mercredi 10 mars 2010

2010-03-07 Procession dans les rues d'Antigua


Dimanche matin, réveil plutot lent. Un peu comme apres une nuit un peu trop arrosée. Mais sans arrosage! Au réveil, nous sommes allés sur le toit de l'auberge qui offre aux voyageurs une magnifique terrasse ou se restaurer avec une vue magique sur les volcans environnants. Une erreur en cuisine nous valu d'attendre notre petit déjeuner durant plus d'une heure. Juste assez pour prendre un cuisant coup de soleil: sur la face pour Sylvie, sur les bras pour moi. Question de complémentarité! Finalement, apres avoir allegrement avalé nos oeufs accompagnés de ''frijoles'' (purée de haricots noirs), il était déjà pres de midi.

Apres avoir transféré nos affaires dans une chambre double qui s'était libérée, nous nous sommes mis en route pour déambuler dans les petites rues d'Antigua. Il y avait la un mode fou. Nombre d'occidentaux, certes, mais surtout beaucoup de locaux venus de la ville de Guatemala (a moins d'une heure de route) pour échapper a la pollution et se rafraichir dans l'air vivifiant des hauteurs (Antigua est a 1500 metres d'altitude). En début d'apres-midi, nous sommes allés nous promener dans le coin du marché. Fait étonnant, on trouve 2 marchés cote a cote. Un premier s'appelle le marché de l'artisanat. Derriere un haut mur de béton, on y trouve des allées très propres, de la musique, des échoppes bien rangées et remplies d'articles aux origines artisanales ''douteuses'' (excusez la méfiance mais l'Asie nous a plutot vaccinés sr la notion d'artisanat... fait a la chaine dans des pays a bas prix!). Bref, un sypathique petit marché coloré spécialement destiné aux gentils touristes occidentaux. De l'autre bord de la rue, quelques étals plus désordonnés et un immense ''hangar'' recouvert de toles. Quelques petites entrées sombres permettent d'accéder dans cet antre si discret (et peut etre si effrayant) pour les néophytes. C'était la le marché local. Des centaines d'étals d'habits, de produits cosmétiques, de fruits et légumes, de nourriture seche et autres produits en tous genres. Et bien évidemment, le regard des vendeurs nous permettait de voir a quel point ils étaient étonnés de voir des occidentaux se promener la... En quelques secondes, nous venions de passer de l'Antigua touristique a l'Antigua local. Nous venions alors de retrouver nos marques de voyage. Que du bonheur!

Les rayons du soleil devenant agressifs (quand on a déjà pris un coup de soleil, on devient moisn tolérant!), nous sommes allés faire une petite pause repos a l'auberge. Alors que nous regagnions notre QG, un homme nous arreta pour nous questionner sur l'endroit d'ou nous venions. Il nous expliqua alors qu'a 18h00, un ''défilé'' aurait lieu dans les rues de la ville. ''Des gens descendent d'un village pour défiler avant de retourner dans leur village''. Pas tres clair tout ca. Mais assez intéressant pour que nous allions voir cela.

Vers 17h30, alors que le soleil commencait a s'enfoncer en arriere des volcans, nous avons remis le nez dehors. Tout juste en arriere de l'auberge, la rue était fermée et du monde s'amassait. Ce devait etre le fameux défilé... Et a notre grande surprise, il s'agissait en fait d'une procession. Comme celles que j'avais déjà vu a la télévision et qui m'impressionnaient tant. En tete, des personnes vetues de toges mauves répendaient de l'encens. Beaucoup d'encens. Par la suite, des hommes habillés en romains étaient suivis de porteurs de croix. Sur le sol, des femmes disposaient d'immenses tapis de fleurs que le cortege foulerait lors de son passage. Alors venaient les pieces maitresses de la procession. Un immense char a l'éfigie du ''saint rédempteur'' était porté par des dizaines d'hommes. D'autres hommes, en avant et en arriere, assuraient la ''conduite'' du char, le faisant avancer et reculer lorsque des virages devaient etre négociés dans les étroites ruelles pavées d'Antigua. Le char devait mesurer 2m50 de large, 4 metres de haut par plus de 12 metres de long. Précédant le char, des ''ouvreurs'' étaient munis de longues perches en bois terminées par des sortes de ''mains'' qui leur servaient a relever les fils électriques au passage du char. Une fanfare suivait en jouant en alternance des airs de recueuillement puis des airs festifs au rythme desquels les porteurs avancaient. Vu d'en arriere, le mastodonte de char se balancait de droite a gauche, de droite a gauche, lentement, tranquillement, sans cesse. Quelques dizaines de metres en arriere du ''saint rédempteur'' avancait un autre char, plus modeste (mais tout de meme imposant), a la gloire de 'Marie''. Celui-ci était cependant porté par des femmes. Pas des clones de rugbymen. Mais des femmes tout ce qu'il y a de plus ''normal''. Simplement des croyantes qui participaient a la procession. A vrai dire, je ne sais pas quel est le poids dudit char. Mais l'image de ces dizaines de porteurs avancant sans mot dire sera pour moi un grand moment de ce voyage. Ah oui, j'allais oublier un détail. Ces croyant étaient partis a midi de leur village qui se trouve a plus de 4 kilometres d'Antigua. Avec leurs chars sur les épaules. Et apres avoir déambulé toute la soirée dans la ville, ils s'en retourneraient dans leur village. Avec leurs chars sur les épaules. Et cela se répeterait durant les 4 dimanches précédant l'apothéose des fetes de Paques, qui sont ici aussi importants que le diwali des indiens, le 24 juin des québécois ou la finale de la coupe du monde de 1998 des francais.

Plus tard dans la soirée, nous avons recroisé a 2 reprises le passage du cortege. La nuit ajoutait a la magie. Des puissants projecteurs alimentés par des groupes électrogenes éclairaient les chars qui avancaient lentement dans les rues de la ville. Quel spectacle saisissant!

En fin de soirée, c'est devant ''la iglesia de la Merced'' que nous avons mangé. Il y régnait la une atmosphere de kermesse. Des centaines de personnes y étaient réunies pour se régaler de mille et un suculents mets offerts par les vendeurs ambulants. Manger local avec les locaux: la meilleure facon de manger de bons plats d'ici et de ne pas tomber malade!

Finalement, c'est avec des images, des sons et des couleur plein la tete que nous avons sagement regagné notre chambre pour aller nous remettre de toutes ces émotions.

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