
Environ 25 personnes devaient occuper le jeepney. Dont 5 sur le toit. Aussitôt avions nous quitté le village que la route devint chemin. De nombreux glissements de terrain avaient la aussi causé des dommages importants a ce moyen de communication vital qu'est la route. En effet, dans ces régions éloignées, elle demeurre l'unique moyen d'acheminer des biens et des personnes vers des villages faute de quoi ils seraient coupés du reste du monde.
Notre véhicule progressait lentement. Nous avons quitté la vallée de Banaue pour en rejoindre une autre. Celle-ci n'était ni habitée, ni cultivée. Le long de la montagne, sillonnant sur son flanc, on pouvait distinguer une sorte de cicatrice blanchatre. C'était la route que nous allions eprunter. Mais a intevalles plus ou moins réguliers, la montagne s'était détachée. A plusieurs kilometres de distances, nous pouvions obsesrver les glissements de terrain. Parfois, c'était un pan de montagne de plus de 100 metres de haut qui était parti. Parfois au dessus de la route. Parfois au dessous. Mais bien souvent des 2 bords. Partout, des chantiers de constructions s'affairaient a réparer les dégats, a renforcer la montagne a couler de nouvelles sections en béton armé. Alors que nous étions arretés pour laisser un camion-benne maneuvrer, je suis monté sur le toit du jeepney pour la suite du voyage. De la, la vue serait impressionnante sur la situation et le spot imprenable pour faire quelques photos.
En effet, pendant les 2 heures qui ont suivi, c'est accroché de peine et de misere que je me suis agrippé a la galerie de toit pour ne pas tomber en route. Mais c'était vraiment la meilleure place pour admirer non seulement la grandeur du paysage, mais surtout les a-pics que nous longions et les éboulis que notre véhicule avait parfois de la difficulté a franchir. Sous un soleil ardent, nous sommes passés de crete en crete, de col en col, de vallée en vallée. Les panoramas étaient a couper le souffle. Parfois, a l'approche d'un hameau, les Hommes avaient façonné la montagne en y construisant des rizieres. Le vent soufflait sur le riz qui se pretait au jeu en dessinant des vagues qui se propageaient d'une terrasse a une autre. Quel spectacle éblouissant. Finalement, apres pres de 3 heures de piste pour combler 45 kilometres, nous sommes arrivés a bon port a Bontoc, notre étape pour aujourd'hui.
Il était environ midi et la chaleur était accablante. Apres avoir pris une chambre dans une guesthouse, nous avons été nous promener le long de la rue principale qui traverse la ville. Les ''eateries'' (restauration populaire) et autres échoppes en tous genres se succédaient. Finalement, nous nous sommes arretés manger avant de rentrer a la guesthouse. Cela nous permit de nous reposer en lisant ou en écrivant. Le soir, nous avons mangé sur place avant d'aller nous coucher sagement.
Le lendemain matin, nous nous sommes levés a 6h30 afin d'attraper le premier jeepney pour Sagada. Apres avoir attendu jusqu'à 9 heures, nous nous sommes finalement mis en route. La vingtaine de kilometres de piste sinueuse fut avalée en moins d'une heure et demie et en milieu de matinée, on nous déposait au centre du village. Apres avoir trouvé une chambre, nous avons fait un arret a l'hotel de ville pour nous enregister (et payer au passage une taxe environnementale!). C'est aussi la que nous pouvions nous assurer des services d'un guide pour visiter quelques point intéressants de l'endroit. Peu avant midi, nous partions avec l'un d'entres eux pour environ 3h30 d'escapade. Un premier arret rapide nous permit d'observer les ''cercueuils suspendus''. Il s'agit d'une tradition aujourd'hui abandonnée. Dans cette région montagneuse aux pics karstiques acérés, les habitants montaient dans les falaises et y accrochaient les cercueuils de celles et ceux qui mourraient. Aujourd'hui encore, on peut observer des vestiges de cette pratique peu habituelle. Plus loin sur le chemin, nous sommes descendus a travers une foret de résineux pour atteindre une grotte ou s'empilaient d'autres cercueuils. Il s'agissait d'une autre pratique ancestrale pratiquée par les habitants (mais aujourd'hui elle aussi abandonnée). Au lieu d'inhumer leurs morts, ils les empilaient dans une grotte dont l'humidité et la température ont permis une conservation remarquable des cercueuils en bois. L'edroit était étonnant et témoignait encore une fois de pratiques différentes aux notres mais tout aussi respectables. Apres avoir continué notre chemin, nous sommes arrivés au point d'orgue de notre promenade. Il s'agissait d'une grotte dans laquelle nous nous sommes enfoncés durant environ 30 minutes. Notre guide éclairait les rochers glissants avec sa lampe a pétrole. Puis a un moment, notre guide nous a demandé de nous déchausser: nous allions devoir macher dans la riviere souterraine. Nous avons alors remonté nos shorts et sommes descendu encore un moment dans les profondeurs de la grotte. L'endroit était superbe avec ses concrétions, ses stalactites, ses baignoires et ses salles de taille moyenne. Puis nous avons entrepris la remontée a l'air libre en faisant attention de ne pas glisser le long du chemin parfois délicat.
De retour au village, nous avons mangé un morceau. Sur un bout de carton accroché au dessus du comptoir était écrit ''chien frais d'aujourd'hui''. Nous avons commandé du poulet afin de ne pas avoir les restes de ce pauvre quadripede! Le ventre plein, j'ai décidé de passer le reste de l'apres-midi a la guesthouse alors que Sylvie est partie se promener dans les environs. En marchant en direction des chutes qui se trouvaient a l'extérieur du village, elle a rencontré 2 singapouréens. Ensemble, ils ont visité les environs puis sont arrivés dans une fabrique de poteries ou ils ont pu s'essayer a la fabrication de quelques objets. Mais pas aussi facile que ça en a l'air!
Le soir, nous avons été manger dans un restaurant tenu par un français (certainement le seul a des kilometres a la ronde!). La table était a la hateur de la réputation gastronomique gauloise, avec entres autes un gratin d'aubergines a ne pas manquer si vous etes de passage dans les environs! Puis tout juste avant le couvre-feu de 21h00, nous avons repris le chemin de notre guesthouse. Le lendemain matin, nous partions pour Baguio.
@ +...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire