
Vendredi matin, nous nous sommes réveillés avec un petit quelque chose dans le ventre. Comme si un doute avait du mal a etre dissipé. A 11h00, soit notre doute se transformerait en lointaine reverie (en ayant dans les mains nos passeports munis de nos visas), soit il se transformerait en cauchemar (imaginez que nous arrivions a l'ambassade et que notre jeune homme ne soit pas la, qu'on demande au guichet et que personnes n'ait entendu parler d'un dossier a notre nom...). Nous avons donc pris un taxi et a 10h00 précises, nous étions a la porte. Le jeune homme aussi. Alors que je récupérais les passeports et vérifiais les visas, Sylvie est vite montée aux guichets de l'ambassade vérifier les prix officiels. Pendant ce temps, j'ai demandé a mon interlocuteur des explications sur le fait que via une agence (qui prend une commission) on paye 1350 bahts par personne, et qu'en se déplaçant a l'ambassade, ça nous coute 2000 bahts chacun. En voyant ses yeux s'illuminer en lançant une sorte de ''merde, qu'est-ce que je vais bien pouvoir répondre a ça!'', j'ai compris que je venais de mettre le doigt sur la supercherie. L'air tres embeté, le jeune sortit son téléphone de sa poche, me demanda d'attendre quelques instants et plaça un appel. Presque aussitot, le pseudo-gars des visas apparu. Tiens, mais il ne travaille pas la haut lui? Ça y-est. Je venais de comprendre. Ni l'un ni l'autre ne travaillaient a l'ambassade. Ils sont tous les 2 des intermédiaires. En nous voyant arriver mardi, ils nous ont sauté dessus comme des loups sur des pauvres brebis égarées (j'aurais du m'en douter moi qui m'appelle Berger!). Le jeune devant etre moins bien ''infiltré'' que le 2e, il a servi d'intermédiaire a l'intermédiaire (c'est compliqué, mais ça se tient!). Le 2e monta voir son contact en haut avec nos passeports et redescendit encaisser. Simple comme bonjour. Mais la, nous étions dans le hall de l'ambassade de Chine, nos passeports dans les mains (avec les visas), mais avions été tout de meme été ''plumés''. Que faire sans créer d'incident diplomatique? J'ai alors tout simplement répété a l'homme mon étonnement a avoir payé si cher en me déplaçant jusqu'a l'ambassade, qui plus est en ayant payé directement ''a la personne qui fait les visas''... Lui aussi prit alors un air tres gené, et instantanément, me demanda de combien je voulais etre remboursé. A ce moment la, Sylvie apparu, toute essoufflée, et dans un air de colere me lança ''c'est 1100 par personne, c'est clairement écrit en haut!''. ''4000-2200=1800 bahts. Voilà le remboursement que je veux'' lui répondis-je. Sans mot dire, il me fit signe de le suivre sur le pas de la porte. Il plongea sa main dans sa poche, en sortit une liasse de billet, compta 1800 bahts et me les tendit. Toute peine méritant salaire, pour les services malgré tout rendus (passeports déposés apres l'heure, remplissage du dossier, etc.), il se mérita tout de meme un petit poureboire. Ainsi soulagés, nous avons dit aurevoir a nos 2 comparses et avons déguerpi au plus vite, nos passeports, nos visas et 1800 bahts (environ 60$cad) en main!
Pour nous remettre de nos émotions, nous avons été flaner sur Sukumvit, un grand boulevard branché du centre de Bangkok ou se trouve une enfilade de centres d'achat modernes et bien garnis. Apres plus de 7 mois passés loin de notre monde de consommation, il est impressionnant de voir a quel point nous sommes marqués au fer rouge par ce besoin qui consiste a se retrouver entouré de mille produits tous plus attirants les uns que les autres bien que parfaitement inutiles. Nous avons ainsi découvert le plus grand centre d'achat d'Asie: le Siam Paragon. Le plus grand aquarium d'Asie du sud-est dans ses entrailles, ce temple de la consommation est absolument fantastique, tant par sa grandeur, par son achalandage que par sa qualité ou bien encore par son design. Les marques les plus prestigieuses y ont leur boutique officielle (ce qui est paradoxal quand on sait que la Thailande est le paradis de la copie!). Chaque étage a sa thématique, allant des vetements a l'électronique, de l'art de vivre au divertissement. On retrouve meme plusieurs concessionaires automobiles qui exposent leurs plus beaux modeles: Lamborghini, Lotus, BMW, Aston Martin... Au rez-de-chaussée se trouve la foire alimentaire. Mais pas une vulgaire foire alimentaire d'un vieux centre d'achat des années 70. Loin de la. Une foire alimentaire avec bien sur les enseignes incontournables dans ce genre d'endroit (fast-food importé inclus!), mais aussi des enseignes de restauration rapide plus locales (asiatiques), et surtout une ribambelle de restaurants d'un niveau que peu de villes peuvent se targuer d'avoir en aussi grand nombre et en aussi classe. Des restaurants japonais, chinois, italiens, français, etc. De la pure folie... quand on se souvient qu'on est dans un centre d'achat! Au 6e étage, un immense restaurant fait face a la baie vitrée qui surplombe l'entrée majestueuse du complexe au milieu de laquelle descendent les ascenseurs translucides. Vraiment grandiose. Une belle preuve que la Thailande se distingue de ses voisins (mis a par peut-etre de la malaisie et Singapour) par sa nette intégration du mode de vie occidental.
Apres avoir trainé quelques heures a l'air climatisé (et sans rien avoir acheté!), nous avons marché jusqu'à notre quartier de Khao San Road. Il nous fallait décider si nous partions des le lendemain matin pour les plages du sud ou bien si nous passions la fin de semaine a Bangkok. Ayant opté pour la 2e option, et puisqu'il nous fallait réserver une chambre via Internet, nous avons décidé de chercher un hotel avec piscine, histoire de se garder au frais aux heures les plus chaudes de la journée. Nous avons donc trouvé dans un autre quartier (ce qui faisait notre affaire car nous voulions avoir un autre point de vue de la ville). Un hotel apparemment tres bien, ayant d'excellents commentaires de la part des personnes y ayant déjà séjourné. Le prix de la chambre était a 140$ (canadiens). Nous l'avons eue a 40$. Vive le net! Pour les 2 prochains jours, nous allions vivre la grande vie a l'hotel! Et pour conclure une telle journée et feter l'obtention de nos visas, rien de tel qu'une bonne pizza au feu de bois.
Le lendemain matin, nous avons donc fait nos sacs a dos et sommes allés prendre le bateau-taxi pour rejoindre le quai central, terminus de la ligne. C'est la que se trouve la connexion avec le sky-train. Et c'est juste en arriere que se trouvait notre hotel. En y arrivant, nous avons vite compris l'affaire que nous avions fait. Le valet nous ouvrit la porte. La réception était superbe, le service impecable. A vrai dire, chaque fois que nous arrivons dans un hotel, nous faisons le meme effet: les gens nous regardent comme si nous arrivions de nulle part avec nos sacs a dos (ils doivent etre plus habitués aux valises et attaché-case), en se demandant certainement si nous avions les moyens de payer. L'image du porteur avec nos sacs a dos fut cocace, mais je n'ai pas osé prendre la photo. Il y a des limites a tout! Sur le chemin de notre chambre, nous avons découvert la superbe piscine qui semblait nous crier: ''venez me voir, voyageurs du bout du monde... venez vous prélasser dans mon eau et reposer vos corps endoloris par ces sacs si lourds...''. ''Attends-moi, ce sera pas long'' lui ai-je répondu! Le valet ouvrit notre chambre: grande, donnant acces a la terrasse de la piscine, une salle de bain propre et spacieuse munie de serviettes propres... et un immense lit avec des draps d'un blanc immaculé sentant le propre. Peut-etre serez-vous surpris que je détaille autant une simple chambre d'hotel, mais malgré toutes les chambres d'hotel similaires que nous avons déjà occupé, jamais nous ne nous étions arretés au confort qu'elles peuvent offrir, surtout apres si longtemps passé dans des chambres au confort spartiate, a la propreté souvent douteuse, et munies de douches froides au débit souvent inexistant. Je pense qu'apres ce voyage, plus jamais nous ne regarderons une chambre d'hotel de la meme façon! Toujours est-il que nous avons profité des installations. Je me suis payé le luxe d'une alternance piscine-sauna alors que Sylvie profitait du confort de la chambre pour s'étaler de tout son long sur un matelas digne de ce nom. En apres-midi, je suis allé faire un tour dans un centre d'achat dédié a l'électronique... ne sait-on jamais! Mais pensant trouver des ordinateurs, je suis plutot tombé sur la Meque des cellulaires: des téléphones en quantité astronomique sur des milliers de metres carrés. Les derniers modeles, vrais ou copiés. Tous les accessoires imaginables. Et du monde, du monde, du monde. Le soir, nous sommes sortis visiter un quartier que nous n'avions pas encore visité et qui ne s'anime qu'une fois la nuit venue: Patpong. Il s'agit la du ''bordel'' de Bangkok ou se trouve aussi un marché de nuit tres réputé. A vrai dire, j'avais une certaine apréhension de ce que nous allions trouver. On entend souvent parler des exces et des dérives en matiere de sexualité dans lesquels la Thailande est chapionne. Mais finalement, mis a part quelques bars bruyants sur les scenes desquels de belles asiatiques se dandinaient sans aucune conviction (nous avons eu un aperçu de l'intérieur car les portes étaient grandes ouvertes!) et quelques rabatteurs qui nous proposaient des shows en tous genres, il n'y avait pas la plus de chats a fouetter qu'il n'y a d'exces sur la Sainte-Catherine un samedi soir. Certes, nous ne sommes pas rentrés dans les endroits les plus glauques et n'avons pas été assister a un quelconque ''ping-pong show''. Mais ce n'était pas le lieu de débauche et de racolage que je m'apretais a trouver. Et c'était tres bien ainsi. Apres avoir fait le tour des étals sur lesquels on vendait toujours la meme chose (copies de montres, de lunettes et de vetements, pseudo articles ''locaux'' ou ''faits par les minorités'', etc.), nous sommes rentrés a pied jusqu'à notre hotel qui se trouvait a quelques kilometres de la.
Dimanche matin, apres une nuit aussi confortable ue si nous avions été chez nous, nous nous sommes mis en route pour rejoindre une autre institution de Bangkok: le marché de Chatuchak qui se déroule seulement les samedis et dimanches. Arrivés en sky-train, nous avons eu un aperçu depuis les hauteurs de ce qui nous attendait: 10000 (dix mille!) étals, et plus de 200000 (deux cent mille) visiteurs par jour! Ça fait du monde, n'est-ce pas? Dans cet endroit ou tout se vend, nous avons donc passé quelques heures dans la chaleur des baraquements ou sont installés les vendeurs. Le marché est divisé en aires de spécialité: les vetements neufs, les vetements usagés, les meubles, les articles de maison, les décorations, les animaux, etc. Autant dire que si vous habitez Bangkok et que vous cherchez quelque chose, attendez-donc la fin de semaine. Vous trouverez nécessairement ce que vous cherchez a Chatuchak!
Apres avoir craqué sur quelques affaires, et la journée touchant a sa fin, nous avons pris le chemin du retour. Mais nous avons fait un arret en centre-ville pour aller manger. Lors de ma visite de la veille, j'avais repéré un restaurant qui plairait nécessairement a ma douce. Je l'ai donc amenée chez Shabushi. C'est une chaine de restaurant asiatiques un peu particuliers. On vous assoit en avant d'une courroie qui tourne en permance le long des tables. Au bout, des cuisiniers déposent sur ladite courroie toutes sortes de mets: de la viande, des fruits de mer, des sushis, du poisson, des légumes, etc. En avant de vous, on installe un plat qui s'encastre dans la table et qui contient un bouillon (un systeme de vapeur incorporé a la table garde le bouillon chaud). Ainsi, chaque fois que vous voyez passer sur la courroie un aliment qui vous inspire, vous le prenez et le jetez dans votre bouillon (sauf les sushis!). Une sorte de fondue chinoise finalement. Le tout, a volonté... tant que vous avez faim, et pendant 1h20 maximum. Autant vous dire qu'ils n'ont pas fait beaucoup d'argent ce soir la! Apres un tel festin, nous étions parés pour une autre nuit confortable dans notre bel hotel.
Le lendemain matin, nous avons profité au maximum de notre chambre, en dormant le plus longtemps possible et en ne la quittant qu'a midi, heure du ''check-out''. Apres avoir réservé nos billets de bus au comptoir de ''l'agent de voyage'', nous avons laissé les sacs en consigne pour pouvoir nous promener le reste de la journée. Puis, en soirée, nous avons récupéré nos biens pour aller prendre le bateau-taxi. Nous avons alors débarqué sur l'autre rive du fleuve ou nous avons attrapé un taxi pour rejoindre la gare de bus. Une fois sur place, il ne nous restait plus qu'a retirer nos billets, manger un morceau et sauter dans notre bus VIP (oh la, ne vous énervez pas, c'est juste pour dire que les sieges s'allongent un peu plus que dans les bus normaux!). Direction: cap au sud pour Krabi, a 11 heures de route d'ici. Mais ça, ce sera pour un autre blog!
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