lundi 22 juin 2009

09-06-14 Taman Negara, une nuit dans une cache


Dimanche matin, le réveil annonçait le début des préparatifs pour note expédition: ranger son gros sac pour le laisser a la guesthouse, préparer son ''daypack'' avec le strict nécessaire (drap de soie, t-shirt de rechange, pantalon et haut a manches longues, anti-moustiques, couteau, lampe frontale, appareil photo, etc.). Il nous fallait beaucoup d'eau (car pas d'eau potable pour les 30 prochaines heures malgré une déshydratation importante) et de quoi manger le soir et déjeuner le lendemain matin. Il nous fallait également des matelas de sol car les lits de la cache ne sont que des plannches de bois...

Alors que nous allions déjeuner, Arnaud nous rejoignit et décida de nous acompagner durant ces 2 jours. Afin de ''couper la poire en deux'', nous avions prévu de monter en bateau et de redescendre a pied le lendemain. Nous aurions alors 2 options: un chemin difficile avec bien des montées et des descentes (les chemins étant en terre humide et recouverts de feuilles glissantes, le tout entremelé de racines), ou bien un autre apparemment plus ''facile'' au cour duquel il fallait cependant traverser une riviere avec de l'eau jusqu'au torse... Nous avions donc prévu l'option la plus ''facile''.

Vers midi, nous avons été manger sur la riviere. Avec Arnaud, nous avons fait une rapide traversée du coté du parc national pour qu'il réserve (et paye) lui aussi sa nuit dans la cache. Sur le registre, seuls 2 argentins avaient réservé pour cette nuit. Puis nous avons retrouvé Sylvie sur le restaurant flottant d'ou nous avons demandé un bateau pour remonter la riviere. Quelques minutes plus tard, une barque s'amarrait a notre restaurant flottant: l'heure du départ avait sonnée.

Le bateau remonta la riviere. Parfois, les rapides étaient assez impressionnants, mais notre pilote manoeuvrait a merveille, zigzaguant entre les rochers qui affleuraient a la surface. Apres un peu plus de 30 minutes, il nous débarqua sur la rive, au pied de vieux chalets a l'abandon. C'est dela que partait la piste pour notre cache. En effet, nous avons vite repéré les fleches indiquant le nom de notre cache. Pendant environ 45 minutes, nous avons donc cheminé dans cette foret dense en suivant rigoureusement le petit chemin. Parfois, il nous fallait traverser des ruisseaux, enjamber d'énormes tronc d'arbres ou bien sauter par dessus des colonies gigantesques de fourmis rouges et noires. C'est a ce moment que nous avons croisé 2 anglais qui arrivaient en sens inverse. Un peu livides, ils avaient l'air contents de voir du monde. Ils nous expliquerent qu'ils avaient dormi la nuit dans la cache et que ce matin, ils étaient repartis par le chemin ''facile''. Mais apres avoir traversé la riviere, ils avaient perdu la trace du chemin. Et en revenant, ils s'étaient perdus. Ils avaient tourné 6 heures dans la foret et ils étaient presque a cours d'eau. Ils avaient vraiement l'air choqués. Cela eu également pour effet de semer un doute dans nos esprits quand a la piste ''facile''. Ils sont alors repartis vers la riviere (d'ou nous arrivions) afin de se queter un bateau pour redescendre vers le village. De notre bord, nous avons repris notre chemin pour rejoindre notre cache. Elle faisait face a une clairiere. Elle avait été construite a plusieurs metres de haut sur des pilotis en béton. A l'entrée se trouvait une toilette-douche a n'utiliser qu'en cas d'extreme nécessité (!). L'intérieur de la cache n'était qu'une grande salle dans laquelle se trouvaient 6 lits superposés collés les uns aux autres. Sur 2 cotés de la piece, des ouvertures faisaient office de fenetres et étient munies de volets. Face a la clairiere, une immense ouverture permettait de guetter a loisir l'activité de fin de journée.

Afin de planifier notre retour de demain, et curieux de voir si le chemin était si difficile a trouver une fois la riviere traversée, nous avons rejoint ladite riviere qui se trouvait a environ 20 minutes de la. Dans la boue, nous pouvions observer des traces fraiches d'un animal pesant (a la vue de la profondeur de l'empreinte) et qui possédait 5 grosses griffes... Quand on sait que des tigres arpentent encore la région, il y a de quoi avoir un petit frisson dans le dos! Puis nous sommes enfin arrivés a la fameuse riviere. Une corde était disposée en travers. L'eau semblait assez profonde mais sur l'autre rive, on pouvait facilement distinguer les indications pour poursuivre le chemin. Il ne nous restait plus qu'a espérer que le niveau de l'eau ne monte pas dans la nuit.

Peu de temps apres que nous soyons retournés a la cache, un couple arriva. C'était les argentins. Ils venaient de marcher 7 heures pour arriver jusqu'ici. Ils avaient pris le chemin le plus difficile et étaient épuisés. Environ une heure plus tard, du bruit attira notre attention. Un groupe de 3 autres personnes arrivait. Des anglosaxons (apparemment australiens) poserent bruyamment leurs sacs dans la cache. En fait, ils étaient partis pour marcher plusieurs jours mais n'avaient rien réservé. Par chance, la cache était grande et bien des places étaient libres. La soirée fut passée a regarder du coté de la clairiere si des visiteurs venaient a se montrer. A la tombée de la nuit, les frontales servaient a éclairer la clairiere et l'orée du bois afin de déceler des yeux dans la noirceur. Le bilan de la soirée fut maigre avec seulement 2 paires d'yeux! Vers 22h, devant la pauvreté de nos observations, il fut temps d'aller se coucher. Mais a 22h45, Sylvie poussa un cri. Les pseudo-australiens avaient laissé leur nourriture sur le lit a coté de Sylvie. Et bien évidemment, devant ce supermarché ouvert, les rats ne s'étaient pas faits prier pour venir y faire leur courses! De notre bord, ayant été préalablement avisés par le personnel du parc, nous avions bien minutieusement suspendu toutes nos affaires... Puis, vers 23h30, quelques gouttes se mirent a tomber sur le toit en taule. Quelques secondes plus tard, c'était le déluge. Un vacarme assourdissant remplissait la cache. Ça promettait pour le lendemain!

Le lendemain matin, la pluie avait cessé. Prets les premiers apres avoir avalé quelques brioches, nous avons pris le chemin, accompagnés par le couple d'argentins qui semblaient apprécier ne pas etre seuls. Nous sommes dirigés vers la riviere, en espérant que son niveau et son débit ne seraient pas démesurés. Alors que nous marchions dans le sous-bois détrempé, Arnaud nous fit remarquer la présence de sangsues. En effet, partout, des sagsues se tenaient sur le chemin, attendant patiemment qu'un animal au sang chaud passe par la pour s'agripper a lui. Alors que nous marchions, de droles de sifflements ont attiré notre attention. En haut dans les arbres, un étrange animal invisible émettit un son entre le chant et le sifflement, avec de faux airs de sirene d'ambulance. Apres nous etre approchés discretement, nous avons finalement aperçu 2 gibons. L'un d'eux était tranquillement installé a chanter alors que l'autre sautait de branche en branche, d'abre en arbre. Le spectacle était magique et nous sommes restés un bon moment a observer ce spectacle si rare.

Un peu plus loin, une fois arrivés a la riviere, nous avons été agréablement surpris par le niveau qui semblait etre resté franchissable. Il nous fallait cependant un courageux pour effectuer la premiere traversée. Personnellement, je n'étais pas tres chaud a l'idée de traverser une riviere pour ensuite prendre un chemin dont on ne connaissait pas l'état apres les pluis diluviennes de la nuit, surtout en repensant aux 2 anglais qui s'étaient copieusement perdus... Alors que l'argentin se déshabillait, je regardais autour de moi. Et la, surprise... partout, des dizaines de sangsues étaient dressées et se dirigeaient vers nous. Sans que nous n'y ayons preté attention, plusieurs étaient déjà sur nos chaussures en quete d'un petit endroit de chair tendre a mordre. A coté, l'argentin était en train de se déshabiller. Une scene un peu surréaliste! Devant cette agression en regle, j'ai exprimé mon désaccord a entreprendre une telle aventure. En effet, sortir un peu des sentiers battus, c'est sympa. Mais aller se faire bouffer volontairement, ça devient un peu maso!

Rapidement, le groupe rejoignit cette idée. L'argentin se rehabilla alors que nous observions les sangsues qui nous suivaient. Ce petit animal mesure environ 1cm de long et 2 millimetres de diametre lorsque ''vide''. Il se dresse sur l'une de ses extrémités en attendant du ''sang chaud''. Lorsque sa victime s'approche, la sangsue se déplace alors en se balançant sur son autre extrémité, et vice-versa. Comme 2 jambes qui marcheraient sans corps. Elles sont d'autant plus impressionnantes quelles se déplacent relativement vite. Et qu'elles sont partiulierement discretes! Une fois l'argentin habillé, nous avons repris le chemin en sens inverse en direction de la riviere, en prenant soin de ne pas trop nous arreter pour ne pas que les sangsues puissent abuser de notre corps. Environ 45 minutes plus tard, nous avions rejoint l'endroit ou nous étions arrivés la veille, sur le bord de l'eau. Il était temps de voir si les sangsues avaient été lpus malines que nous. Sylvie en avait adopté 2. Arnaud aucune. Les argentins 1 chacun. De mon bord, je pensais etre passé a travers le piege de ces suceuses de sang. Mais lorsque j'ai retiré mes pantalons, mes jambes en étaient couvertes. 2 a droite et 6 a gauche. Certaines etaient la depuis un bon moment car elles avaient déjà atteint une taille plutot impressionnante. Arnaud étant fumeur, il utilisa sa cigarette pour les bruler. En effet, sous l'effet de la chaleur, elles lachent prise. C'est a ce moment qu'on peut les retirer facilement avant qu'elle ne s'essaient a nouveau. Cependant, une fois les sangsues retirées, les saignements sont relativement abondants. En effet, afin de faciliter leur ''pompage'', elles injectent dans la morsure un anti-coagullant. Et avec 6 morsures rapprochées, les plaies ne voulaient se refermer d'elles-meme et le saigenement dura pres de 30 minutes.

Sur la riviere, des hommes descendaient le courant sur des radeaux de fortune faits de bambous. Il s'agissait des pompiers qui faisaient des exercices. Pas mal courageux! Puis un bateaun accosta au ponton ou nous nous trouvions. C'était un employé des chalets abandonnés qui venaient d'etre rachetés par un promoteur qui voulait relancer l'affaire. Nous avions un moyen de transport pour rentrer!

30 minutes plus tard, nous étions de retour au village. Nous avons été manger puis avons regagné notre guesthouse. La douche fut la bienvenue. Enfin propres et confortablement installés, nous pouvions reprendre un peu de forces en faisant une petite sieste. En fin de journée, nous avons été prendre nos messages sur le web. En soirée, nous sommes retournés manger une derniere fois sur le bord de la riviere car le lendemain, nous quittions l'endroit pour rejoindre la cote est de la Malaisie. De retour a la guesthouse, Arnaud et moi avons a nouveau refait le monde jusqu'à 2h30 du matin avant de tomber de sommeil.

Mardi 16, nous nous sommes réveillés vers 8h30. Rapidement, nous avons fait nos sacs puis avons rejoint le point de départ du bus pour Jerantut. Sur le chemin, nous avons déjeuné dans un petit restaurant familial. Et a 10h00, nous étions tous les 3 dans le bus qui se mettait en route.

A suivre...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire