samedi 18 avril 2009

09-03-30 Chiang Mai



Aussitôt étions-nous arrivés sur le quai que plusieurs employés de la compagnie de train nous ont gentiment aidé, et c'est donc tres facilement que nous avons trouvé notre wagon. Et des que nous sommes montés a bord, nous avons alors tout de suite découvert le fossé qui sépare les trains indiens des trains thailandais. Tout d'abord, la propreté. Nous nous trouvions dans un endroit ou l'entretien était une priorité. Les vitres, les murs, les ventilateurs, les banquettes, le sol... tout était propre comme au premier jour bien que certains indices trahissaient les quelques années de service du wagon. Je me souviens de ce train en Inde ou la date de fabrication était marquée sur une plaque proche de la porte. J'ávais été abasourdi de lire que ce wagon n'avait que quelques mois de service. Mais l'état de dégradation et surtout de saleté étaient tels qu'il aurait fallu dans nos pays plusieurs années sans aucun entretien pour que nous puissions atteindre un tel état de délabrement et d'insalubrité. Bien évidemment, l'autre différence entre ces 2 pays était la place disponibe par voyageur. En effet, dans le train ou nous nous trouvions en ce moment, les voyageurs dormaient sur 2 couchettes superposées de chaque coté du couloir, soit 4 par section. En Inde, les couchettes étaient sur 3 étages de haut, et 3 ''empilements'' constituaient chaque section. Donc, la ou nous allions dormir a 4, nous avions dormi a 9 quelques mois auparavant. Ça doit etre ça le confort!

Finalement, a 18h00 précises, le train s'ébranla. Nous sommes donc sortis de Bangkok sous un coucher de soleil somptueux puis avons pénétré dans la campagne thailandaise en direction de Chiang Mai. Nous avons pris notre repas et vers 22h00, il était temps de nous mettre au lt. Il nous fallu alors appeler la responsable de compartiment qui prépara nos lits (!). Elle transforma les 2 banquettes en un grand lit (presque un lit double!), descendit celui du haut dans lequel était préparée toute la literie. Elle mit les draps, les taies d'oreillers et déposa une couverture sur chacun des lits, puis installa des rideaux qui donnaient a chacun des passagers une intimité plus qu'acceptable. Wow... quel service impeccable, et quels lits confortables! Ainsi gatés, il ne nou fallut pas longtemps pour tomber endormis.

Mardi matin, apres une nuit imparfaite mais tout a fait acceptable (on a déja vécu bien pire!), le réveil se fit sans trop de peine. Notre responsable de compartiment entreprit alors des ranger les lits pour reconfigurer le wagon avec des banquettes. Et c'est vers 8h30 que nous sommes arrivés en gare de Chiang Mai.

N'ayant aucune idée d'ou nous allions dormir, nous avons pris un tuck-tuck pour nous faire conduire dans le centre. Nous avons choisi un des seuls chauffeurs qui ne nous avait pas harassé pour nous conduire dans la guesthouse de son choix. Bien évidemment, sur le trajet, le chauffeur nous fit tout de meme savoir que si nous désirions une place ou dormir, il pourrait nous en recommander une! Devant sa discrétion, nous avons acquiescé a sa proposition et avons abouti dans un endroit tout a fait acceptable et dans nos prix. Nous n'étions pas dans la vieille ville mais tout juste en dehors de ses limites.

Apres nous etre reposés un peu, nous sommes partis visiter les environs. Nous nous sommes arretés au petit marché de jour, tout proche de notre guesthouse, pour y boire un ''ice-coffee'' et manger un bon padthai sur les étals (a moins d'1$cad l'assiette, il n'y a pas de quoi se priver!). Sur le chemin, nous avions repéré des bouquinistes qui vendaient des livres usagés. Nous y avons fait un saut et j'y ai trouvé ''sacrés français: un américain nous regarde'', écit par un journaliste américain en poste a Paris depuis plus de 10 ans. Autant dire que les français et leurs paradoxes en prennent pour leur grade, mais toujours de façon objective et avec beaucoup d'humour. Apres-tout, rire de ses défauts, n'est-ce pas la meilleure maniere d'en prendre conscience et de les accepter pour éventuellement les atténuer? Le reste de la journée fut passé a nous promener. Sylvie se réserva une activité pour le lendemain: un cours de cuisine thai.

Le 1er avril, pas de blague, nous nous sommes levés tot! A 8h00, un minibus passait prendre Sylvie pour son cours de cuisine. De mon bord, apres avoir terminé mon livre (preuve qu'il était passionnant!), je suis allé le ramener chez le bouquiniste. En effet, en le ramenant dans les 7 jours, on nous en remboursait la moitié! Puis, apres avoir flané du coté de la ''nouvelle ville'', je me suis payé moi aussi une activité: 2 heures a me faire masser! En fin de journée, nous nous sommes retrouvés pour aller au fameux ''night bazar'' de Chiang Mai. Il s'agit d'un quartier qui, a la tombée de la nuit, se tranforme en un gigantesque marché. Tous les trottoirs voient arriver des centaines de vendeurs qui montent leur étal et s'installent pour vendre des bijoux, des vetements, des copies des marques les plus célebres, des parfums, des produits d'artisanat, des sculptures, etc. C'est absolument immense et cela fait, bien évidemment, le bonheur des touristes.

Le lendemain, apres avoir pris le temps de nous lever, nous avons été louer une moto afin de pouvoir nous promener plus aisément dans les parages de cette ville tres étendue. Nous avons donc erré dans les environs. Nous avons également appris qu'un magasin ''Carrefour'' (2e chaine mondiale de distribution apres ''Wal Mart'') était installé a Chiang Mai. Curieux de voir ce que cette chaine française d'hypermarchés pouvait bien offrir ici, nous nous sommes dirigés vers ce temple de la consommation. Encore une fois, il est toujours intéressant de voir ce que consomment les habitants d'un pays. On pourrait dire sans trop se tromper: ''dis-moi ce que tu consommes et je te dirai qui tu es''! Par conséquent, tout curieux que nous sommes, nous sommes allés voir a quel point une compagnie internationale de distribution s'adaptait aux ''couleurs locales'' ou bien au contraire importait un mode de consommation plus occidental. La réponse ne tarda pas. En arrivant sur le stationnement, plusieures centaines de motos étaient soigneusement rangées dans un stationnement qui leur était réservé. Il n'y avait plus de doutes quant au taux de fréquentation élevé de l'endroit! Puis, chose encore plus surprenante, en entrant dans le magasin, nous avons immédiatement retrouvé nos marques comme si nous entrions dans un ''Carrefour'' a Montpellier ou a Marseille. La sectorisation est la meme, les rayons sont placés de la meme façon, les tetes de gondoles sont agencées comme partout ailleurs, les reperes visuels sont identiques. Bref. On pourrait prendre un consommateur français (habitué a faire ses achats chez ''Carrefour'') et lui demander de faire ses achtas dans l'établissement de Chiang Mai. Il est évident qu'il n'aurait que peu de mal a se retrouver dans cet environnement ''standardisé''. Ceci dit, puisque les magains sont aujourd'hui ''designés'' (du mot desgin) en colaboration avec des sociologues et des psychologues qui connaissent les facteurs déterminants qui vont convaincre un acheteur (comme les couleur ou les visuels), nous faisions tout simplement face a un exemple des plus concrets de ce que représente la sacro-sainte consommation de masse que nous chérissons tant en occident, et que nous ne nous faisons pas prier pour exporter dans les pays ''en voie de dévloppement''. Ce doit etre un cas d'école de ce que sont la globalisation et la mondialisation.

Finalement, puisque nous n'habitons pas Chiang Mai, nous n'avons pas rempli de chariot (bien que nous ayons acheté quelques affaires a grignoter!) et avons repris la direction de la vieille ville. Puis nous avons été manger un morceau avant d'aller nous coucher.

Vendredi fut une autre de ces journées ''relax'' que nous aimons nous autoriser. Apres avoir pris le temps de nous lever tranquillement (synonyme de ''grasse matinée''!), nous avons été déjeuner sur le marché. Puis nous sommes revenus jusqu'à la guesthouse. Sylvie a passé l'apres-midi a lire et mois, je suis parti a moto faire le tour de la ville. Cela m'a permis de constater a quel point il serait aujourd'hui facile pour un occidental de s'installer dans nombre de pays du globe, particulierement en zone urbanisée. En effet, ormis une différence culturelle évidente, on retrouve de plus en plus de standards ''occidentaux'' en ce qui a trait au mode de consommation. Or le fait de pouvoir retrouver ses reperes au travers de ses ''produits de référence'' étant une facteur important dans la réussite d'une intégration, cela facilite d'autant l'installation de nouveux immigrants (encore faut-il que ces derniers aient la possibilité d'obtenir un emploi et des papiers pour pouvoir exercer de dernier!). Certes, cela ne s'applique parfois qu'a une région bien précise d'un pays, mais c'est un début... Concretement, au cours de ma visite élargie de la ville de Chiang Mai, j'ai pu trouver un aéroport (qui permet de partir un peu plus loin quand on en ressent le besoin), des épiceries achaladées de nombre de produits alimentaires de qualité et/ou importés, des centres d'achats qui permettent de trouver tous les biens possibles et imaginables, des parcs publics, une propreté tout a fait comparable (et meme supérieure) a bien des sociétés occidentales, et meme un practice de golf en pleine ville! Bref, le (presque) paradis sur terre diront certains (n'est-ce pas Alain?).

Apres cette longue promenade autour de la ville, je suis rentré pour rerouver Sylvie qui avait elle aussi dévoré son livre. Et apres une journée aussi active, il était tout naturel de ne pas faire de folies... Nous avons donc été manger sur un de ces nombreux étals qui bordent les trottoirs des la nuit tombée avant de renter a notre guesthouse.

Et puisque nous avons beaucoup de choses a raconter sur Chiang Mai, nous avons du faire 2 posts afin de vous faciliter la lecture.

A suivre...

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