mercredi 15 octobre 2008

08-10-13 Une semaine à Dar es Salaam

5h du mat, j'ai des frissons. Je claque des dents et je monte le son. Cela pourrait faire d'excellentes paroles pour une chanson (en fait, il s'agit réellement des paroles d'une chanson qui fut fort populaire dans les années 80 en France, n'est-ce pas Francine ;) ). Cependant, il n'est pas 5h00 mais 5h50. La nuit fut très pénible. Certainement l'effet de la pleine lune. Mais aussi (et surtout) que je me suis endormi hier soir vers minuit, après avoir préparé quelques courriels sur le laptop, tranquillement assis sur mon lit. Peu avant minuit, il y avait également cet homme qui parlait fort en bas dans la réception de notre petit hotel. Il m'a fallu m'habiller et descendre pour demander de baisser un peu le volume de sa converation. Mais lorsqu'il m'a répondu « IL N'Y A PERSONNE QUI PARLE FORT ICI », j'ai alors compris qu'il devait avoir des problèmes auditifs! Ses compagnons de conversation semblaient quant à eux très bien comprendre ma demande et m'ont assuré de tous leurs regrets. La situation s'est améliorée instantanément et c'est dans un silence tout relatif que j'ai pu m'endormir. Et puis il y a cette chaleur humide assomante. Toute la nuit, le ventilateur n'a cessé de brasser l'air au dessus de nos tetes. Vroum... Vroum... Vroum... Puis soif et presque plus d'eau.

À 4h50, ce fut le tour des chanteurs de minarets. Les prières à tue-tete, une mosquée après l'autre. La nature étant très inégale dans l'attribution des organes, il semblerait cependant que tous les chanteurs de mosquée soient équipés de cordes vocales plutot conséquentes. Malheureusement, la possession de magnifiques cordes vocales ne semble pas nécessairement aller de paire avec une oreille musicale des plus fines.. Je vous laisse donc imaginer le résultat quand l'artiste engage sa chanson dans un micro relié à d'énormes haut-parleurs situés tout en haut des minarets (hautes tours situées dans les mosquées). Réveil assuré. Mais pas toujours facile pour les non-initiés que nous sommes. Surtout à 5h00 du matin quand on a pas fermé l'oeil de la nuit. Mais c'est ainsi en terres islamiques car faisant partie intégrante de la culture. Et nous l'acceptons pleinement, car l'acceptation inconditionnelle de la culture d'autrui dans son pays est une des prémisses essentielles au voyage, faute de quoi il faut rester chez soi, car on ne voyage pas pour juger les autres mais pour s'enrichir de nos différences, aussi drastiques puissent-elles etre parfois. C'est donc sans aucune animosité et sans aucun jugement que je tenais à vous faire partager mon sentiment « à chaud », à 6h15 du matin...

Ensuite, puisque tout le monde est réveillé, les discussions s'engagent à l'extérieur. Sans spécialement prendre la peine de le faire discrètement. Puis les oiseaux se mettent à piailler, la température n'a pas baissé d'un iota et le ventilateur fait toujours autant de bruit. C'en est trop pour que je me rendorme. J'en profite donc pour etre efficace (efficacité: on ne perd pas ses terminologies nord-américaines aussi facilement!) et rédiger ce post (après tout, je me vois mal m'habiller et aller arpenter tout seul les rues de Dar Es Salaam à 5h30 du matin...).

Le titre étant donc au sujet de notre semaine passée à Dar, je vais tenter de vous intéresser avec le peu de choses passionnantes que nous avons faites.

En tant que lecteur(trice) assidu(e), vous vous souviendrez que nous avons déposé mercredi dernier nos passeports à l'Ambassade d'Inde et que O surprise, on nous a annoncé que cela prendrait une semaine avant que nous puissions récupérer nos précieux sésames. Et afin d'éviter de passer une semaine à nous faire brasser entassés à l'arrière d'un bus sur les merveilleuses routes d'ici, nous avons décidé de rester à Dar. Sagement. Tranquillement. Un peu contraints! Mais contre mauvaise fortune bon coeur. Nous avons donc mis ce temps à contribution pour faire avancer quelques projets (eh oui, est-ce que quelqu'un nous a déjà vu rester bien longtemps sans rien faire?). Le premier était le calenrier de Kufunda. Le deuxième, la mise à jour du blog et l'upload de photos afin de vous donner une meileure idée de ce que nos yeux ont la chance de contempler depuis plus de 8 semaines.

Mais ces 2 projets font appel à la meme technologie: l'informatique. Et le moyen de communiquer est également identique: l'Internet. Nous avons donc passé une majorité de notre temps à faire en près d'une semaine ce qui nous aurait pris quelques heures (une journée tout au plus) en d'autres lieux. En effet, les ordis disponibles sont bien souvent de vieux ordis remontés, très lents et mal équipés. Pas facile pour gérer de la photo, que ce soit pour faire les montages pour le calendrier ou pour réduire des centaines de photos en vue de leur mise en ligne... Ce fut laborieux (et pas encore terminé). Et une fois cette étape réalisée, il nous faut alors utiliser l'Internet pour les envoyer. À titre d'exemple, à la maison, la connexion est d'environ 800Kilo-bytes par seconde. Ce qui signifie que dans de bonnes conditions, un fichier de 12 Mega-octets peut prendre environ 20 secondes pour etre transféré. Hier, nous sommes allé à l'hotel Movenpick, qui est l'hotel le plus chic en ville (ou descendent les délégations officielles), afin d'utiliser leur business center. Ce devrait etre là une des connexions les plus rapides en ville. Lorsque nous avons fait l'essai pour la mise en ligne de notre fameux fichier de 12 Mo, le temps de chargement était de... 1h46 minutes! Et lorsqu'on considère que nous avons près de 200 Mo à envoyer pour le calendrier seulement, on s'aperçoit vite du défi auquel nous devons faire face. Vous comprendrez ainsi mieux pourquoi la mise en ligne de nos photos n'est pas aussi évidente une fois ramenée dans un contexte africain... Nous en avons cependant réduit un grand nombre qui sont désormais en ligne. Désolés pour la pietre qualité lorsque vous zoommez dessus, mais nous n'avons pas le choix si nous voulons vous faire partager quelques vues d'ici. Alors profitez des miniatures! Vous trouverez le lien vers les photos sur la droite du blog, sous l'intitulé « les photos du tour du Monde ».

Le reste du temps, nous avons tout de meme essayé de visiter un peu la ville et ses environs les plus proches. Il faut savoir que Dar est principalement une ville porturaire, porte d'entrée pour l'Afrique pour des milliers de conteneurs venus des 4 coins du Monde (canal de Suez, proximité de l'Inde et de l'Asie obligent!). Il n'y a qu'à regarder dans la baie ou une douzaine de super porte-conteneurs sont au mouillage en permanence, en attente d'une place au port pour décharger leur précieuses marchandises. De gigantesques bateaux transportant des milliers de voitures semblent également entrer fréquemment au port. En fait, dans la région, la majorité des pays conduisent sur la voie de gauche, volant à droite. Et l'importation de véhicules provenant du Japon (volant à droite également) semble très populaire, particulièrement de gros 4X4 Toyota, bien évidemment!

Donc, comme nombre de grandes villes portuaires, Dar n'est principalement qu'une ville de passage. De transit. On s'y arrete quelques heures sur la route pour une autre destination. Mais sans y rester longtemps. Dar est aussi la capitale économique de la Tanzanie. On y retrouve l'ensemble des services gouvernementaux ainsi que les ambassades, quelques grands hotels et complexes de bord de mer (mais peu de ces derniers), et nombre de quartiers ou s'entassent des dizaines de milliers de personnes vivant de petits commerces. Le tout sans grand intérêt pour les touristes, pour qui Dar signifie souvent l'arrivée en Tanzanie (aéroport international), l'obtention d'un visa dans une des ambassades ou bien encore fun ferry pour rejoindre Zanzibar. Donc difficile de trouver de quoi faire pendant 8 jours!

Nous sommes cependant allés passer le dimanche dans le monde des personnes riches et célèbres. En effet, en ce jour chomé, un grand hotel en front de mer (le Golden Tulip), offre un accès à sa piscine (moyennant finances, bien évidemment!) et propose un buffet face à la mer (moyennant des finances encore mieux garnies!). Mais après tout, un peu de plaisir ne faisant pas de mal, nous avons décidé d'aller user nos maillots de bain sur les transats de cet hotel fréquenté principalement par de riches touristes européens et nord-américains (à plusieurs centaines d'euros la nuit, on imagine bien!). J'en ai profité pour finir mon 2e livre du voyage (et toc!): une brève hisoire de l'avenir, de Jacques Attali, éminent économiste français. Après avoir fait un rappel exhaustif de l'histoire du Monde en général et de son histoire marchande en particulier, il nous propose son analyse des années à venir, tant au nivau politique, économique que sociologique. Un ouvrage exessivement puissant, très bien écrit, sans langue de bois, qui nous rappelle d'ou nous venons pour mieux nous faire réaliser ou nous nous en allons. Alarmiste, mais malheureusement réaliste. À lire impérativement pour bien comprendre les enjeux d'aujourd'hui et surtout de demain.

Durant cette journée allongés à l'ombre de notre palmier, nous avons été surpris par le nombre de locaux qui venaient également profiter de cette occasion de se baigner dans une magnifique piscine à débordement, juste en face de l'Océan Indien. En milieu de journée, il régnait meme une ambiance de colonie de vacances qui jurait avec l'ambiance très « cosy » et très « réglo » qui régnait quelques heures auparavant. Nous avons alors fait notre sac pour rentrer sagement à notre petit hotel bien modeste, avec notre petite fenetre donnant dans un stationnement étagé et notre ventilateur qui fait du bruit... Nous avons quand meme pris le temps de prendre avec nous un bon coup de soleil, histoire de ne pas rentrer les mains vides!

Hier, nous avons pris le petit ferry-boat (ferry-boate pour les intimes) qui traverse la passe d'entrée au port. 10 minutes de traversée sur un ferry archi-bondé d'autos, de piétons, de motos et meme de poules... Mais à 8 cents la traversée, on se plaindra pas. Là, on débarque sur la cote sud de Dar. C'est là que s'étendent de magnifiques plages de sable blanc bordées de cocotiers (et oui, encore... mais faut bien qu'on fasse passer le temps!). Le long de cette plage sont installés des beach-clubs, sortes de complexes ou on vient passer la journée en famille ou entre amis. La plage dispose de palapas (parasols faits de feuilles de palmiers) et de chaises longues. Le complexe dipose d'une piscine, d'un grand jacuzzi, d'un bar (ou on sert de l'alcool et dont bien des gens profitent pour boire certains interdits), d'un restaurant et parfois de chambres à louer. On y paye l'entrée pour disposer de ces services. L'après-midi y fut donc très agréable, entre bain à bulles et préparation du trajet en Inde. Retour à la tombée du jour avec un magnifique coucher de soleil en prime.

Il nous faut mentionner l'alimentation à Dar. Le jour, peu de places offrent la possbilité de manger. Par contre, le soir, les trottoirs se transforment en terrasses de restaurants. Partout, des portes métalliques fermées le jour s'ouvrent en fin d'après-midi. Des personnes en sortent les tables, des chaises, et un BBQ confectionné avec un demi bidon métallique de 250 litres muni d'une grille sur le dessus. On y prépare alors une braise digne des enfers les plus ardents. Et à compter de 18h00, la ville n'est que fumée de BBQ. En fait, le plat national est le poulet grillé. Il est préalablement mariné dans des mélanges d'épices différentes pour chaque restaurant. Parfois doux. Parfois piquant. Rarement fade! Les gens se succèdent les uns après les autres sur les petites chaises de plastique. Les autos s'arretent en file indienne pour commander au volant. Il règne alors une activité débordante sur l'heure du diner (ou souper au Qc). C'est comme si la ville du jour était consacrée aux affaires et la ville du soir était consacrée à la bouffe. On trouve également quelques tea-rooms. On s'est fait prendre à y commander un thé masala. C'est un thé agrémenté d'épices. Et particulièrement de gingembre. Surtout de gingembre. Dans des proportions auxquelles nous ne nous attendions pas. Très fort. Mais très bon. On y mange également d'excellents samosas, assaisonnés à souhaits, et que l'on trempe dans une mixture à base de noix de coco relevée de piment. Le contraste entre la douceur de la noix de coco et le piquant du piment. Meme un non adepte comme moi peut trouver cela délicieux.

Voilà donc en quelques lignes ce qui a constitué notre semaine à Dar. Finalement, elle est passée vite cette semaine. Et puis elle est bien tombée. Elle nous a permis de faire plusieurs petites choses que l'on aurait pas eu le temps de régler si nous avions été sur la trotte. Une sorte de pause avant de mieux continuer. Cet après-midi, nous récupérons nos passeports avec nos visas pour l'Inde. Demain, bus pour Arusha. 10 heures. Si tout va bien. Vendredi, bus pour Nairobi. 6 heures. Si tout va bien. Et puis dimanche, 2 mois jour pour jour après notre départ du continent nord-amériain (et oui, déjà 2 mois... ça n'a pas d'allure comme ça passe vite!), ce sera notre vol pour Mumbai, via Doha, au Qatar (petit émirat du golfe persique). Arrivée prévue à Mumbai: lundi matin à... 4h15. Une autre courte nuit en perspective! Mais cela n'est rien en comparaison des millions de choses merveilleuses que nous vivons au quotidien.

Le temps sera alors venu pour nous de passer à un autre pays. Une autre étape. D'autres aventures. Nous devrions également rédiger à chaud nos sentiments suite à ces 9 semaines passées en Afrique. Beaucoup d'images, d'expériences, de rencontres, d'histoires se bousculent dans nos tetes. Et notre voyage nous permet de nous faire une opinion un peu plus précise de ce qu'est ce continent. Des relations que nous, occidentaux, entretenons avec. Des bienfaits de nos interventions. Et de nos erreurs. Pour ne pas dire de nos horreurs. Mais ce sera à l'objet d'un post spécifique.

Un grand bonjour à toutes et à tous, et... à très bientôt.

Marius et Sylvie...

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