
2 semaines. Voilà 2 semaines que nous ne vous avons pas écrit. Et pour cause. Nous venons de passer 10 jours à Kufunda, « the learning village », petite communauté située à 30 kilomètres au sud de Harare, elle-meme capitale du Zimbabwe.
Comme nous vous l'avions dit lors de nos premiers posts, un des objectifs de notre voyage (car ils sont nombreux!) était de donner un peu de notre temps pour des personnes qui pourraient en avoir besoin. Et à la lecture de notre itinéraire, vous vous doutez que bien du monde que nous rencontrerons pourra se « qualifier » pour faire partie de cet objectif...
Nous avons connu Kufunda (kufunda.org) par le biais d'une collègue de travail de Sylvie (merci Jacinthe :) ) qui y a été il y a quelques années. kufunda, qui veut dire « apprendre » en Swahili, est une organisation regroupant plusieurs communautés et dont l'objectif est de les accompagner afin qu'elles deviennent autosuffisantes en vue de l'amélioration de la vie des personnes qui y vivent.
Nous nous sommes donc proposés pour y passer une dizaine de jours. Lundi matin, après notre épique voyage en train de Victoria Falls à Harare, Jackie venait nous prendre à notre hostel pour nous accompaner jusqu'au village.
Après les salutations d'usage, sa première question fut: « avez vous à manger? ». Euh... ben oui, on a du riz... « Parfait, alors on y va ». Nous avons donc traversé Harare, capitale d'un pays en transition enter un passé glorieux et un avenir à l'issue inconnue. Cela dit, le centre ville ressemble tous les centre-villes du monde. Du monde. Beaucoup de monde. Quelques hauts immeubles. Des voitures. Des motos. Des camions. Comme partout ailleurs quoi!
Une chosequi frappe, c'est la floraison des « Jackarandas » (excusez l'orthographe, j'y vais au hasard!), de magnifiques et gigantesques arbres qui bordent les avenues et remplissent les parcs de la ville. Ils se parrent d'un violet intense lors de leur floraison. Et nous étions en plein dans leur période de floraison. Le spectacle était saisissant. Les photos vous donneront un aperçu de ce spectacle.
Une fois le centre-ville passé (et on en sort vite!), les choses changent drastiquement. On retrouve alors le sentiment que nous avon eu lors de notre arrivée à Victoria Falls. Mais augmenté de façon exponentielle. La misère humaine s'étale alors sous nos yeux d'occidentaux ébahis. Le long des routes, des milliers de personnes qui marchent. Dans les pick-ups, on s'entasse à 15 voire 20 parfois. Sur le bord de la route, on vend ce que l'on trouve à vende. 3 tomates. Quelques briques. 2 pains. Une dizaine de bananes. Trois fois rien... Nous roulons vers la sortie de la ville. Toujours ces arbres pour embellir un paysage si laid de pauvreté. Le contraste est saisissant. La route devient alors plus étroite. Notre conductrice doit maintenant slalommer pour éviter les trous qui ornent la chaussée. Puis l'asphalte disparaît et la végétation remplace les habitations. On entre dans le « bush ». Nous roulons sur une piste de terre. Sur notre gauche apprait une pancarte « Kufunda Village ». On doit etre tout proche. Nous nous engouffrons sur un chemin privé, sur les terres de la ferme Knuth, nom des propriétaires de la ferme sur laquelle est bati Kufunda. Des batiments apparaissent. La maison de Marianne (fille des propriétaires qui est à l'origine de Kufunda), la guesthouse, la pre-school, le laboratoire de préparation, des herbes, des huttes de résidents. Puis nous arrivons enfin aux bureaux. Nous faisons connaissance avec les personnes qui s'y trouvent et on nous conduit vers l'endroit ou nous dormirons pour les 10 pochains jours: la guesthouse.
La guesthouse se trouve à 5 minutes de marche du reste du village. Elle est constituée de 2 chambres et d'une petite cuisine et salle de bain attenantes partagées entre les 2 chambres (nous y serons seuls!). Nous y serons très bien pour poser nos sacs à dos après 4 semaines à sillonner l'Afrique.
De retour au village, nous faisons connaissance avec Kufunda. La communauté est constituée d'environ 30 personnes. Chaque personne ou famille dispose d'une hutte en dur d'une taille proportionnelle à ses besoins. Toutes les personnes participent au maintien des activités courantes du village et sont regroupées dans une douzaine d'équipes: jardins, construction, maintenance, administratif, conducteurs, etc. Kufunda offre également des sessions d'apprentissage à des groupes venus de l'extérieur afin de partager son savoir faire dans ses activités ainsi que pour dispenser des séminaires dans des disciplines telles que le yoga, la culture biologique ou l'art de tenir des ateliers.
Comme nous vous l'avons expliqué ultérieurement, l'objectif de notre séjour ici était de participer à la réalisation d'un projet utile à la communauté, quel qu'il soit. N'ayant pas de connaissances particulières dans des domaines tels que la culture des champignons, les toilettes écologiques ou bien les systèmes de captation des eaux, c'est avec notre tete que nous allions devoir les aider. En discutant avec les responsables de kufunda, nous avons appris qu'ils étaient en phase de planification de la réalisation de leur calendrier. Notre projet était tout trouvé: faire le calendrier 2009 de Kufunda. Ce fut là le fil directeur de nos 10 jours à Kufunda au cours desquels nous avons passé notre temps à accompagner les personnes dans leurs activités quotidiennes, en les questionnant sur leurs habitudes de vie, en les regardant faire et en les prenant en photos en prévision de notre travail à venir. Bien évidemment, nous ne manquerons pas de vous solicier une fois que ce calendrier sera disponible :) .
Tous les jeudis est organisé un grand repas communautaire auquel assistent tous les habitants de la communauté. C'est Tsi-Tsi, la dynamique et efficace responsable de l'équipe de support, qui coordonne le tout. Au menu, Satza (sorte de purée de farine de mais), épinards, riz, salade et chèvre. Cela représente un repas de choix en regard de a situation économique qui règne dans le pays, de la difficulté à trouver de la nourriture et au prix qu'elle vaut lorsqu'on en trouve! À titre d'exemple, vous obtenez 2 litres d'huile de cuisson pour 10$ US!
Du coté de la cuisine communautaire, un point frappant était la présence... d'un four à pizza au feu de bois. Lorsque j'ai demandé s'ils l'utilisaient, la réponse fut laconique: « on l'a fabriqué l'an dernier avec un canadien qui était de passage et on a fait des pizzas 1 fois dedans ». Cela suffit pour que nous osions le pari fou de le faire fonctionner une 2e fois. Le jeudi serait une excellente raison. Le mercredi , nous avons alors demandé au conducteur d'essayer de nous trouver en ville les ingrédients nécessaires et un peu de nourriture pour les jours à venir: 4 kg de farine, 2 paquets de margarine, 6 oeufs, 2 paquets de pates et un petit paquet de levure. Montant de la facture: 35$ US!
Le jeudi matin, Sylvie et moi arrivons tot à la cuisine communautaire. Il faut préparer la pate et faire chauffer le four. Et après 3 heures de prépatation, nous avons alors pu offrir à tous les convives de savoureuses pizzas agrémentées d'une sauce tomate maison et de quelques poivrons. Tout le monde a adoré!
Puisque nous sommes dans les arts de bouche, nous tenions à revenir sur la première question que l'on nous avait posé: « avez-vous de la nourriture? ». En fait, le village est à environ 30 km de la ville, et le pick-up n'y va qu'une fois par jour. Qui plus est, il n'y a pas de réfigérateur ou conserver le frais. La seule alimentation qu'on peut trouver au village est composée majoritairement d'épinards que l'on peut acheter des gens. Au cours de notre séjour, notre alimentation a donc été composée principalement d'épinards accompagnant successivement du riz, des pates ou bien de la satza.
Autre point délicat: l'énergie. Si le village est raccordé au réseau électrique, il est tout de meme très fréquent que ce dernier fasse défaut. Par conséquent, à de très nombreuses reprises, nous nous sommes retrouvés plongés dans une nuit noire au beau milieu de nulle part. La coupure la plus longue a duré plus de 48 heures. À chaque fois, le scénario était alors le meme: aller dans le bois avec sa frontale, trouver du bois et faire un feu. Nos vetements au complet sentent donc désormais le feu de bois! Pas très pratique quand on doit faire son lavage à la main dans une bassine...
En fait, ces expériences écrites en vrac ne sont que le reflet de ce que nous avons vécu pour une courte, très courte période de temps. 10 jours, ce n'est rien à l'échelle d'une vie. Mais il faut garder à l'esprit que ces 10 jours de vie dans un confort plutot spartiate, tout aussi follkloriques aient-ils pu nous paraitre, constituent le quotidien de millions de personnes. Cela est donc une belle leçon qui ne nous fera probablement plus jamais ouvrir notre frigo ou prenre notre douche de la meme manière. Nous avons mis le doigt sur un des objectifs de notre voyage, à savoir vivre vraiment ce qu'une grande partie de la population mondiale vit quotidiennement.
À la prochaine.
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