors de 3$ par nuit. Mais a ma grande surprise, pour la meme hutte, on me demandait aujourd'hui 10$. Tout simplement. Wow. On appelle ça de l'inflation! Est-ce qu'ils savent qu'une crise féroce ronge le Monde en ce moment? Est-ce qu'ils réalisent que la tendance est plus a l'amincissement des prix qu'a leur explosion? Bref, nous nous sommes alors contenté d'une chambre qui fut toutefois plus confortable que ladite hutte. Apres avoir été manger, nous avons alors pu prendre le temps de rédiger un peu de texte pour le blog et trier quelques photos en prévision de leur mise en ligne dans les prochains jours. Le soir, nous avons mangé, entres autres, une tres bonne salade de papaye verte, pimentée a souhait.
Le lendemain matin, nous repartions sur Luangprabang ou nous allions passer 3 nuit (nous avions un vol pour Bangkok le 9 mars). Nous avions le choix d'y aller en bateau, qui redescend la Nam Ou en 6 heures environ, ou bien en ''transport collectif'', une sorte de tuck-tuck amélioré dans lequel rentrent jusqu'à 12 personnes (on les met ou les 12 personnes?), moins bucolique que le bateau mais moins cher (beaucoup moins!) et plus rapide (3 heures). Nous avons donc opté pour ce dernier moyen de locomotion. Apres avoir laissé partir le voyage de backpackes qui s'entassaient a 9h00 du matin, nous avons prs celui de 11h00. Bonne idée car nous étions seulement 8 personnes. Quelle chance!
Arrivés a Luangprabang, nous nous sommes faits déposer dans le centre. La encore, ayant un excellent souvenir de la place ou j'avais passé quelques jours en 2006, nous nous sommes rendus a cette guesthouse. Le quartier (le vieux Luangprabang) est composé de petites ruelles bordées de grosses maisons, converties en guesthouses pour la plupart. Tiens, il ne me semblait pas qu'il y en avait autant. Et que de beaux établissements. Plusieurs subissent des travaux de rénovation majeurs. Arrivés devant mon ex-guesthouse, j'ai vite compris que les choses avaient changé. Il y a 3 ans, la dame nous recevait chez elle. Dans la piece du bas, une petite table sur la gauche lui servait de bureau, de comptoir et d'entreposage. C'est en arriere de cette table que, le soir venu, elle déroulait son matelas pour dormir. Les chambres étaient modestes mais propres. Les toilettes communes. J'avais alors du payer 2 ou 3 maigres dollars pour rester dormir la. Mais aujourd'hui, la batisse a été totalement restaurée. La grande piece est superbe, les murs jaunes ornés de miroirs et tableaux. La petite table a disparu. Au milieu de la piece, un petit ilot permet de prendre un café. J'imagine que le reste de la maison a du subir la meme cure de rajeunissement. Je crois reconnaître la dame et lui demande tout bonnement le prix d'une chambre pour 2. Et la, le couperet tombe: 30$. Ouf... ça vous calme un backpacker! Finalement, nous avons erré dans les ruelles transversales et avons déniché une petite chambre dans une guesthouse bien plus modeste pour environ 10$. Un peu abasourdis par les événements et la chaleur, nous avons flané dans les environs pour le reste de la journée.
Le lendemain matin, nous avons été louer un vélo. Muni d'un siege et d'une sorte de strapontin en arriere pour pouvoir transporter un passager. Ainsi, j'ai conduit Sylvie a travers la ville (qui comporte tout de meme quelques faux-plats plutot éprouvants). Nous en avons profité pour nous renseigner sur les activités a faire. Nous sommes également allés au marché chinois, un peu plus loin dans la ville. Un gos marché ou l'on trouve de tout, du cellulaire au sous-vetement, du jaret de porc a la machette, du seau en plastique au pneu de vélo. En apres-midi, retour au centre pour flaner a nouveau et réserver une activité pour le lendemain. Le soir, nous avons mangé une fois de plus sur les étals du marché de nuit avant d'aller nous coucher.
Le 3e jour, nous avons du mettre le réveil pour nous réveiller car a 8h00, il nous fallait etre a notre point de rencontre: un petit bar-restaurant tout juste en arriere de notre guesthouse. La, notre guide vint nous chercher et nous sommes partis tous les 3 en tucktuck jusqu'au local de la compagnie. Nous allions, entre autre, faire du vélo autour de Luangprabang. Apres avoir trouvé les moins pires des 4 vélos disponibles (!), nous nous sommes mis en route. Apres un peu d'asphalte, nous avons tout de suite bifurqué sur des chemins en terre. Sur la route, nous nous sommes arretés devant la tombe de celui qui n'était jusqu'alors (et n'aurait pas du etre!) qu'un illustre inconnu: Henri Mouhot. C'est en effet a ce français que nous devons la merveilleuse découverte des temples d'Angkor, dans la jungle cambodgienne. Et c'est la, au milieu de la foret laotienne, que repose son corps, dans une scépulture modeste qui fait face a une riviere. Puis nous avons repris nos formidables vélos en kit pour rejoindre le ''highlight'' de notre journée. Apres quelques kilometres, nous sommes arrivés dans un camp récréo-touristique. Apres avoir consciencieusement rangé nos vélos, nous avons rejoint un grand terrain ou se trouvaient... des éléphants. En effet, lors du festival de Xayabuly, nous n'avions pas saisi l'occasion de monter sur ces énormes animaux. Mais ne voulant pas quitter l'ásie sans avoir expérimenté une telle sensation, nos avons profité de notre passage a Luangprabang pour réaliser ce voeux. Quelques minutes plus tard, nous étions sur le dos d'un pachyderme, confortablement assis dans un palanquin. Avec le cornac sur la tete de l'animal, nous avons fait un tour d'environ 1 heure autour du camp. La descente jusqu'à la riviere était impressionante, alors qu'on a le sentiment que l'animal va passer ''cul par dessus tete''. Autre moment fort: la traversé de la riviere, quand l'eau monte et que l'éléphant doit sortir sa trompe de l'eau pour respirer dans un souffle impressionnant. Mais le summum, c'est quand le cornac se retourne et nous dit: ''vous voulez venir a ma place?''. Quelle question! Sylvie a alors sauté la premiere sur la tete du gros animal. Le cornac, lui, est finalement descendu de la bete pour nous laisser tous les 2. Ne vous en faites pas trop quand meme, les animaux sont habitués... et le cornac n'est jamais tres loin, toujours vigilant aux moindres faits et gestes de l'animal. J'avais un peu le sentiment de ces explorateurs ou marhadjas qui sillonnaient les terres sur ces animaux tout aussi imposants que gracieux. Finalement, nous avons échangé nos places et j'ai pu expérimenter la sensation de se retrouver perché sur la tete d'un éléphant, les pieds calés derriere ses oreilles, les mains posées sur sa peau épaisse et ses poils drus commes du métal. Quelle sensation unique, magique, et inoubliable. Apres une heure avec des sourires dignes de ceux d'enfants qui voient le pere Noël en vrai (si, si, je vous promets), il était temps de redescendre de notre éléphants tout en demeurrant dans les nuages. Nous avons mangé sur place (c'était inclus dans notre journée) puis un bateau nous a conduit un peu plus haut sur la riviere ou se trouvent des chutes a priori magnifiques. Le seul ''hic'', c'est que nous sommes actuellement en période seche. Autant dire que les somptueuses cascades ressembalaient plus a un robinet qui fuit. A tel point qu'un énorme tuyau a demi-enterré apporte de l'eau en amont des chutes pour qu'il y ait au moins un peu d'eau qui y coule, faute de quoi le site serait sans intérêt aucun, d'ou une disparition pure et simple des touristes en cette période de l'année. Un peu comme si les chutes de Niagara étaient a sec en période estivale et qu'on devait y verser de l'eau en amont afin qu'il y ait un peu d'eau pour amuser la galerie...
Apres cette escapade, nous sommes revenus au camp ou nous avons enfourché nos vélos pour prendre le chemin du retour. Le guide nous proposa 2 options: le meme chemin qu'a l'aller ou un autre, a peine plus long. Appreciant la découverte, nous avons opté pour la 2e option. Malheureusement, cette derniere comportait une petite partie de chemin et une grande partie de route nationale. Avec des montée particulierement difficiles. Surtout par 35 degrés. Autant vous dire que nous avons apprécié notre arrivée a Luangprabang! Le soir, habituel repas sur le marché pour finir en beauté notre dernier passage dans cette ville tout aussi reposante qu'envoutante.
Pour notre dernier matin, apres avoir fat un tour au superbe marché du matin, nous nous sommes payés le luxe d'un excellent petit déjeuner dans un bistro ou nous avios déjà été avec Delphine, Alexandre et les enfants. Puis il était déjà temps de regagner la guesthouse pour mettre nos sacs dans un tuck-tuck en direction de l'aéroport. 30 minutes plus tard, nous avions déjà enregistré nos bagages. Quelques minutes d'attente et nous embarquions dans notre avion d'air Bangkok en direction de la capitale Thailandaise. Et dans quelques minutes, nous aurions tourné la page laotienne de notre voyage. Mais nous y reviendrons. Assurément. En croisant les doigts pour que d'ici la, ce merveilleux petit pays ne perde pas son identité en se prostituant au tourisme de masse.
A suivre...
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