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lundi 23 mars 2009
09-03-02 Un trek a Muang Ngoi
Le rendez-vous était a 9h00. Nous avions laissé notre gros sacs a dos a la guesthouse jusqu'à demain. Nous nous sommes présentés au guide avec seulement nos ''daypacks'' (petits sacs a dos de jour). Il nous présenta a son tour les 2 personnes qui nous accompagneraient durant ces 2 jours: Sabine et Florian. Ils sont allemands et sont en voyage au Laos pour quelques semaines. Nous avons rempli nos gourdes d'eau et a 9h20, nous étions déjà sur les chemins.
La promenade commença tranquillement. Un petit chemin longeant des rizieres qui comblaient une petite vallée étroite. Apres environ 45 minutes, nous sommes arrivés au pied d'une grotte. C'ést la que se réfugiaient les gens de la région lorsque dans les années 60, les B52 américains déversaient de leurs entrailles bombes en tous genres et mines anti-peronnel. On le sait peu, mais le Laos est le pays qui a fait l'objet de l'une des plus grandes campagnes de bombardement de l'histoire, détenant par le fait meme le triste record de pays ayant reçu le plus de bombes en une seule journée. Puis nous nous sommes remis en route. Environ une heure plus tard, nous sommes arrivés dans un premier village. Notre guide nous donna ''quartier libre'' pour flaner dans les environs pendant qu'il préparait le repas. Nous avons ainsi pu nous promener parmi les maisons, a observer la vie qui battait son plein. Des hommes jouaient a la pétanque alors que d'autres forgeaint des lames de machettes (grands couteaux utilisés entres autres pour couper des branches dans la foret). Partout, une quantité impressionnante d'animaux circuait: des chiens, des vaches, des cochons (ressemblant plus a des sangliers a cause de leur couleur noire), des poules et des coqs chantant a tue-tete. Des femmes se lavaient ou préparaient a manger. Au milieu du village, une grande casserole était posée su un feu ardent. Dedeans, des légumes étaient en train de boullir (il s'agissait de nourriture pour les cochons). Il était déjà temps de retrouver notre guide pour manger.
Apres avoir avalé nos sandwiches, nous sommes repartis a l'assaut des chemins. A la vue du chemin que nous empruntions, nous avons tout de suiet compris que l'histoire serait moins évidente. En effet, le sentier se fit plus étroit et la pente plus raide. Il faisait une chaleur écrasante. Par chance, nous étions régulierement a l'ombre de bambous ou d'arbres. Il en fut ainsi pendant environ 2h30. Montée. Descente. Montée. Descente. Etc. La derniere montée fut toute aussi exigeante que longue. Apres avoir fait une pause pour reprendre notre souffle et nous réhydrater, nous sommes repartis a travers une foret de bambous qui se transforma en foret tropicale. Notre guidepointa du doigt une crete sur noter droite. 'Voilà le vilage''. Tout en haut de la montagne qui se trouvai sur notre droite, on pouvait apercevoir des toits en feuille de bamabou dépasser des arbres. 20 minutes plus tard, nous arrivions devant l'entrée du village.
Avant d'entrer dans le village, sur la droite, nous remarquions un tableau noir posé au fond d'une pergola faite de bois et recouverte de feuilles de treillis de bambou: nous étions devant l'école. Nous avons passé les marches de bois qui enjambaient la barriere entourant le village (afin d'éviter que n'importe quel animal extérieur n'y entre) et avons pris notre premier contact avec cet environnement si nouveau. On se serait cru dans une émission de ''national geographic'' montrant la vie de tribus irsuthes. Aucune ne route ne menait jusqu'ici. Tout ce que nous pouvions voir y était parvenu a dos d'homme. Une trentaine de maisons de bois recouvrait une aire de glaise compactée. Une fine poussiere flottait en permanence. Il faisait chaud. On nous a montré un endroit ou nous assoir (une table et un banc confectionnés a l'aide de bambou). Puis on nous a fait faire le tour de nos ''quartiers''. Le logement était une case en bambou divisée en 3. Dans chaque section se trouvait un matelas sur le sol ajouré. Les murs étaient faits de bambou tressé qui laissait des espaces si grands que l'on pouvait voir dehors. Les toilettes étaient ''a la turque'', dans une hutte elle aussi en bambous, dont l'intimité n'avait rien a envier a celle de la chambre. La douche était le point d'eau qui arrive dehors, au milieu des maisons, un simple tuyau a 1 metre de hauteur sur une dalle de béton. Sans que n'ayons aucune ambition de vouloir passer notre vie ici (auquel cas quelques améliorations fonctionnelles auraient été nécessaires), nous devons avouer que le dépayasement fut total. Apres avoir été nous laver (vous imaginerez sans problemes la nécessité d'une telle étape apres des heures passées a grimper sous le soleil laotien), nous nous sommes retrouvés sur le petit banc pour étancher notre soif avec une biere et un coca-cola (apportés jusqu'ici a dos d'Homme) passablement chauds (il ny a pas de réfrigérateur!). L'observation de la vie qui se tramait autour était un pur délice. Des enfants jouaient au tennis-ballon avec un filet a 1m75 de haut et une balle faite de bambou tressé. Leur agilité et leur dextérité étaient un spectacle en soi. Pendant ce temps, d'autres enfants, plus jeunes, revenaient de la riviere ou ils avaient été pecher. Ils portaient dans leur main leur ''harpon-maison'' et sur leur tete leur masque de plongée, noir et rond, un peu a la Cousteau des années 70! En dessous de sa maison, une jeune femme séparait le riz de sa cosse. Son outil était constitué d'un mortier dans lequel le riz se trouvait. Le pilon était relié a un long manche monté sur un pivot, tel une balançoire pour enfants. Son enfant attaché dans le dos, elle montait du le bout du manche, ce qui faisait monter le pilon dans les airs, puis s'en retirait, ce qui laissait retomber le pilon dans le mortier. Apres plusieurs minutes a répéter cette opération strictement manuelle, les grains de riz s'étaient séparés de leur cosse. Il ne restait plus qu'a les trier! Justement, en avant de sa maison, une vieille femme s'affairait a séparer le grain de la cosse. A l'aide d'un grand plateau en osier terssé, elle faisait sauter ce mélange d'un geste ferme mais précis. La cosse, légere, s'envolait en avant du panier. Le grain, plus lourd, retombait dans le plateau. Ainsi, elle répéta son geste, inlassablement, jusqu'à avoir assez de riz pour préparer le repas de sa famille.
En avant d'une autre maison, un homme revenant de la foret déposa un panier dans lequel un animal s'agitait. Sa femme sortit de la maison, y plongea sa main, et ressortit un petit animal d'une vingtaine de centimetres. Une sorte de gros rat aux incisives prépondérantes, mais au museau arrondi et a la queue plus courte. Il s'agissait d'une variété de taupes que l'on retrouve par ici. La femme saisit l'animal dans une main et une machette dans l'autre. Elle asséna un coup derriere la tete de la bete qui tomba groguie. Alors elle lui retourna la tete sur un billot en bois, et dans un grand coup, fit sauter les dents du pauvre animal qui se réveilla et se mit a gesticuler de douleur, le sang giglant de sa bouche privée de ses grosses ratounes. Alors la femme posa la bete par terre qui se mit a tourner en rond de maniere hystérique, cherchant par tous les moyens de se cacher. Mais en vain. Elle était attachée par une patte au plancher de bambou. Amusés, les enfants jouerent un peu avec le pauvre animal hébété, le soulevant par la patte, le faisant tourner en l'air, puis le jeterent au sol avant d'aller vaquer a d'autres occupations. La taupe en était quitte pour un peu de repos... avant de passer a la casserole.
Le soleil se coucha, laissant place a une belle lune qui fut la bienvenue pour apporter un peu de lumiere dans ce village du bout du monde. Le guide prépara notre repas. Vers 20h00 commença la classe du soir, pour les adultes. A l'aide d'un livre (que les villageois doivent acheter au marché), les adultes étudient divers sujets de la vie quotidienne, comme le calcul ou le controle des naissances. Pour ce dernier point, il faut savoir que les jeunes filles se marient ici aux environs de 12 ans et enfantent généralement aussitôt que leur corps en devient capable. Autant dire tres jeune. Ce qui génere une explosion de la population de moins de 20 ans. Qui plus est, le VIH ne semblant pas encore etre une trop grande source de problemes au Laos (mais pouvant le devenir a tout moment), la prévention est tres grande de la part des autorités. Maintenant, a savoir si le message passe réllement, c'est une autre histoire. Mais au moins, il est diffusé. C'est donc a la lumiere de 2 ampoules alimentées par une hélice reliée a un alternateur dans la riviere située en contrebas, et entourés de nos hotes d'un soir, perchés sur notre montagne, que nous avons assisté a cette leçon nocturne. Quel moment inoubliable. Puis, dans la fraicheur de la nuit, il était temps d'aller dormir car demain s'annonçait comme une autre bonne journée de marche.
Le réveil fut, encore une fois, rythmé par le chant des coqs, bien avant l'heure du réveil. Mais cette fois-ci, ils ne se lamentaient pas au loin. Ils étaient en avant de notre porte! Le petit déjeuner arriva rapidement: un thé (un vrai, avec juste des herbes du coin jetées dans un verre d'eau chaude) et une soupe. On prépara nos sacs a dos, et a 9h00, nous enjambions la cloture du village pour repartir a la conquete des chemins.
La magie reprit sans délais. Apres avoir gravi une premiere crete, nous avons franchi une sorte de petit col qui nous offrit une vue splendide: en avant de nous s'étendait une vallée verdoyante d'une foret semi-tropicale qui remontait sur le versant de la montagne opposée qui elle se terminait par une vertigineuse falaise karstyque. Et comme pour équilibrer l'opposition entre une nature luxuriante et une paroi désertique, un filet de nuages planait par dessus la plaine, comme si on avait saupoudré la scene de quelques flocons blancs. Mais cette vision éphémere de beauté n'étant réservée qu'aux leves-tot, elle disparut quelques instants apres que nous ayons franchi le col. La matinée fut alors une symphonie de montées et de descentes, allant crescendo de ''pianissimo'' a ''fortissimo'', avec tout de meme quelques ''mezzo forte'' au passage. Les paysages se succédaient, de foret tropicale parsemée de papilons multicolores a plantations de gingembre, de pentes raides et arides a riviere cachées. Finalement, apres une ultime ascension sous le torride soleil de midi, nous avons rejoint la riviere Nam Ou ou nous attendait un bateau... et 2 canoes.
Flanqués de nos maillots de bain, nous avons alors entrepris la descente de la Nam Ou en canoe. Mais étant a la saison seche, le niveau de la riviere se trouvant donc fort bas, le débit était plutot faible, ce qui nous obligea a pagayer ardemment. Apres une heure a pagayer dans ce décor sommes toutes idyllique, nous avons fait une pause-repas sur une plage ou notre guide nous attendait. Puis nous avons embarqué a nouveau dans nos canoes pour l'ultime étape vers Muang Ngoi Neua. Apres de petits rapides, nous nous sommes autorisés une petite pause baignade. Parés de nos gilets de sauvetage, nous avons remonté a pieds les rapides pour nous mettre a l'eau en amont, nous laissant ainsi porter dans des eaux a peine tumultueuses. Enfin, la journée achevant, il était temps de regagner le village pour nous reposer enfin d'une aussi grande dépense d'adrénaline en aussi peu de temps. Mais avant tout, Sylvie et Sabine sont allées acheter des cahiers et des stylos qu'elles ont apporté a l'agence qui avait organisé notre trek afin qu'elle les apporte au village lors de leur prochain départ. Cela n'est qu'un petit geste, mais nous sommes certains qu'il sera le bienvenu pour la dispensation des cours aux enfants et aux adultes. Apres avoir finalisé le tout, nous avons enfin pu mériter une biere bien fraiche sur une terrasse en l'agréale compagnie de Florian et Sabine. Par la suite, un bon repas ensemble et nous étions prets a aller au lit!
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