
Le 23, le réveil sonna a 7h00. Dehors, le soleil venait tout juste de se lever. Rapidement habillés, nous avons filé déjeuner sur les étals ou les gens semblaient heureux de nous retrouver jour apres jour (lorsqu'ils voyaient notre moto arriver, ils nous faisaient un grand sourire en nous disant ''2 coffees?''). Puis nous sommes revenus au resort ou un ''speedboat'' (bateau rapide) venait nous chercher a 8h20. Nous partions pour la journée faire le tour de 4 iles. Mais en arrivant, le bateau était déjà arrivé. Une grosse coque ouverte peinte d'un rouge ferrari avec toile rapide blanche était au mouillage a quelques metres du rivage (les initiés comprendront). En arriere, 2 x 200cv hors-bord laissaient imaginer que nous ne devrions pas nous ennuyer. Une fois a bord, étant les premiers, nous nous sommes confortablement installés a la proue et le capitaine a mis en marche. Il a mis les gaz et le bateau est sorti de l'eau. Nous avons alors caboté d'hotel en hotel afin de prendre avec nous une dizaine d'autres personnes et avons pris plein sud, les 2 V6 nous faisant filer a vive allure sur une mer d'huile. Debout, cheveux au vent, l'odeur des embruns me fouettait le visage et ne pouvait que me rappeler mes 23 années passées au bord de la mer... un jour... un jour...
Notre premier arret arriva. Nous avons mouillé (jeté l'ancre) au pied d'une paroi rocheuse qui se jettait dans la mer. Au niveau de l'eau, une grotte. Nous nous sommes alors mis a l'eau et avons pénétré dans cette cavité. Alors que le ressac faisait claquer les vagues contre les parois calcaires, l'intensité de la lumiere diminua jusqu'à ce que nous nous retrouvions dans le noir total. Meme l'eau que les rayons du soleil illuminaient devint noire. Notre guide nous éclaira a l'aide d'une lampe. Puis tout a coup, nous avons vu la lumiere au bout du tunnel (non sans un certain soulagement!). C'est alors que nous avons débouché sur une petite plage d'une trentaine de metres et entourée a 360 degrés par de gigantesques parois calcaires. Nous avions pris le seul chemin d'acces qui y menait. Elle avait été autrefois découverte par les locaux qui veniaent y ramasser les nids d'hirondelles, met exotique déjà fort recherché. Certains brigands s'y seraient également réfugiés, y cachant apparemment secretement quelques butins dérobés ici ou la...
Alors que des bateaux avec plusieurs centaines de personnes commençaient a arriver (lieu touristique obilge!), nous avons regagné notre embarcation pour rejoindre une 2e ile pour plonger (snorkeling). Et des que nous avons jeté l'ancre, des milliers de poissons multicolores sont venus nous accueillir. C'est sans tarder que nous nous sommes parés de masque, tuba et palmes pour aller voir de plus pres de quoi il en retournait! Il va sans dire que, ainsi entouré, le spectacle fut saisissant. Une visibilité a 20 metres. Des coraux. Des anémones et leurs poissons clowns (i.e. Némo!). Des baracudas. Bref... un décor sous-marin a couper le souffle s'étendait sous nos pieds palmés.
Vers midi, le bateau nous a conduit sur une 3e ile ou nous avons débarqué sur une plage de sable blanc aussi fin que de la farine et aussi lumineux que le soleil lui-meme. L'équpage nous y a préparé a manger et nous avons eu du temps pour relaxer (!). En mageant, nous avons fait la connaissance d'un couple de français de Paris fort sympathiques, Mounir et Élizabeth. Puis nous avons embarqué a nouveau pour rejoindre notre 4e et derniere ile ou nous allions plonger a nouveau. Et afin de ne pas risquer de causer un départ massif de lecteus de leur travail pour partir immédiatement vers la Thailande, je vous tairai les détails de cette plongée qui fut tout aussi agréable que la premiere.
Vers 14h00, il fut déjà temps de prendre le chemin du retour. Dans le sens inverse du matin, nous avons alors reposé chacune des personnes a leur hotel respectif et avons teminé par notre resort. Mounir et Élizabeth restant a un hotel proche du notre, nos avons convenu de nous retrouver pour souper. Avec sylvie, nous avons donc été faire un petit ''plouf '' dans notre piscine avant d'aller les retrouver. Nous avons donc mangé en leur agréable compagnie dans le restaurant de leur resort.
Le 24, nous sommes restés tranquilles a notre resort a entretenir un programme en alternance piscine-internet-sieste-repas-chaise longue garant d'un repos assuré. Puis Mounir et Elizabeth, qui avaient un vol pour Bangkok en fn de journée, sont venus nous rejoindre pour aller expérimenter la restauration sur les étals (qui n'est pas encore dans leurs habitudes de voyage) et manger un excellent padthai. En fin d'apres-midi, nous les avons reconduits a leur hotel et sommes rentrés rapidement au notre alors qu'un nouvel orage s'abattait.
Le 25, connaissant seulement une cote de l'ile, nous avons entrepris d'aller explorer celle que nous n'avions pas encore visitée: la cote ouest (ça fait tres Californie comme expression!). Nous avons alors enfourché notre moto et avons filé sur la petite route qui se faufile entre la montagne d'un bord et la mangrove de l'autre. Au bout de la route, tout au sud, se trouvait un miniscule village de pecheurs. Le contraste y était saisissant entre des maisons spartiates sur pilotis et des maisons en dur toutes neuves a flanc de colline. Mais un panneau situé au bord de l'eau nous donna rapidement l'explication. Un certain 26 décembre 2004, une terrible vague déferla sur la région, tuant des dizaines de milliers de personnes et en laissant des centaines de milliers sans abris. Je veux bien évidemment parler du tsunami qui ravagea l'Asie dus sud-est. Ces iles furent parmi les plus durement touchées, recevant les vagues de plein fouet. C'est pourquoi une borne identifiait l'événement. Dailleurs, partout sur l'ile, d'immenses poteaux coiffés fe sirenes et de haut-parleurs ont été installés afin d'aviser la population advenant qu'un tel phénomene ne se produise a nouveau. On retrouve aussi des dizaines d'écriteaux indiquant les chemins d'évacuation a suivre en cas d'alerte et menant a des points de rencontre. Afin de ne pas oublier que le risque, aussi minime soit-il, est toujours présent.
Apres avoir atteint la fin de la route, nous avons rebroussé chemin pour faire un arret a ''Old Lanta''. En flanant dans ce tres mignon petit village sur pilotis, nous nous sommes arretés dans une des maison qui vendait des batiks, ces peintures tradtionnelles sur les tissus de coton. Une américaine (mariée a un thai) nous répondit. Sa maison sur pilotis et a aire ouverte servait aussi de galerie. La terrasse donnait directement sur la mer d'Andaman et les iles ou nous avions été plonger 2 jours auparavant. Avec elle, nous avons rapidement abordé les tristes événements de 2004. Ce jour la, elle était partie en bateau avec des amis pour aller plonger. Ils ne se sont donc pas aperçus de ce qui se passait, la vague étant passée en dessous d'eux. Mais a l'approche des rivages, la mer s'est soudainement retirée sur des centaines de metres, comme le ferait une marée tout aussi subite qu'extraordinare, découvrant les fonds comme jamais. Puis le niveau de l'eau est remonté tres rapidement, bien plus haut que le niveau normal, avec une force phénoménale. Tout a alors été détruit: les maisons, la jetée, les bateaux. Cependant, la partie ouest de l'ile fut la plus touchée, les plus gros dégats et les plus grandes pertes humaines ayant eu lieu... au Kaw Kwan beach resort... la ou nous logions! Voilà donc pourquoi tous les resorts alignés sur la plage sentent encore presque le neuf. Mais on ne parle pas trop de ces choses la. Pour les thais, il s'agit du passé et ils vivent dans le présent. Pour les autres, ils ne veulent pas rouvrir une blessure qui ne s'est finalement jamais réellement refermée. Nous sommes donc repartis comme nous étions arrivés, mais avec quelques batiks en plus! Et il va sans dire que mettre des mots sur un événement aussi tragique en sachant que nous nous trouvions dans l'un des endroits les plus touchés, cela laissait songeur, bien que les probabilités sont quasi nulles pour qu'il ne se reproduise avant des centaines d'années. Le soir, apres avoir réservé notre excursion pour le lendemain, nous avons repris nos petites habitudes en allant manger sur nos étals, les personnes nous offrant des fruits pour nous remercier de notre ''fidélité''. Et c'est sous un ciel étoilé que nous sommes allés nous coucher.
Le lendemain matin, je me suis réveillé tot. En tirant le rideau, j'ai pu apercevoir un levé de soleil fabuleux qui annonçait beaucoup de bonnes choses pour cette journée de plongée. Mais alors que Sylvie se réveilla, un bruit sourd remit les choses en perspective... un orage était proche. En allant déjeuner, un contraste saisissant s'offrit a nous: du coté des terres, un soleil radieux. Du coté de la mer, de lourds nuages et un ciel noir de fin du monde duquel tombaient des pluies diluviennes régulierement illuminées par de grands éclairs. Tout cela, juste dans la direction que nous devions prendre avec le bateau. Et pour couronner le tout, le vent soufflait de la mer. De retour a l'hotel, notre bateau arrivait tout juste pour venir nous chercher. Et pas n'importe quel bateau! Pour les aficionados de belles mécaniques, voici un peit résumé de la bete: coque ouverte de 12 metres pouvant accomoder 40 personnes (!), toile rapide, et en arriere, 3 V8 Honda 4 temps hors bord de 225 par unité. Nous allions alors avoir une écurie de 675 cheveaux pour nous conduire a bon port. Ou plutot a bonne ile. Mais ils ne seraient certainement pas de trop pour nous faire passer a travers la soupe de poids qui nous attendait. Avant de monter, on nous assura que si le temps était trop mauvais, nous ferions demi-tour. Tant mieux car il aurait été dommage de plonger sous la puie et dans le noir! Une fois a bord, le capitaine a mis en marche la cavalerie et a laché les étalons. Ouf... impressionnant de puissance de silence. Rapidement (comme vous vous en doutez!), nous avons ramassé quelques autres personnes. Mais le temps en face de nous n'annonçait rien qui vaille. Le ciel était bouché et déversait des averses diluviennes. Fréquemment, des éclairs déchiraient le ciel. Notre bateau ne semblait pas peiner dans la mer qui se formait, mais etre sur l'eau avec des orages qui nous passent sur la tete, non merci. Alors que nous attendions des nouvelles météo a savoir si nous commencions la traversée d'une heure pour rejoindre l'ile de Koh Rok, nous avons exprimé a l'équipage notre volonté de ne pas tenter le diable. Avec Sylvie, nous avions convenu de nous faire débarquer si le groupe tenait mordicus a y aller. Mais finalement, l'équipage a convenu qu'il était trop dangereux de tenter l'aventure (bien que certaines personnes auraient aimé y aller!) et nous avons fait demi-tour. Personnellement, nous avons eu le coeur un peu pincé jusqu'á ce que nous débarquions sur la plage de notre hotel.
Apres avoir repris un peu de courage malgré le temps déplorable qui regnait et alors que la pluie cessait, nous sommes partis nous promener dans les parages en moto. J'en ai profité pour aller chez le coiffeur me faire couper les cheveux et raser ma barbe de quelques semaines. Le soir, nous sommes allés nous installer dans un bar tout proche de notre hotel qui est situé en haut d'une petite falaise faisant face a la mer et aux iles environantes. C'est de la que nous avons eu doit a un des plus beaux couchers de soleil que nous ayons eu jusqu'à date.
Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés tot en espérant grandement que le temps serait plus clément. Mais en sortant de notre bungalow, c'est un ciel couvert qui nous accueillit. Pas super, mais bon... Surtout qu'apres avoir déjeuné, une éclaircie sembla se profiler sur les terres d'ou le vent soufflait. De retour a l'hotel, nous avons pris nos serviettes et avons rejoint la plage ou notre ''ferrari des mers'' arrivait tout juste. Nous avons alors refait la tournée des resorts et c'est avec environ 25 personnes que le capitaine a mis cap plein sud sur l'ile de Koh Rok. Pendant plus dune heure, nous avons été bercés par la douce sérénade des 3 moteurs qui nous faisaient filer joyeusement sur une mer d'huile alors que les nuages se dissipaient.
Arrivés a Koh Rok, nous avons alors compris pourquoi cette ile est considéré comme l'un des meilleurs spots mondiaux pour le snorkeling. 2 iles protégées qui offrent des plages d'un blanc éblouissant dotées d'une végétation luxuriante et bordées d'eaux turquoises laissant apparaître de riches récifs coraliens. Le bateau se dirigea en arriere des iles et mouilla dans une petite crique. Comme par magie, le soleil apparu et les fonds semblerent s'illuminer telle une oeuvre d'art sur laquelle on dirigerait la plus belle des lumieres afin d'en faire ressortir toute la beauté et toute la profondeur. Nous avons mis notre masque et notre tuba sur la tete, chaussé nos palmes, et avons plongé la tete sous l'eau. Le spectacle fut grandiose. Des coraux. Des anémones. Des gorgonnes. Des poissons multicolores. Le paradis quoi! Pas farouches, les poissons venaient nous voir et n'hésitaient pas a nous mordiller histoire de voir si nous ne serions pas comestibles, ne sait-on jamais...
Apres cette premiere plongée, nous sommes partis sur la 2e ile ou notre repas nous attendait. Sous les arbres, nous nous sommes régalés avec pour spectateurs des varans qui n'hésitaient pas a passer parmi nous en espérant pouvoir manger quelque chose qui serait tombé a terre. Cette situation un peu irréelle n'était pas sans nous rappeler les iles Galapagos ou iguanes, fous a pattes bleues et frégates nous laissaient gracieusement évoluer dans leur environnement sans avoir peur de nous. Finalement, quand l'Homme respecte la nature et son environnement, alors la nature respecte l'Homme inéluctablement.
Puis nous avons passé un peu de temps a nous prélasser dans les eaux aussi chaudes que transparentes qui étaient en avant de nous avant de remonter sur le bateau pour aller plonger plus loin. La 2e plongée, qui se fit dans des eaux un peu plus profondes que celle du matin, fut tout aussi agréable avec en plus des courants si chauds qu'on avait froid des qu'on s'aventurait un peu plus profondément... Terrible quand la température de l'eau oscille entre 25 et 30 degrés!
Toute bonne chose ayant une fin, il nous fallu regagner le bateau pour prendre le chemin du retour. Une heure et demie plus tard, nous avions débarqué tous les passagers et le bateau nous déposa a notre tour a notre hotel. Apres nous etre rincés, nous avons pris un bain dans la piscine puis avons été ramener notre moto. En effet, nous avions décidé de repartir le lendemain pour Bangkok d'ou nous irions passer quelques jours a Chian Mai, dans le nord du pays. Nous avons donc également réservé notre billet de bus ''VIP'' puis avons pris le chemin de l'hotel, a pied, alors qu'un gros orage éclata. Au loin, un arc-en-ciel se forma, fomant un arc parfaitement visible de 180 degrés... puis un 2e vint se superposer au premier. Quel spectacle grandiose. Apres etre restés un bon moment en extase devant un tel phénomene (je n'avais pas souvenir d'avoir déjà vu un arc-en-ciel complet, et encore moins 2 ainsi superposés), nous sommes allés nous poser dans ''le bar sur la falaise'' pour admire un dernier coucher de soleil et ainsi clore en beauté notre escapade sud-thailandaise. Nous y avons retrouvé un couple suedo-danois fort agréable avec qui nous avions passé la journée sur le bateau.
Le 28 mars, dernier jour a Koh Lanta, nous avons passé une matinée tranquille a profiter une derniere fois de la chaude piscine du resort. Puis, a midi, le minibus qui devait nous conduire a Krabi se présentait en avant de l'hotel. Il était de temps de quitter.
A suivre...