
La route ne prit qu'1 heure et demie. Sylvie demanda a sa volubile voisine quelle était la meilleure place ou aller sur Mindoro. ''White beach'' lui répondit-elle sans hésitations. Le nom était inspirant... Puis, nous étant endormis, le trajet nous sembla encore plus rapide! On nous déposa au terminal des ferries. Cela était parfait car c'est de la que nous devions prendre un bateau pour rejoindre l'ile de Mindoro. Des rabatteurs ne manquerent pas de nous sauter dessus. ''Mindoro? Suivez-moi!'' nous cria l'un d'entres eux. Avec un léger doute, nous nous sommes laissés conduire. Une ribamabelle de guichets nous attendait. On nous vendit des billets pour ''white beach''. Apres avoir payé notre du, puis une taxe environnementale et enfin une taxe pour le terminal (!), nous avons embarqué sur une ''banca'', bateau dont la coque est agrémentée de 2 flotteurs additionnels constitués de bambous. Étonnement, les matelos sortirent des gilets de sauvetage et les poserent a nos cotés. La nuit arrivant a grands pas, nous avons pris le large. Un magnifique coucher de soleil agrémenta notre traversée. Alors que la nuit était rendue noire et que notre frele esquif ne disposait que d'un minimum d'éclairage (feux de positionnement vert et rouge), nous sommes finalement arrivés sur une plage le long de laquelle se succédaient nombre de bars et de restaurants. Le bateau s'est posé sur la plage et c'est les pieds dans le sable que nous avons débarqué a ''white beach''. Plusieurs rabatteurs nous proposerent une chambre. Sylvie porta son choix sur une femme qui lui inspirait confiance. Nous avons donc posé nos sacs dans une chambre qui donnait en arriere des batiments. Un peu humide mais acceptable pour commencer! Puis nous sommes allés manger avant de revenir nous coucher.
Le lendemain matin, nous avons pu dormir un peu. En fin de matinée, nous sommes allés nous promener le long de la courte de plage qui constitue ''white beach''. Rien d'extraordinaire. Juste ce qu'il nous fallait. Sur la montagne en arriere, le temps vira au noir. Nous avons aussi pris le temps de nous informer pour aller admirer les fonds sous-marins des environs. Le centre de plongée était tenu par un français qui vit sur l'ile 7 mois par année. Rapidement, nous avons convenu que nous serions du départ du lendemain matin pour aller faire du ''snorkeling''. En milieu d'apres-midi, un orage éclata et nous sommes rentrés a notre guesthouse. Le soir, alors que le ciel s'était dégagé afin de nous permettre d'admirer un soleil d'or se soucher sur l'horizon, nous sommes sortis manger. Au centre de la plage se trouvent plusieurs étals proposant du BBQ a leus clients. Le choix simple est composé de calamars, de poulet ou de brochettes que le cuisinier vous fait griller en direct (sans oublier de vous enfumer au passage!) sur son demi-tonneau métallique recouvert d'une grille. Tout simplement parfait.
Le mercredi matin, voulant profiter un peu plus de la mer, nous avons donc transféré nos sacs dans une chambre donnant sur l'eau. Apres tout, on ne vient pas si loin pour se retrouver dans une chambre sombre et humide d'arriere cour! Puis munis de nos maillots de bain et de nos lunettes de soleil, nous avons avalé un café avant de filer vers le centre de plongée. A 10h30, nous avions embarqué sur une ''banca'' et voguions sur les flots bleu azur. Apres environ 1 heure de navigation, notre bateau s'amarra a un bar flottant qui était ancré au beau milieu d'un petit port. De la, les plongeurs qui nous accompagnaient sont partis en direction d'une épave qui gisait plus loin. Avec Sylvie et d'autres personnes, nous avons barbotté autour du bateau. L'endroit était loin d'etre idéal pour faire du ''snorkeling'' a cause des nombreux bateaux qui allaient et venaient. Si bien que j'ai eu personnellement droit a une petite frayeur lorsque la navette (munie d'un gros 4cv!) qui accompagnait des clients du rivage vers le bar m'est passée dessus alors que je remontais a la surface. Heureusement, le bateau allant doucement, tout le monde a été quite pour une bonne frousse. Le bateau n'a rien eu moi non plus! Apres avoir tout de meme pris un rafraichissement au bar, nous sommes repartis plonger plus loin ou le spectacle était bien plus intéressant. Une eau cristalline, des coraux en grand nombre et poissons superbes. Le pied! Puis le courant nous ramena tranquillement et sans efforts vers le bateau qui s'était mis au mouillage un peu plus loin.
De retour a ''white beach'' et apres avoir été nous doucher et nous changer, nous sommes allés ''surfer'' électroniquement afin de paufiner quelques affaires, mais surtout de téléphoner a ma petite mere pour lui souhaiter un ''joyeux anniversaire'' en ce jour de 60e aniversaire. Puis nous avons retrouvé 2 français qui étaient sur le bateau, François et Sophie, avec qui nous avons été manger. François est marié avec la soeur de Sophie et ils vivent a Manille pour un contrat de 18 mois. Quant a Sophie, elle a profité de l'ocasion pour venir les voir pour quelques semaines. En discutant, ils nous demanderent quand est-ce que nous étions arrivés. ''Lundi'' leur avons-nous répondu. ''Alors vous etes arrivés apres le bateau qui a coulé?''. Quoi? Un bateau a coulé? En fait, la veille de notre arrivée (dimanche), un bateau identique a celui que nous avons pris pour venir de Batangas (il y en a des dizaines) a sombré. Le probleme est que nombre d'asiatiques ne savent pas nager. Une quinzaine d'entres eux ont donc péri noyés. Cela explique pourquoi les matelos nous ont donné des gilets lorsque nous avons embarqué!
Apres nous etre tout de meme délectés ensemble d'un superbe BBQ, nous avons convenu de retrouver nos compatriotes pour partager nos activités du lendemain, puis nous sommes rentrés nous coucher.
Le jeudi, nous nous sommes retrouvés tous les 4 en fin de matinée. Nous avons loué les services d'un ''tricycle'' (moto équipée d'un ''side-car'' et faisant office de taxi) pour nous conduire jusqu'à des chutes d'eau situées sur la cote opposée (est) de l'ile. Les 2 filles se sont entassées dans le petit ''side-car'' tandis que François et moi-meme avons pris place sur la moto en arriere du chauffeur. Cependant, meme a 5, nous étions loin du record de remplissage. En effet, il n'est pas rare de voir jusqu'à 10 personnes sur un tel engin: 3 sur la moto, 4 ou 5 dans le ''side-car'' et 2 ou 3 sur le toit. Tant que la mécanique va, tout va! Apres environ 45 minutes de route dans des positions pas spécialement confortables, nous sommes finalement arrivés auxdites chutes d'eau. En amont, de grandes cascades déversaient des trombes d'eau. En aval étaient aménagés 2 bassins ou l'on pouvait se baigner. Notre chauffeur se gara le temps que nous allions nous rafraichir puis nous avons payé les frais d'acces pour pouvoir aller nous saucer. La fraicheur de l'eau fut la bienvenue par une journée aussi chaude et aussi lourde. Apres environ 1h30 de baignade, nous avons entrepris de retourner chercher notre chauffeur pour rentrer. Mais a notre surprise, une dame s'agita nous réclamant de l'argent. Apres un instant d'hésitation, nous avons réalisé (en le lisant!) que jouir du privilege des parasols qui étaient sur le site coutait quelques dollars (apres-tout, ne paye-t-on pas sa place sur un transat sur certaines plages cossues du sud de la France?). Apres avoir duement acquité notre du, nous sommes finalement remontés sur notre tricycle pour rentrer. En cours de route, nous nous sommes arretés manger a Puerto Galera, le port le plus important de l'ile. Il a la particularité d'etre niché au fond d'une baie abritée de la mer par plusieurs iles qui l'entourent. Le site est superbe. Rien d'étonant qu'il ait été convoité il y a plusieurs décennies par des navigateurs qui désiraient y abriter leurs navires. Et y cacher leurs trésors... D'ailleurs, plusieurs voiliers de belle prestance étaient au mouillage dans la baie et s'offraient au regard jaloux des amateurs.
Finalement, apres avoir bien mangé, nous avons retrouvé notre chauffeur qui nous attendait et avons repris le chemin de notre plage de ''white beach''. Nous sommes rentrés nous poser a notre chambre. Sylvie s'est allongée alors que j'écrivais sur la terrasse, face a la mer. Tranquillement, le ciel s'assombrit. Puis tout a coup, aussitôt que le soleil bascula en arriere de l'horizon, le vent se leva. De fortes bourasques firent voler au vent les panneaux publicitaires, les chaises en plastique et tout ce qui trainait dehors et qui n'était pas solidement attaché. La mer se forma. Des vagues de plus en plus fortes déferlaient sur la plage. Alors que je rentrais l'ordinateur, une pluie torrentielle se mit a tomber. Nous étions en train d'essuyer ce que tout navigateur redoute plus que tout lorsqu'il est seul au milieu de la mer: un véritable ''coup de tabac''. Par chance, nous étions sur terre et bien a l'abris. La tempete dura environ 30 minutes. Muni de nos manteaux de pluie, nous avons tout de meme été manger. 45 minutes plus tard, la pluie avait cessé, le vent était tombé, et la plage était redevenue un endroit paisible et fréquentable. Le ''coup de bourre'' était passé! Sur le chemin de notre chambre, nous avons retrouvé François et Sophie ainsi que plusieurs autres personnes qui étaient avec nous sur le bateau la veille. Nous nous sommes donc arretés pour prendre un verre en leur compagnie au milieu de l'ambiance festive qui renaissait. C'était en quelques sortes ''la fete apres la tempete''. Les bars s'étaient remplis a nouveau. Ils avaient ressorti leurs haut-parleurs ''a faire défriser les moutons'' qui crachaient a tue-tete les hits du ''top 50'' les uns apres les autres. Les travestis (aussi nombreux et aussi sympathiques qu'en Thailande) ne se faisaient pas prier pour aguicher amicalement les clients. Les vacanciers philippins enfilaient des ''San Miguel'' en remuant sur les rythmes qui leur cassaient les oreilles. Il régnait une ambiance ''bon enfant'' tout a fait agréable. Mais n'étant plus aussi jeunes qu'il y a quelques années (vérité de ''La Palisse''), nous avons faussé compagnie a nos convives pour aller nous coucher.
Vendredi matin, le temps étant beau, nous avons décidé de retourner plonger. Au centre de plongée, nous avons retrouvé François et Sophie qui embarquaient eux aussi. On nous déposa dans un un chenal qui reliait la mer a la Baie de Puerto Galera. Un petit chenal d'environ 80 metres de large. Aussitôt dans l'eau, nous avons été impressionnés par le courant qui filait. On ne craignait rien (le courant nous aurait poussé dans la baie et non pas vers la mer) mais il nous fallut redoubler defforts pour rejoindre la rive. Ce fut une belle leçon a l'effet qu'il ne sert a rien d'essayer de nager contre le courant. Au contraire, il est bien plus intelligent d'en utiliser la force pour se laisser porter la ou on le désire. Je tacherai de m'en souvenir dans quelques mois! Toujours est-il que nous nous sommes rapprochés du rivage ou nous avons remonté la plage a pieds pour nous remettre a leau en amont du courant. La, a l'abris de rochers, nous avons pu admirer a loisir les fonds marins. Puis, alors qu'il était bientôt l'heure de remonter a bord, nous nous sommes dirigés au centre du chenal pour nous laisser porter par le courant. En descendant en apnée puis en écartant les bras au fond, on avait la sensation de voler a toute vitesse au dessus des fonds remplis de coraux et de mille poissons multicolores. Absolument magique!
Apres avoir bien joué dans l'eau, nous sommes remontés a bord puis avons regagné ''white beach'' ou nous sommes allés manger d'excellents spaghettis agrémentés d'une superbe sauce aux champignons (ça faisait des lustres qu'on en avait pas mangé!). En apres-midi, durant les heures les plus chaudes, nous sommes restés du coté de notre chambre ou j'ai pu continuer a écrire. Le soir, nous avons mangé une derniere fois un BBQ en l'agréable compagnie de François et Sophie. Puis nous avons fini la soirée sur notre min-terrasse avec une (petite) bouteille de rhum local. Pas aussi bon que le martiniquais (parole de Sylvie!) mais bien parfait pour agrémenter un verre de coca. Puis nous avons dit aurevoir a nos amis pour qu'ils puissent aller se coucher. Pour nous, c'était notre dernier soir ici. Demain, ce sera le retrour sur Manille.
Samedi 30 mai, nous nous sommes donc levés au son du réveil (beurk!) pour faire nos sacs avant de descendre sur la plage pour prendre un bateau vers Batangas. Les rabatteurs ne nous manquerent pas (2 occidentaux sur a plage a 8h30 avec leur sac a dos!) et rapidement, nous avions nos billets en main. Un café a un restaurant et il était l'heure d'embarquer. Ainsi s'achevait déjà la ''portion mer'' de notre périple philippin.
A suivre...
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