
Apres avoir roulé environ 45 minutes sur les autoroutes périphériques de la ville, nous étions déjà arrivés au poste frontalier séparant Singapour de la Malaisie. Pour sortir de Singapour, le passage a l'immigration fut des plus simples. Apres avoir franchi l'imposant poste frontiere (avec ses grilles, ses herses et sa sécurité omniprésente), nous avons traversé le pont menant en Malaisie. De l'autre bord, le bus s'est arreté, nous avons pris nos sacs et nous nous sommes mis en ligne pour passer l'immigration. En avant de nous, 2 françaises semblaient avoir quelques soucis avec les agents de l'immigration, qui leur demandaient combien d'argent elles avaient sur elles (?), si elles avaient des moyens de paiement, etc. Leur affaire sembait plutot mal engagée... Devant cette scene qui semblait vouloir s'éterniser, l'agent du poste d'a coté nous fit signe de passer de son bord. Il prit nos passeports et les scanna. Je guettais le moment ou il devrait apposer le tampon afin qu'il n'utilise pas la derniere page, la seule qui restait vierge... Mais au lieu de vouloir mettre un quelconque tampon sur nos passeports, il nous regarda et nous demanda nos billets de retour. ''Nous avons seulement des billets électroniques, et nous n'avons donc pas de copie en papier'' lui avons-nous répondu. A ce moment la, sa face changea et nous avons compris que ce ne serait pas si facile que ça en avait l'air.
''Selon la procédure, il me faut une copie papier des billets s'il vous plait.
Nous comprenons la procédure. Cependant, les billets sont désormais électroniques et seul le passeport est nécessaire a l'embarquement. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas de copie papier.
Je vous comprends. Mais la procédure exige le billet papier. Je ne peux pas vous laisser entrer sans cela.
J'ai le billet en format électronique dans l'ordinateur. Je peux vous le montrer.
Non, seulement une copie papier.
Ou peut-on imprimer un courriel ici?
Nulle part. Seulement en retournant a Singapour.''
Nous étions mal partis. La face de l'agent exprimait une certaine lassitude melée a un profond désarroi. De plus, le bus attendait que tout le monde soit passé avant de repartir. Mais si des personnes ont des problemes avec l'immigration, le bus n'attend pas infiniment et apre un certain temps, il part en laissant sur place ses ''cas problématiques'' sur place. Finalement, devant l'impasse, l'agent nous demanda si nous avions de l'argent sur nous. ''Pas de Ringgit malaysiens. Un peu de dollars Sinpagour et de dollars US''. Devant notre réponse, l'agent semblait découragé. Puis, il baissa le ton de sa voix et nous dit ''bon, si vous payez un petit peu d'argent, alors je pourrais fermer les yeux''. Nous n'en croyons pas nos oreilles. On se faisait demander un ''bakshish'' en Malaisie alors que cela ne nous était arrivé a aucun poste frontiere. Meme pas en Afrique. Cependant, notre ligne de pensée était claire sur ce point. Apres un coup d'oeil a Sylvie, nous lui avons dit ensemble: ''désolé mais nous ne payons pas de bakshish''. Ce mot lui fit écarquiller les yeux. Aussitot, il mit le doigt devant sa bouche, nous demanda de ne pas faire trop de bruit, puis nous dit d'un air découragé qu'il allait devoir demander une autorisation a son supérieur. ''Pas de probleme, nous avons le temps'' lui avons-nous répondu. Il regarda vers ledit superviseur qui était occupé. L'agent sembla réfléchir (du genre ''j'appelle mon boss au risque que les 2 touristes lui disent que j'ai demandé un bakshish ou bien j'étouffe l'affaire''). Il opta pour cette 2e idéee. Il nous regarda, et en baissant les épaules comme pour s'excuser, il nous chuchotta ''OK, je vais vous faire confiance''. Il prit son tampon et d'un geste rapide, il estampilla nos 2 passeports. En évitant de tamponner ma derniere page vierge! Il nous tendit nos passeports en nous souhaitant ''bonnes vacances en Malaisie'' et nous implorant ''de bien repartir chez nous comme promis''. Nous avons ramassé nos sacs et avons levé les pattes! Dans la salle suivante, les services des douanes ont scanné nos sacs puis nous sommes sortis retrouver notre bus qui nous attendait. Nous nous sommes regardés et avons soufflé un bon coup!
Le reste du trajet fut sans encombres. Vers 15h00, nous arrivions a Malaca, ville cotiere a l'entrée du détroit du meme nom, au sud-ouest de la Malaisie. A la gare routiere, un détail nous frappa: la majorité des femmes portaient un voile. Ce que nous n'avions pas réalisé avant d'arriver, c'est que la Malaisie est un pays a majorité musulmane. Puis nous avons sauté dans le bus qui nous conduirait en centre ville. Sur un mur a l'entrée de la vieille ville se trouvait une immense inscription: ''Melaca, ville inscrite au patrimoins mondiale de l'humanité de l'UNESCO a Québec, 7 juillet 2008''. Le monde n'est-il pas petit? Le préposé aux billets nous indiqua ou descendre et rapidement, nous avionms trouvé une guesthouse ou nous poser. Dans les reglements de la maison, il était clairement stipulé que l'on devait se déchausser avant d'entrer, que la consommation de porc était strictement interdite et que toute nourriture devait etre impérativement hallal. Autre pays, autres moeurs.
Une fois nos sacs posés, nous sommes sortis pour une premiere visite de la ville. Partout, des tricycles a pédales abondamment recouverts de fleurs en plastique multicolores et jouant de la musique a tue-tete proposent aux touristes une balade dans le vieux quartier. En arriere d'un immense centre d'achat se trouvait une petite colline. A son pied, un reliquat de rempart datant de l'époque ou les portugais avaient la main-mise sur l'endroit. Sur la colline, une vieille église dont seuls les murs tenaient encore debout. Apres avoir admiré le coucher de soleil, nous sommes redescendus de notre promontoir pour tomber sur une ancienne place aux murs de couleur bordeaux, nous avons traversé un petit canal pour nous rendre dans le quartier chinois. Étonnement, alors qu'il était environ 19h30, tout était déjà fermé. Nous avons mangé a la terrasse d'un bistro fort sympathique puis nous sommes rentrés vers notre guesthouse. Mais avant d'aller nous coucher, nous avons été téléphoner a expedia pour clarifier la problématique avec notre billet d'avion (on veut quand meme rentrer, nous...). Ce fut laborieux. Apres avoir enfin réussi a parler a un agent francophone, il fallait que celui-ci comprenne votre problématique. Et une fois qu'il avait enfin compris, la ligne coupait (nous appelons via Internet). Il nous fallait donc rappeler et recommencer avec un nouvel agent car ils ne se transferent pas les appels et c'est celui qui répond qui s'occupe de vous. Bref, apres pres de 2 heures a répéter plusieurs fois notre histoire, la propriétaire du café Internet nous annonça qu'elle fermait. Super... on va devoir recommencer demain soir!
Mardi 9 juin, nous nous sommes levés tard. Nous sommes alors retournés marcher dans le quartier chinois pour voir les fameux antiquaires que le guide vantait tant. Puis nous avons mangé dans un petit restaurant familial (on y mange dans la cuisine des gens qui tiennent la place). Apres avoir trouvé de délicieux petits gateaux a la pomme tout droit sortis du four (en guise de dessert), nous avons été nous faire ''poupounner''. Massage et gommage pour nous 2 puis pédicure pour Sylvie. Le retour au Canada approchant, il nous faut en effet profiter de notre temps (et des tarifs plus qu'intéressants d'ici) pour prendre soin de nous avant de reprendre en mode ''Amérique du nord''.
Un peu flottants, nous avons décidé que notre apres-midi en serait une de ''farniente''. Nous avons fait un arret chez ''carrefour'' (hypermarché d'origine française) afin de pouvoir comparer avec ceux visités en Chine et en Thailande. En conclusion, ils sont un parfait exemple de ce qu'est la mondialisation en offrant a toutes les cultures du monde la possibilité d'accéder a une gamme de produits forts similaire.
La nuit étant déjà installée, nous avons été manger un riz frit dans la rue en arriere de la guesthouse, puis nous sommes retournés au café Internet afin de régler une fois pour toutes notre billet d'avion. Apres environ 1h30 de palabres (dont une bonne partie avec un superviseur), j'ai finalement réussi a obtenir les réponses a mes questions. Comble du comble, ledit superviseur m'annonça cependant que les frais de dossier d'expedia n'étaient pas remboursable. Un peu fatigué et tres exaspéré par autant de ''niaisage'' pour un simpe billet d'avion, le pauvre a eu le loisir d'entendre toute ma frustration a avoir du passer autant d'heures avec un casque sur la tete a essayer de trouver une solution. Surtout que la meme situation avait eu lieu au mois de mars (ce qui nous avait pris plus de 8 heures de téléphone pour régler le dossier), avec pour issue que finalement, notre vol n'était plus modifié car Air China avait finalement remis le vol initialement prévu. Du n'importe quoi en concentré.
Le mercredi matin, nous sommes allés prendre un autobus touristique a 2 étages qui faisait, semble-t-il, le tour de la ville et de ses attraits. C'est a ce moment-la que nous avons réalisé combien la ville de Melaca était a nos yeux décevante. Surtout pour une ville qui se mérite une aussi haute distinction que d'etre classée au patrimoine mondial de l'humanité. En fait, l'attrait touristique est tres concentré entre le (petit) china-town et les quelques vestiges de l'occupation portugaise. Nous sommes conscients que notre jugement est cetainement altéré par toutes les merveilles que nous aurons découvertes au cours des 10 derniers mois, mais nous avons croisé nombre de site qui mériteraient tout autant (si ce n'est plus) d'etre reconnus comme des endroits uniques a préserver absolument. Apres ce rapide tour en bus qui ne nous a permis de découvrir grand chose de plus, nous avons été nous rafraichir a l'air climatisé d'un centre d'achat voisin avant de prendre un autre bus en direction du quartier portugais. La encore, nous avons atterri dans un quartier residentiel sans caractere particulier. Apres avoir longé le rivage pollué par les égouts qui se jettaient dans la mer, nous avons rejoint la une grande place en front de mer ou semblait se trouver un peu plus d'activité le soir et en période estivale. Apres avoir pris un rafraichissement, nous avons repris le bus pour rejoindre la gare routiere afin de nous informer sur les départs du lendemain. Puis nous sommes revenus en centre-ville ou nous nous sommes arretés dans le quartier chinois. Nous avions repéré un magasin tenu par une chinoise qui vendait des masques. Par chance, alors que tout était fermé, elle était demeurrée ouverte a cause de clients qui s'attardaient dans son magasin. Nous avons pris la releve en lui achetant quelques affaires pour son plus grand plaisir. Puis nous nous sommes arretés pour manger en arriere de notre guesthouse avant de retourner une fois de plus au cafe Internet pour nos billets davions: maintenant sans billets, il nous fallait en acheter dautres pour rejoindre le Canada. Nous avons finalement trouvé 2 billets retour, avec pour net avantage que ces derniers nous conduiraient non pas jusqu'a New-York mais directement a Montréal. Sur une aussi bonne nouvelle, nous pouvions aller nous coucher l'esprit en paix.
Ce judi matin était notre dernier réveil a Melaca. Nous avons mis nos sacs sur le dos et avons été prendre un bus pour la gare routiere. A 10h00, nous étions en route avec l'espoir de pouvoir rejoindre le soir meme le parc national de Taman Negara, a pres de 600 kilometres de la.
A suivre...
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