vendredi 19 mars 2010

2010-03-11 Un cafe por favor!

Jeudi matin, nous avons été prendre un petit déjeuner copieux sur une terrasse ombragée non loin de notre guesthouse. Vers 11h00, nous avons fermé nos sacs et avons pris la direction du lac pour y pendre un bateau en direction de San Juan. C'est sur le quai de ce petit village que nous avions convenu de retrouver Annie et Jean a 14h00.

A Panajachel, les bateaux partent de 2 endroits bien distincts en fonction de la destination que vous voulez atteindre. Évidemment, nous ne nous sommes pas dirigés vers les bons quais. Mais apres nous avoir collés pendant plus de 20 minutes, un ''généreux monsieur travaillant pour la compagnie de batteaux'' (lire rabatteur) nous proposa de nous y conduire. Un peu par lacheté, nous avons cédé. Il nous conduisit donc jusqu'au bateau qui partait peu de temps apres. Il nous demanda de lui payer la traversée: 50 quetzales. Quelquechose ''ne sentait pas bon'' (c'est une image), mais nous ne pouvions mettre le doigt dessus. Était-ce la voix basse du rabatteur lorsqu'il nous demandait de le payer... le sourire complice qu'il lança au capitaine... son regard fuyant orsque nous l'avons payé...? Nous verrions bien.

La lancha (le bateau a moteur) s'élança et longea tranquillement la rive du lac. Le clapot l'empechait d'aller vite au risque d'arroser tout le monde a bord. Ce bateau faisait escale dans tous les petits villages. Nous devions débarquer a l'avant derniere escale. Et a chaque fois qu'une personne descendait du bateau, je regardais combien elle payait: 10 quetzales! Nous nous étions donc fait rouler comme des débutants par notre rabatteur. Mais bon, c'est le prix de la navette rapide (et directe) pour traverser le lac. Il me fallait donc piler sur mon orgueuil pour nous etre fait avoir et me consoler en me disant que c'était le prix que nous aurions de touet façon payé pour un bateau direct...

Pendant ce temps, le capitaine était tres avenant et nous avons discuté une demie-heure ensemble. De tout et de rien. Des belles maisons qui bordaient la cote. De bateaux. Du Canada. Il me demanda également si nous avions réservé un hotel a San Juan. Non, bien éviemment... nous trouverions certainement sur place. Il m'expliqua alors qu'il n'y avait la que 3 hotels aux tarifs plutot exhorbitants. En apprenant cela, alors que étions en train d'accoster a San Juan, j'en glissait un mot a Sylvie qui proposa que nous continuions jusqu'à San Pedro, derniere escale a quelques minutes de la, que nous y déposions nos sacs et que nous revenions en tuk-tuk pour retrouver Annie et Jean. Ce changement d'idée sembla embeter le capitaine et son matelos qui discuterent dans leur langue locale... comme pour éviter que nous ne comprenions ce qu'ils se disaient...

Quelques minutes plus tard, nous accostions a San Pedro. La lancha se vida rapidement de ses passagers. Pour nous, ce fut plus long, le temps de nous équiper de nos sacs a dos. Et alors que nous quittions le quai, le capitaine s'approcha de nous et nous demanda de lui payer 10 quetzales additionnels pour avoir changé d'itinéraire en cours de route... Autant vous dire qu'il a rapidement su mon amertume a m'etre fait rouler une premiere fois pour ne pas payer une deuxieme. Et nous sommes partis, sans demander notre reste!

Un autre rabatteur s'aggripa a nous pour nous proposer une chambre. Apres avoir demandé a d'autres backpackers le prix ''normal'' d'une chambre (60 quetzales), Sylvie a réussi a en négocier une a... 50 quetzales! Nous avons y déposé nos sacs et avons pris a pied la petite route qui mene vers San Juan.

A l'entrée de ce petit village, nous avons pris la direction du quai. En longeant le petit chemin de terre, une odeur forte nous interpella. Une odeur de fermentation tres semblable a celle que produit la pelure de raisin lorsque ce dernier a été pressé. Sur notre droite, sur un terrain, un étrange tas de ''pelures'' entre le rouge et le brun qui étaient étendues au soleil. Il n'y avait pas de doutes: l'odeur venait bien de la!

Quelques metres plus bas, un homme s'affairait a remplir des sacs roses avec des graines blachatres. Mais que pouvait-il bien faire? Devant notre curiosité évident, il nous proposa d'entrer pour aller voir de plus pres. Nous avons passé la petite porte métallique et nous nous sommes approchés: c'était du café! En fait, apres avoir passé les graines du caféier dans une presse qui sépare l'écorce (qui seche alors au soleil en fermentant!) du grain, ces derniers sont étendus sur de grandes aires de séchage en béton. Apres avoir passé 4 a 5 jours sous les rayons du soleil, les grains sont ramassés et mis en sacs pour etre expédiés (ceux-ci en Californie) ou une autre étape séparera la coquille du grain avant que celui-ci ne soit torréfié prélablement a sa mouture. Tout un procesus qu'on connait peu et qui nous permet de savourer un excellent café tous les matins!

Nous avons alors demandé si nous pouvions prendre quelques images. Devant l'approbation rapide du monsieur, Sylvie se proposa de l'aider. Pendant que je faisais des photos, elle était pieds nus au milieu du tas de café a remplir les sacs. Nous avons aidé le vieil homme a remplir tous ses sacs, puis a les fermer et enfin a les transporter dans son abris. Un expérience unique!

14h00 venait de sonner. Nous avons alors rejoint le quai qui se trouvait quelques dizaines de metres plus bas. Mais pas d'Annie et Jean. Pendant que nous attendions, des chauffeurs de tuk-tuk entamerent la conversation. Votre nom. De quel pays vous venez. Combien de temps vous restez. Etc. Nous leur avons alors expliqué que nous attendions des amis qui devaient arriver en lancha... A 14h30, toujours personne en vue. Nous avons alors décidé de nous mettre en marche vers le centre du village de San Juan. La vie se chargerait bien de nous remettre dans le meme chemin.

Nous gravissions tranquillement (et péniblement) une petite rue de San Juan lorsqu'un tuk-tuk klaxonnait a tue-tete en se dirigeant vers nous. Nous nous sommes retournés et avons aperçu de chaque bord des bras qui s'agitaient: c'était Annie et Jean! Le chauffeur de tuk-tuk avec qui nous avions discuté les avait repérés a la descente de la lancha et leur a proposé de partir a notre reherche. Chapeau l'artiste!

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