vendredi 19 mars 2010

2010-03-21 De Chichi a Flores

Apres quelques minutes d'attente, un énorme klaxon se fit entendre plus bas dans le village. Puis le bruit d'un gros moteur diesel qui arrivait a fond de train. Le bus scolaire aux couleurs chattoyantes pointa le bout de son nez. Dans le virage bondé de monde et de véhicules, il se fraya un chemin. A la limite de l'accrochage. On nous fit de grand signes pour sauter dedans. Il était clair que le gros véhicule ne s'arreterait quasiment pas! Sylvie embarqua avec une meute de gens pendant que je lançais les sacs a dos au placier qui était perché sur la galerie. Le moteur grondait. L'embrayage était sur le point de faire décoller le mastodonte. Et aussitôt avais-je mis le pied sur la plateforme que le chauffeur élançait sa machine dans les petites rues encombrées. On ne rigole pas avec l'horaire des bus au Guatemala!

Apres avoir réussi a traverser la ville-marché, le chauffeur descendant de Fangio fit chauffer les pneus. 6 vitesses courtes passées avec double débrayage suivies de 6 longues. Le turbo sifflait la Traviatta. Le pot d'échappement crachait a plein tuyau. Le paysage défilait. Je ne pouvais ne pas penser a la chanson ''chauffard'' de Cabrel. La bande blanche qui défile... Dans les montées en lacets, un coup de klaxon avant le virage aveugle laissait savoir a ceux qui se croiseraient notre chemin que nous nous arreterions pas... et qu'ils étaient mieux de se tasser. Dans les descentes, nous nous écartions du virage afin de plonger vers l'intérieur et prendre la corde pour mieux relancer l'autobus en sortie. Je vous disais Fangio, n'est-ce pas? Peut-etre plus un Alain Prost pour la netteté de sa trajectoire!

A l'heure prévue, nous arrivions a Ciudad Guatemala. Le placier cria ''Tikal futura'', du nom de l'énorme centre d'achat qui se présentait a notre droite. C'était la que le propriétaire de la guesthouse nous avait dit de descendre pour prendre un taxi jusqu'à la station de bus. Le bus freina brusquement. Le placier était passé par la porte arriere du bus et était déjà sur le toit en train de détacher nos sacs a dos. Le temps que nous sortions, il nous était prêt a nous les lancer. Et aussitôt ces derniers avaient-ils touché le sol que le bus se remit en route. Aussi vit qu'il s'était arreté. Avec un énorme panache de fumée noire et nauséabonde en plus!

Avant de prendre un taxi, nous sommes rentrés dans le ''Tikal futura'' pour manger quelquechose. C'est bien connu, tous les centres d'achat ont une foire alimentaire offrant toutes sortes de choses a manger. Et commes partout ailleurs dans le monde, nous avions le choix entre Mc Donalds, Subway, Pizza Hut ou un fast-food local. Par dépit, nmous avons choisi ce dernier. Pour un montant équivalent a une nuit en guesthouse et 2 repas dans des comedores, nous avions a peine de quoi rassasier notre appétit. Et surtout pas nos papilles (n'est-ce pas Annie?). Tout autour, la classe moyenne de la capitale nous dévisageait du regard. Non pas pour nous juger. Mais étonné de vois 2 extraterrestres en sac a dos dans ce haut lieu de la consommation. A vrai dire, nous ne nous sentions vraiment pas a notre place. Étonnant lorsqu'on sait que nous fréquentons ces memes lieux toutes les semaines chez nous pour y faire nos emplettes.

Apres avoir avalé nos chers et chers repas, nous avons remis nos sacs sur le dos pour redescendre prendre un taxi. Dans l'escalier roulant, une petite fille nous regarda et parla a sa mere qui paru genée... Sa fille venait de lui demander si nous étions des concurrent de la télé réalite ''the amazing race'' ou des équipes en sacs a dos font une course autour du monde. Autant dire que cela nous a permis de rire un bon coup!

Le chauffeur de taxi nous embarqua pour un prix tout a fait correct. Nous étions partis pour traverser cette ville a la réputation sulfureuse en nous dirigeant vers la ''zona 1'', qui est le centre historique de Ciudad Guatemala mais aussi un des plus ''déicats'' (t'en fais pas Annette, on fait attention). La plupart des rues étaient désertes (normal, nous étions dimanche dans un pays tres catholique). Une seule artere paraissait plus animée. Le chauffeur de taxi s'arreta devant un immense portail métallique gardé par un agent muni d'un fusil a pompe. En arriere, 3 autobus marqués ADN: nous étions arrivés. Nous avons déposé nos sacs a l'intérieur et avons acheté nos billets. Il ne nous restait que 6 heures a attendre, puisque nous prenions un bus de nuit pour rejoindre Flores, a 8 heures de route de la.

Nous sommes donc ressortis de la gare du bus pour plonger dans l'inconnu, dans cette ville stigmatisé pour sa dangerosité. Sans sacs a dos. Juste un peu d'argent pour manger quelque chose et acheter de quoi nous rafraichir. Sur environ 10 coins de rue, nous avons longé le long boulevard qui menait jusqu'à la place centrale de Ciudad Guatemala. Désert. Ni plus ni moins que les rues d'une ville française un dimanche apres-midi... Sur le trottoir, on nous proposa de changer de l'argent. Sans animosité. Les autres personnes que nous avons croisées nous souriaient en nous adressant un sourre agrémenté d'un ''buenos dias'' des plus courtois. Finalement, notre chemin se passa sans encombres jusqu'à la place.

La, la vie avait repris son droit. Cet immense espace était entouré par une église, le palais présidentiel, un petit parc et une long batiment au trottoir recouvert par des arcades. Il régnait comme un air de kermesse. Des amuseurs publics. De la musique a fond de train. Des vendeurs ambulants. Des étals our mange et boire. Des kiosques ou se faire prendre en photo devant les monuments ou sur des fonds les plus kitsh possible. Et du monde. Beaucoup de monde. Comme si a Ciudad Guatemala, le dimanche, les habitants se séparaient en 2 groupes l'un dans les centres d'achat et l'autre sur la place centrale! Nous avons passé pres de 2 heures a cet endroit. En nous promenant. En nous asseyant et en regardant le petit air de folie qui y régnait.

Vers 18h00, la place commença a se vider. Rapidement. Presque aussi vite que le soleil déclinait. Nous avons donc tranquillement pris le chemin du retour vers la station de bus. Mais au lieu de rentrer par le boulevard désert que nous avions pris a l'aller, nous sommes plutot passés par une rue qui faisait office de marché a ciel ouvert. Des 2 bords de cette avenue marchande s'étaient installés des vendeurs ambulants, principalement de chaussures, de vetements et de CD et DVD pirates. Une véritable industrie qui offraient une animation plutot vive. Sur les 10 coins de rue du retour se répétait les memes scenes. Le tout dans le plus grand respect.

Nous nous sommes arretés a la station de bus avant d'aller manger. Vers 20h30, les rues étaient devenues sombres et désertes. A 2 coins de rue se trouvait un ''pollo campero'', la chaine de fast food local servant du poulet. Nous y avons fait la fermeture. En retournant jusqu'àu bus, nous avons retraversé les rues toujours aussi sombres et toujours aussi désertes. Mais sans vraiment avoir le sentiment d'y etre en danger. Encore une fois, tout s'était tres bien passé.

A 22h00 précises, le bus s'élança. Nous avions choisi la compagnie ADN car bien qu'elle soit la plus chere (on parle de quelques dollars de plus que les autres compagnies), elle était réputée pour etre la plus confortable. Nos expériences de voyage en bus d enuuit nous ont apprises que vous etes parfois mieux de payer ces quelques dollars de plus et d'avoir une petite nuit de sommeil que de vouloir économiser ''un gros 2 piasses'' et arriver le lendemain matin toutcourbaturé et sans avoir fermé l'oeil de la nuit...

Les rangées étaient de 3 confortables sieges tres inclinables et proposant aux passagers un maximum de dégagent pour les jambes. Tout juste avant le départ, une hotesse nous avait remis a chacun un petit sac en papier contenant une bouteille de jus d'orange et des biscuits. Belle attention. Apres avoir traversé la ville, nous avons pis la route principale en direction de Flors, dans la région du Peten, au nord du pays. Et c'est la que la route s'arreta pour moi. A 6h00, alors que le soleil se levait, nous ouvrions les yeux. Quelques minutes plus tard, notre chauffeur s'engageait sur un pont qui menait a un village formant une presqu'ile sur un lac. Une sorte de Mont Saint Michel gautémalteque. Il imobilisa l'autobus, se leva et nous lança ''Flores'': nous étions arrivés!

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