lundi 22 juin 2009

09-06-03 Singapour


Finalement, immédiatement apres que les portes soient fermées, l'avion se mit en mouvement (afin de limiter les couts d'aéroport, les compagnies ''low-cost'' essaient de passer le moins de temps possible en escale). A vrai dire, le ciel orageux qui régnait me faisait craindre un décollage rocambolesque. Qui plus est, nous avions appris la veille la tragédie qui avait frappé le vol Air France reliant Rio a Paris. Selon les premieres hypotheses, l'avion aurait pu etre foudroyé, ce qui aurait engendré une panne des commandes. C'était tout ce qu'il y avait de plus rassurant lorsqu'on considérait que nous avions pris place dans un A320 (avion au commandes entierement électriques) et que l'aéroport était cerné d'orages... Mais le décollage fut des plus normaux et rapidement, nous nous trouvions au dessus des nuages.

Comme toute compagnie ''low-cost'' qui se respecte (et qui fait tout pour maintenir des prix plancher!), nous n'avons eu droit a aucun service (gratuit) durant les 3 heures de vol. Mais a devoir faire un choix entre un billet 35$ par personne sans services ou a 250$ avec un verre de jus d'orange et un sandwich, nos avions opté pour le jeun temporaire!

Vers 21h30, nous posions les roues a l'aéroport Changi de Singapour. Descendus sur la piste du terminal ''low-cost'', nous avons traversé l'aérogare ou nous avons eu droit a un scan thermique (H1N1 oblige!) puis nous avons passé l'immigration sans probemes. Pour ceux qui suivent la saga du passeport, ils ont tamponné sur une page déjà occupée, ce qui me laissait toujours une page vierge. Sacs sur le dos, nous avons pris un bus pour rejoinde la station de métro de l'aéroport, ce dernier nous conduisant en ville a l'endroit ou nous avions réservé un hotel.

Vers 23h00, nous débarquions du métro sans avoir aucune idée de ce a quoi ressemblerait l'endroit. Finalement, nous étions tout proche du quartier malay. L'ambiance était un peu surréaliste, avec du monde partout, surtout des hommes, qui étaient attablés a l'un des nombreux restaurants de rue ouverts aux quatre vents. Nous aurions facilement pu etre en Inde. La température et l'humidité étaient assommantes pour les sherpas urbains que nous étions. Apres avoir demandé notre chemin et avoir attiré l'attention de bien du monde, nous avons trouvé notre hotel réservé par Internet. En effet, Singapour est une ville plutot chere (comparée a bien des places visitées) et les prix peuvent etre drastiquement plus intéressants lorsque la réservation est faite en ligne. Nous avons posé nos sacs dans notre chambre et sommes redescendus manger de l'indien dans la rue avant de remonter nous coucher.

La chambre étant climatisée et silencieuse, le réveil du lendemain matin fut tardif. Vers midi, nous sommes enfin sortis de notre hotel pour aller visiter la ville. La chaleur était accablante. Le métro, lui, faisait office de réfrigérateur, ce qui ne manqua pas de me rendre malade (un bon mal de gorge pour plusieurs jours). Le premier quartier que nous avons visité est le quartier des affaires, le seul ou se trouvent de véritables tours.

Singapour est une de ces villes dont le nom fait rever, un peu comme Venise, New-York, Paris, Varanasi ou Le Caire (mais toutes pour des raisons différentes). Personnellement, nous nous attendions a trouver une ville ressemblant a Hong-Kong, avec ses centaines de gratte-ciels et son bétonnage continu. Mais au contraire, mis a part le quartier de la finance ou se trouvent quelques dizaines de tours (presque moins impressionnant que le centre de Montéal), le centre-ville que nous avons découvert était vaste avec ses grandes arteres et ses batiments éloignés les uns des autres, vert avec ses parcs et ses fleurs omniprésentes, et particulierement bien entretenu. La vie s'y déroulait naturellement, un peu comme dans le film ''le show Truman''. La ville-état est surnommée ''the fine city'', qui peut etre traduit par ''une bonne ville'' mais aussi (et surtout!) comme ''la ville aux contraventions''. En effet, les reglements y sont strictes et leur non respect est rapidement sanctionné par une contravention. Par exemple, fumer dans un endroit interdit coute 1000$ Singapour (environ 700$cad, 500 euros). Le parc automobile a aussi de quoi surprendre. Toutes les voitures sont neuves, ou presque. En effet, une Loi interdit la circulation des voitures de plus de 5 ans (sauf exceptions). Autant dire que vous etes mieux de payer rapidement votre Ferrari ou votre Bentley si vous ne voulez pas perdre trop d'argent!

Un autre point qui a attiré notre attention est l'omniprésence des messages de santé publique. En effet, partout, on retrouve des avis quant a l'importance du lavage des mains, de l'hygiene personnelle, aux risques de transmission des maladies infectieuses. Je suis certain qu'il y aurait bien des choses dont nous devrions nous inspirer pour rappeler a certains citoyens qu'ils ont un role important dans le maintien de la santé publique.

En continuant notre découverte de cette ville ''modele'', nous avons rejoint le quartier colonial (autour de l'hotel de ville), attestant du riche passé de cette position stratégique, tant au niveau géorgraphique, marchand que politique. Nous avons également visité une exposition a l'assemblée nationale qui retrace les fondements de cette démocratie. Fait intéressant: afin de s'assurer d'une juste représentativité de l'ensemble des cultures composant la ville-état, tous les candidats a l'obtention d'un poste de député doivent faire partie d'une liste électorale sur laquelle figurent au moins 6 représentants de minorités. Ainsi, le brassage des idées et la prise en considération de celles d'autrui sont obligatoires pour pouvoir etre élu.

Dehors, tout le long des grands boulevards, des employés municipaux s'affairaient a installer d'immenses portiques sur lesquels étaient installés d'énormes projecteurs. Apres avoir cherché la raison de tant d'activité, nous avons réalisé que c'était la les préparatifs en vue du grand prix de F1 qui se tiendra au mois de septembre et qui a lieu de nuit dans les rues de la ville. Contrairement a Montréal qui possede une piste a part entiere et permanente, le dispositif de Singapour doit etre installé avant la course et désinstallé apres celle-ci afin de rendre la ville a Monsieur et Madame tout le monde (comme a Monaco). En tout cas, ils ne lésinent pas avec les moyens!

Alors que la chaleur était insoutenable pour marcher dehors, nous avons fait un arret rafraichissement dans un Mc Donalds pour prendre un sundae (je sais, c'est pas tres fort, mais c'est tellement bon!). Et par le plus grand des hasards (c'est pas vrai!), le Mc Do se trouvait dans un centre d'achat tout proche et entierement dédié a l'électronique. Bien évidemment, pour beaucoup de monde, Singapour rime avec... électronique (ça ne rime pas, mais c'est ça qui est drole!). Mais détrompez-vous. Evidemment, j'avais longuement étudié la question sur Internet avant d'arriver (si nous nous étions trouvés dans un endroit aux prix fort avantageux, nous aurions certainement fait quelques e-achats!). Mais tel que nombre de blogs et de forums l'avaient mentionné, et contrairement a la pensée populaire (qui était fondée il y a une dizaine d'année), Singapour (comme Hong-Kong) ne sont plus les endroits ou acheter de l'électronique. Les prix les plus intéressants sont aujourd'hui... en Amérique du nord! Certes, vous pouvez acheter des articles issus du ''marché gris'', mais il vous faudra alors vous passer de garantie et de tout recours en cas de défaillance de votre appareil. Par conséquent, si vous voulez acheter de l'électronique bon marché et de façon officielle, c'est aux USA et au Canada que ça se passe.

Puis, en traversant le majestueux opéra de Singapour en forme de durian, nous avons marché vers la grande roue de Singapour, la grande soeur de celle de Londres. Ici, elle fait pas moins de 165 metres de haut, soit la hauteur de 42 étages. Elle domine un plan d'eau artificiel tout proche. Justement, dans ce secteur, la ville est en pleine transformation. On y construit un complexe pharaonique (pas moins de 50 grues travaillent ensemble sur le chantier). 3 immenses tours (3 hotels de luxe) seront chapeautées par un immense tablier ou se trouveront piscines, jardins et autres activités de loisir. A leur pied, un gigantesque cente d'achat. Le tout entourrant un bassin artificiel isolé de la mer par des portes géantes afin de controler le niveau de l'eau. La vue donnera d'un coté sur le centre ville, et de l'autre sur la lagune artificelle gagnée sur la mer.

De retour vers le centre historique, nous nous sommes extasiés quelques instants devant l'hotel Fullerton, qui a été construit dans l'ancienne poste du meme nom. Un imposant et majestueux batiment blanc du début du siecle dernier qui a été réhabilité en 2000 pour donner naissance au plus merveilleux hotel de la ville, en témoignent les prestigieuses autos stationnées en avant de l'entrée... Puis nous avons longé les berges du canal, avec son enfilade de bars et de restaurants nichés dans des batisses historiques. En déambulant ainsi sur les quais superbement aménagés, nous avons tranquillement changé de quartier pour nous retrouver dans ''quay side'', ou les berges ont la aussi été données au habitants en mettant a leur disposition moults bars, restaurants et clubs ou les gens peuvent aussi bien venir prendre un verre en sortant du travail que faire la fete jusqu'aux petites heures de la nuit dans les discotheques les plus branchées de la ville.

La nuit étant tombée depuis longtemps et nos jambes étant épuisées, nous avons repris le métro pour regagner notre quartier, a quelques stations de la. Afin de changer un peu d'alimentation, nous avons mangé indien. Ce qui nous a confirmé que la nourriture indienne a l'extérieur de l'Inde, meme cuisinée par des indiens, ne goute pas la meme chose qu'en Inde!

Le vendredi 5 juin, nous avons quitté notre hotel un peu plus tot que la veille. Notre premier arret se fit dans le quartier chinois. Cependant, apres avoir vu des quartiers chinois... en Chine, nous avons trouvé celui-ci un peu fade. D'autant plus qu'il est particulierement touristique et qu'il n'est vraiment actif qu'en soirée. Puis nous sommes retournés du coté de ''quay side'' pour prendre un bateau qui promene les visiteurs sur le canal central. Ainsi, nous avons vogué pres d'une heure dans le centre ville, en longeant les berges toutes aménagées entre les immeubles d'habitation et les loisirs. Particulierement charmant...

Étant fatigués de marcher autant sous la chaleur de l'apres-midi, nous sommes rentrés nous reposer a l'hotel. Sylvie en a profité pour faire quelques réservations sur Internet. Le soir, nous avons mangé chinois sur les étals qui se trouvaient en bas dans la rue.

Le samedi matin, nous avons entrepris de nous rendre sur l'ile de Sentosa, reliée a Singapour par un petit métro aérien. Cette ile est dédiée principalement aux loisirs. Plusieurs ''resorts'' de luxe y sont installés. Une section de l'ile fait l'objet d'un développement résidentiel haut de gamme avec marina (c'est bien connu: quand on est riche, on a un bateau!). Une autre est en cours de travaux pour installer un parc thematique ''universal studios'' (peut-etre pour consurrencer le ''Disneyland'' de Hong Kong!) ainsi que le plus grand aquarium au monde. Enfin, on y retrouve également plusieurs activités récréotouristiques pour divertir la population et les touristes. Notre premiere activité fut donc un tour de ''seagway'', ce petit engin électrique a 2 roues sur lequel on se déplace en penchant son corps en avant ou en arriere. Nous sommes tombés en extase devant ce petit véhicule dont un usage accru pourrait solutionner bien des problématiques de déplacement, de pollution et d'espace dans nos sociétés occidentales. Puis nous avons été prendre place dans une nacelle qui tourne autour d'une tour, nous donnant ainsi un excellent point de vue sur le célebre détroit de Malaca (détroit séparant Singapour et la Malaisie de l'Indonésie, et par lequel circulent tous les bateaux assurant la liaison entre l'Europe et l'Asie, soit plusieurs dizaines de navires par jour). Puis nous avons visité une attraction relatant l'histoire de la ville, avec entres autres sa libération de l'occupation anglaise. Ensuite, nous avons fait de la luge sur une piste bétonnée de plusieurs centaines de metres, comme au Mont-Tremblant ou a Chamonix. La journée passa vite. Tres vite. C'est ainsi quand on prend du plaisir. En fin d'apres-midi, nous sommes donc repartis comblés vers la ville toute proche. Apres avoir flané un peu dans l'immense centre d'achat ou arrivait le métro aérien, nous sommes rentrés vers nos quartiers.

Dimanche matin, nous avons quitté notre hotel en fin de matinée. Nous nous sommes dirigés vers la Mecque du magasinage a Singapour: ''Orchard road''. Il s'agit d'une rue de 2 kilometres de long entierement bordée de centres d'achat. Qui plus est, nous étions a Singapour en pleine période annuelle de soldes! Nous avons donc passé quelques heures a nous promener d'une batiment a un autre. Dehors, des milliers de philippines étaient rassemblées sur les trotoirs. Tout comme a Hong-Kong, il s'agissait des ''nannies'' (les nounous en français) qui ont congé le dimanche (il faut bien que les parents s'occupent de leurs enfants au moins 1 journée par semaine!). Elles se retrouvent donc autour des centres d'achat ou elle viennent chasser les aubaines entres filles.

Le soir tombant, nous avons pris le bus pour aller visiter un autre quartier bien connu de Singapour: ''little India''. Nous avions demandé au chauffeur ou descendre. Mais en approchant du quartier, nous avons vite retrouvé l'ambiance de Mumbai ou de Delhi. Des milliers d'indiens, partout, en train de parler, manger, boire, gesticuler... Une marée humaine et un air de désorganisation sociale dans une société d'habitude si policée. Le tout dans la bonne humeur. Craignant une réaction épidermique a notre expérience un peu brutale (6 mois d'Asie, ça fait apprécier le calme!), nous avons rapidement repris un bus en direction de notre hotel. C'était la notre derniere nuit a Singapour. Mais un courriel de la part d'expédia (aupres de qui nous avions acheté notre billet de retour sur New-York) nécessita un appel: une modification majeure venait d'etre apportée par le transporteur (Air China). Apres plus d'une heure et demie au téléphone, nous avons appris que le vol du 26 était annulé et que nous etions transférés sur le vol du 27. Super. La compagnie change nos dates et tout roule... On nous offrait cependant d'annuler sans frais. Mais si nous annulions, les billets équvalents étaient aujourd'hui plus chers (c'est pour cela que nous avions acheté notre billet en aout dernier!). Bref. Air China étant fermé les fin de semaine, il nous faudrait rappeler plus tard. Pas rassurant tout ça!

Le lendemain matin, le 8 juin, nous avons du mettre notre réveil pour nous sortir du lit. Apres 5 jours de sédentarité, nous avons remis nos sacs sur le dos. Quelques stations de métro plus loin, nous étions a l'endroit ou les bus partaient pour Melaca, en Malaisie. Nous avons acheté nos billets et a 11h00, apres avoir eu le temps de déjeuner une derniere fois dans cette ville ''coup de coeur'', nous nous sommes élancés pour 4 heures de route.

A suivre...

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