dimanche 8 mars 2009

09-02-20 Luang Namtha


Comme vous l'avez remarqué depuis le début de notre voyage, les transports ont souvent constitué une part importante de nos récits. Et pour cause. Ils sont bien souvent aux antipodes de ce que nous connaissons dans nos contrées, tant en termes de véhicules, de conditions météo, d'état des routes, de conduite, de durée ou bien encore de paysages. Celui qui allait nous conduire de Luang Prabang a Luang Namtha ne déorgerait pas a la regle.

Tout commença par une petite frayeur. Bégnigne, certes. Le minibus privé (il est parfois agréable de se payer un peu de confort!), payé d'avance, devait venir nous chercher a la guesthouse pour 8 heures du matin. Prévoyant, nous étions en avant de la porte des 7h30, ce qui nous permit d'avaler un café. A 8h15, le minibus ne se montrant pas, Delphine et Sylvie ont proposé d'aller jusqu'au marché pour acheter de quoi déjeuner. Il nous suffirait de passer les prendre une fois notre transport arrivé. Mais a 8h30, toujours personne. A ce moment la, j'ai vraiment cru que nous nous étions fait avoir et que nous allions cevoir batailler fort pour essayer de retrouver la trace de notre argent. Mais a 8h5, un minibus se stationna en avant de la guesthouse et nous cria la destination: notre véhicule était enfin la! Apres avoir rempli l'espace arriere de nos encombrants sacs, nous sommes partis récupérer les filles et avons pris la direction de Luang Namtha. La premiere heure et demie de route fut (presque) idéale. Un véhicule particulierement confortable, une jolie petite route relativement droite longeant la riviere Nam Ou et ses gorges absolument magnifiques, et un revetement en état particulierement bon comparativement a ce que nous avions eu la chance de voir jusque la au Laos. Nous filions a vive allure. 120 kilometres en 1h30. Ça fait du 80 de moyenne. A ce rythme la, les 240 kilometres a faire ne prendront jamais les 8 heures annoncées. Cependant, ce rapide calcul mathématique fut la parfaite illustration de l'une des regles de voyage que nous avons établies (et qui feront l'objet d'un post a part entiere), a savoir que ''quand c'est trop beau pour etre vrai... c'est que ce ne doit pas etre vrai!''. A peine avais-je fini de retourner l'équation ''240kilometres / 80km/h = 3heures'' que le cauchemar commença. Comme le carosse de Cendrillon se transforma en une abominable citrouille aussitôt les 12 coups de minuits ayant sonné, la route si fierement chérie se transforma en un abominable champ de mines de la seconde guerre mondiale serpentant le long de la montagne. Des virages en épingles serrés a souhaits. Des trous partout. Plus d'asphalte par endroits. La route affaissée a d'autres. Si bien qu'il fallait se mettre en 1ere vitesse pour passer. L'enfer. Heureusement, le paysage compensait largement l'état lamentable de la route. Nous avons sillonné a travers les montagnes du nord de Laos, passant sans cesse d'une vallée a un col, puis a une autre vallée, et ainsi de suite. Nous avons traversé des villages éloignés de tout ou vivent presque en autarcie diverses ethnies laotiennes. Le long de la route, les femmes battaient de longues herbes servant a confectionner des balais (vous comprendrez que cette activité ait attir l'attention du spécialiste en hygiene et salubrité!) ou vendaient des pousses de bambou (qui constituent un met tres prisé ici). Les enfants, s'ils n'étaient pas avec leur mere, jouaient et couraient partout, souvent les fesses a l'air, en jouant entre eux ou a attraper les animaux tels que les cochons, les chiens ou les poules qu'ils rencontraient. Les hommes travaillaient dans les forets ou s'affrontaient a la pétanque autour d'une beerlao (biere laotienne). Finalement, apres un arret a Udomxay vers 13h00 pour manger, nous sommes arrivés a 18h00, soit... 8 heures de route apres notre départ. Quelle journée éprouvante. Malgré cela, les enfants sont demeurrés calmes, silencieux, profitant meme du voyage pour dormir. Merci a tous les 3 d'etre d'aussi bons voyageurs malgré votre jeune age.

Aussi vidés, nous avons posé nos sacs dans une guesthouse fort agréable avant d'aller prendre un verre puis manger. Finalement, a la vue du peu d'activités qui semblaient disponibles depuis Luang Namtha, et malgré le fait que nous avions initialement prévu de passer au moins 2 nuits ici, nous avons changé nos plans et décidé que nous repartions des le lendemain matin pous Muang Sing, a 52 kilometres plus au nord, ou plutot... a 2 heures de route! D'apres nos guides de voyages, il s'agissait la d'un endroit privilégié pour partir explorer la région et ses nombreux villages de minorités ethniques.

Le lendemain matin, a 9 heures, nous étions a la gare de bus pour essayer de rejoindre Muang Sing.

A suivre...

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